CanneSeries: «Aucun débat sur le fait qu’il y aura une saison 3, le festival fait partie de tout un écosystème à Cannes»

INTERVIEW Benoit Louvet, le directeur général de la manifestation, fait le point avant la première montée des marches (sur tapis rose) de la deuxième édition ce vendredi soir

Propos recueillis par Fabien Binacchi

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Benoît Louvet, en 2018, sur la Croisette
Benoît Louvet, en 2018, sur la Croisette — D. Nivière / Sipa
  • La deuxième édition du festival CanneSeries se déroule du 5 au 10 avril, en parallèle du Miptv, un marché mondial des programmes audiovisuels.
  • La première saison avait réuni 20.000 spectateurs et les organisateurs espèrent bien pouvoir aller au-delà pour cette deuxième et les suivantes.

Vernon Subutex, la nouvelle création de Canal +, et Romain Duris ouvriront la 2e saison du festival de Cannes des séries, ce vendredi soir. Toujours sur tapis rose, toujours en parallèle du MipTV, un marché mondial des programmes audiovisuels, et toujours gratuite, la manifestation devrait monter en puissance cette année. C’est en tout cas ce qu’espère le directeur général Benoît Louvet.

Quels seront les temps forts de cette deuxième saison ?

Nous repartons avec une sélection très internationale pour faire découvrir de nouveaux talents et de nouvelles écritures, c’est la vocation du festival. Il y aura aussi je pense beaucoup de bruit autour de Vernon Subutex, la série française la plus attendue du moment. En clôture, nous présenterons aussi Years and years avec Emma Thomson et en lien avec le Breixit. Au total, nous avons six séries hors compétition et toujours dix en compétition.

Tout ça, plus des rencontres [le casting de Plus belle la vie, des Mystères de l’amour sont prévues mais aussi des masterclasses de Diana Rigg, honorée par le prix Variety, et Steven Knight entre autres], devraient marquer cette deuxième édition.

Quelles leçons avez-vous tirées à l’issue de la première ?

Nous avons décidé d’être plus court, [six jours au lieu de huit], mais d’offrir davantage de contenus. L’idée est d’ajouter de l’émulation. Mais du coup, cette année, il faudra choisir, il y a parfois plusieurs projections aux mêmes horaires. Et nous avons aussi gardé beaucoup de choses qui avaient bien fonctionné en 2018. Notamment le nombre de trophées remis lors d’une cérémonie légère et très punchy [diffusée en direct sur Canal + le 10 avril à 20h et présentée par Monsieur Poule] et la couleur du tapis.

Quelle fréquentation visez-vous ?

Nous avions eu 20.000 spectateurs l’année dernière. La logique voudrait que cela augmente. La capacité des projections est de 30.000 spectateurs.

La tenue d’une saison 3 en dépend-elle ?

On va travailler pour séduire toujours plus de monde, mais il n’y a aucun débat sur le fait qu’il y aura une troisième édition, un quatrième, une cinquième, etc. CanneSeries est une des briques de toute la filière créative qui se met en place à Cannes, avec notamment l’ouverture prochaine de l’université avec des formations liées au storytelling.

Quel regard portez-vous sur Séries Mania, le festival lillois organisé avant le vôtre cette année et qui vient de réunir 72.000 spectateurs et la star Uma Thurman ?

C’est un beau festival qui bénéficie du soutien du ministère de la Culture et d’un budget deux fois supérieur au nôtre [près de 3,5 millions d’euros de subventions municipales, départementales et régionales et d’aides de partenaires privés]. Mais, nous pouvons totalement cohabiter. Il y a de la place pour tout le monde, c’est certain.

De notre côté, nous ne sommes pas dans un match de têtes d’affiche. Nous aurons de nombreuses personnalités prestigieuses et de tous les horizons. Zachary Quinto, Gregg Araki, mais aussi nos jurés Stephen Fry, Emma Mackey, Katherine Winnick et Fanny Sidney, notamment, nous promettent de très belles montées des marches.

Martine Aubry, la maire de Lille, a déclaré que l’idée de Séries Mania était qu’il devienne « le festival de Cannes des séries », qu’en pensez-vous ?

C’est sans doute une petite taquinerie. Nous ne sommes pas du tout là-dedans. De notre côté, nous appelons à une certaine bienveillance. Le festival de Cannes des séries, il n’y en a qu’un, c’est et ça restera toujours CanneSeries.