Jean-Louis Murat lors d'un concert à Paris, en décembre 2018.
Jean-Louis Murat lors d'un concert à Paris, en décembre 2018. — SADAKA EDMOND/SIPA

MUSIQUE

«PNL, ce sont des petits Macron ayant le QI d'une fourchette», estime Jean-Louis Murat

Le chanteur, qui vient de sortir un nouvel album, « Innamorato », n’a toujours pas sa langue dans sa poche et, dans une interview pour « Les Inrocks », dézingue, entre autres, PNL, Johnny Hallyday et Emmanuel Macron

« Il y a une force réelle dans les hommes de cette race, une sève amère, acerbe peut-être, mais vivace comme l’herbe du Cantal », écrivait Jules Michelet dans son Tableau de la France pour définir les Auvergnats. Si l’on peut sans doute trouver bien des contre-exemples à ce portrait, Jean-Louis Murat n’en fait pas partie.

Le chanteur, né à Chamalières (Puy-de-Dôme) et actuellement en pleine promotion de son nouvel album, Innamorato, a distillé sa « sève acerbe » tout au long d’une interview parue ce mercredi dans le dernier numéro des Inrockuptibles.

« Des chanteurs minables et ringards comme Johnny Hallyday »

L’artiste, qui se considère comme un « outsider » se réjouit de ne pas figurer parmi les plus connus du pays. « Je ne dirais évidemment pas que j’ai recherché l’insuccès, mais être adoubé par un peuple qui ne jure que par Johnny Hallyday ou Patrick Bruel m’aurait sacrément embêté », balance-t-il.

Au sujet de l’interprète d’Allumer le feu, il déclare un peu plus tôt : « A cause de la popularité de chanteurs minables et ringards comme Johnny Hallyday, c’est comme si on avait cultivé l’abrutissement en étendard national. Pourtant, le jour de sa mort, ce fut un soulagement. Comme un 6 juin 1944 [le jour du Débarquement en Normandie] pour la musique. A cause de lui, nous sommes passés pour des tocards pendant cinquante ans. »

Le Puydomois, qui ne lésine pas sur l’hyperbole, n’a pas forcément plus d’égards pour les artistes de la jeune génération. « PNL est au rap américain ce que Richard Anthony était à Bob Dylan. Autrement dit, une vaste et funeste blague, cingle Jean-Louis Murat. Ce sont des petits Macron qui essaient de faire du pognon en ayant le QI d’une fourchette ! PNL, c’est du niveau du Club Dorothée. Même La Bande à Basile, c’était mieux. »

« Farouchement "gilet jaune" »

Dans la bouche du chanteur, être qualifié de « Macron » n’est pas un compliment. « Au départ, je n’avais rien contre ce président, il fallait bien lui laisser la chance du débutant. Après deux années au pouvoir, Macron s’est malheureusement révélé être un vulgaire apprenti, un faux intellectuel et un vrai méchant », estime Jean-Louis Murat qui assure être « devenu farouchement "gilet jaune" ».

Il a d’ailleurs enregistré et mis en ligne six morceaux inspirés par ce mouvement. « Chroniquer l’actualité devrait faire partie du job », pense le chanteur qui ne cesse de démontrer que sa prose est suffisamment armée pour être un redoutable éditorialiste.