VIDEO. Bretagne: Après Columbo et Astérix, Terminator et Lucky Luke vont parler breton

CINEMA Le studio quimpérois Dizale double en breton des films et dessins animés

Manuel Pavard

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Arnold Schwarzenegger, le célèbre Terminator T-800 à l'apparence humaine.
Arnold Schwarzenegger, le célèbre Terminator T-800 à l'apparence humaine. — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA
  • L’association quimpéroise Dizale double en breton Terminator 2 : Le Jugement dernier.
  • Le studio réalise chaque année des doublages de films, séries et dessins animés grâce à ses nombreux acteurs parlant breton.
  • La web TV Brezhoweb diffuse également Les aventures de Lucky Luke en breton, une autre réalisation de Dizale.

« O tont bremaik » : « Je reviendrai » ou « I’ll be back ». Phrase-culte pour les adolescents ayant grandi dans les années 1990, la fameuse réplique d’Arnold Schwarzenegger aura désormais droit à sa version bretonne. Vingt-huit ans après sa sortie en salles, Terminator 2 : Le Jugement dernier est en effet doublé en breton, en vue d’une diffusion au cinéma en septembre prochain.

Débuté la semaine dernière dans les locaux du studio Dizale, à Quimper, le doublage se poursuit jusqu’à vendredi. Après Columbo, Apollo 13, Braveheart, Les Mystérieuses Cités d'or, HeidiLa part des anges, Azur et Asmar ou encore Astérix et Cléopâtre, l’association finistérienne s’attaque cette fois à l’un des plus gros blockbusters hollywoodiens de ces dernières décennies.

Neuf mois de négociations pour acheter les droits

Mais pourquoi Terminator 2 et pas le premier ? Car il est « très largement supérieur aux autres, c’est le film le plus populaire de la saga », justifie Marie-Laure Breton, chargée de communication de Dizale. « C’est devenu un film-culte, qui fait partie de la pop culture », ajoute-t-elle, mettant également en avant « l’un des films les plus aboutis de l’époque en matière d’effets spéciaux ».

Pour acheter les droits du film de James Cameron, il a fallu en tout cas une âpre phase de négociations – neuf mois exactement – avec Studio Canal. « Un travail de longue haleine », confirme Marie-Laure Breton, et surtout un véritable écueil financier pour une association aux moyens limités. Dizale a donc décidé de s’associer avec deux autres studios de doublage, Conta’m (en occitan) et Fiura Mossa (en corse). « Tout seuls, on n’aurait pas pu, on se serait cassé les dents », reconnaît-elle.

« De nouvelles voix arrivent chaque année »

Ving-cinq acteurs participent au doublage de Terminator 2. Dizale a pioché pour cela dans son vivier mêlant des acteurs chevronnés à de jeunes locuteurs bretonnants. « À côté de nos acteurs faisant ça depuis 20 ans, on a de nouvelles voix qui arrivent chaque année et on organise tous les deux ans une formation au doublage en breton », précise Marie-Laure Breton.

Aziliz Bourges et Giovanni Siara, les voix bretonnes respectives de Sarah Connor et John Connor.
Aziliz Bourges et Giovanni Siara, les voix bretonnes respectives de Sarah Connor et John Connor. - Dizale

Les voix du Terminator T-800 interprété par Arnold Schwarzenegger et de Sarah Connor sont ainsi assurées respectivement par Tangi Daniels – la voix bretonne de l’inspecteur Columbo – et Azilis Bourges, deux historiques de la maison. Et le jeune John Connor est quant à lui doublé par le collégien Giovanni Siara.

Lucky Luke en breton sur la web TV Brezhoweb

Le mythique cyborg n’est toutefois pas le seul héros de fiction à bénéficier de sa version brezhoneg ces temps-ci. La web TV Brezhoweb diffuse ainsi depuis le 6 avril, à raison d’un épisode chaque samedi, les aventures de Lucky Luke en breton, une autre réalisation du studio Dizale. Au total, 13 épisodes du célèbre « Poor lonesome cowboy » sont déjà programmés et 13 autres sont actuellement en cours de doublage.

« On diffuse tous les ans deux séries de dessins animés doublées en breton, explique Florent Grouin, chargé de production chez Brezhoweb. On souhaite donner accès à des programmes de qualité aux bretonnants, notamment aux plus de 15.000 enfants scolarisés dans des écoles en breton. »

Pour Marie-Laure Breton, l’objectif de ces doublages est aussi de dépoussiérer l’image du breton en « montrant que c’est une langue vivante à part entière, qu’on utilise dans la vie de tous les jours ».