VIDEO. Incendie à Notre-Dame de Paris: «Une restauration entre dix et 15 ans paraît raisonnable» assure le Groupement de restauration des monuments historiques

PATRIMOINE Lors d’une conférence ce mardi, le GMH, qui va participer à la reconstruction de la cathédrale, a donné plus de précisions sur le calendrier des opérations

Clio Weickert

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Après l'incendie, Notre-Dame de Paris est examinée sous toutes les coutures.
Après l'incendie, Notre-Dame de Paris est examinée sous toutes les coutures. — Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

« Il faut se donner un délai court », « non pas dix ans, quinze ans, mais trois ans ». Il faut croire que ce mardi matin, les prédictions de Jack Lang concernant la reconstruction de Notre-Dame de Paris, ravagé par les flammes, ont été un poil présomptueuses. « On a entendu plein de choses ces dernières heures, a réagi ce mardi lors d’une conférence Frédéric Létoffé, coprésident du GMH (groupement des entreprises de restauration des monuments historiques). Globalement une restauration entre 10 et 15 ans paraît raisonnable. J’ai entendu un ancien ministre parler de 3-4 ans, c’est irréaliste dans la mesure où avant de commencer à restaurer, il va falloir déjà mettre en sécurité le site. » La première étape consistera notamment à installer un grand échafaudage avec un parapluie, pour remplacer la couverture de la cathédrale qui a disparu.

Une reconstruction en trois étapes

Outre le temps de séchage consécutif au sauvetage des pompiers, qui devrait demander plusieurs mois, l’opération de reconstruction de Notre-Dame de Paris devrait se faire en trois étapes : l’établissement d’un diagnostic, la consolidation du site, puis la restauration. Si la situation semble plutôt stabilisée, le GMH (qui compte 210 adhérents dont Le Bras Frères, qui gérait en partie la rénovation de la flèche), se veut prévoyant. « Il y a toujours des zones inaccessibles parce que les pompiers interdisent l’accès. Globalement les risques d’effondrement sont écartés mais on n’est pas à l’abri d’avoir quelques mouvements par rapport au refroidissement de l’édifice. »

Jacques Chanut, président de la FFB (Fédération française du bâtiment), également présent à la conférence, s’est montré très rassurant quant à la reconstruction de Notre-Dame. « En France, nous avons les compétences pour restaurer ce genre de cathédrale, a-t-il assuré. Pour cela, GMH et FFB font confiance aux différents corps de métiers, charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierre, etc. et souhaitent même susciter des vocations. « Notre secteur souffre de manque de jeunes et d’engouement pour ces métiers », a déploré Frédéric Létoffé.

Plusieurs centaines de millions d’euros

Si la Fédération du bâtiment spécialisée dans les monuments historiques semble confiante concernant la main-d’œuvre qualifiée, mais aussi les réserves de matériaux (le calcaire du Bassin parisien notamment), qu’en est-il de l’argent pour financer ce projet gigantesque ? Jacques Chanut se veut prudent. « On est dans le temps de la consolidation et viendra ensuite le temps des responsabilités et des montants », explique-t-il. Néanmoins, la FFB se montre plutôt optimiste. « Les premières 24 heures sont plutôt encourageantes, il y a un fort élan de solidarité, de certaines grosses entreprises notamment, qu’il faut remercier », souligne-t-il.

Et si une estimation précise est impossible à l’heure actuelle, elle devrait compter sans « aucun doute » « plusieurs centaines de millions d’euros ».