RK: «J’ai commencé à fumer, je me suis blessé, j’ai lâché les terrains de foot… J’ai fini artiste»

RAP Sept mois à peine après Insolent, le jeune rappeur livre ce vendredi son deuxième album, Rêves de gosse

Clio Weickert

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RK sort son second album «Rêves de gosse».
RK sort son second album «Rêves de gosse». — KORIA
  • RK sort son deuxième album, Rêves de gosse, ce vendredi.
  • Le jeune rappeur s’impose comme une figure incontournable du rap game français.

Un vendredi sous le signe des initiales. Ce 5 avril, les fans de rap ne sauront plus où donner de l’oreille, avec  PNL d’un côté, et RK de l’autre. Si la concordance de calendriers avec les mastodontes du rap français a pu en effrayer certains, il n’en est rien pour le rookie du rap game. « Je n’ai pas envie qu’on dise que je me suis chié dessus. Je ne me compare pas à PNL, personne ne peut le faire en termes de chiffres, il faut laisser parler la musique », a expliqué RK à 20 Minutes, en toute sérénité.

Il faut dire que le rappeur de Meaux, qui ne donne pas son âge (« entre 17 et 22 ans », nous lâche-t-il quand même), a déjà un beau début de carrière derrière lui. Sorti en septembre dernier, son premier album, Insolent, a été certifié disque d’or en quatre semaines, et platine en cinq mois. Et à peine sept mois après ce succès fulgurant, il revient déjà avec un second projet musical, Rêves de gosse. Par peur d’être oublié ? Pas plus que ça.

« Après la sortie de mon premier album, je m’ennuyais un peu chez moi, du coup j’ai fait du studio. Je n’avais pas de sortie précise dans ma tête, affirme-t-il. J’ai plein de choses dans mon sac à dos, donc pourquoi ne pas les balancer ? » Une réponse qui caractérise bien l’espoir de la scène rap française, qui navigue avec simplicité, et une certaine sagesse pour son jeune âge.

« Mes parents n’ont pas flippé, ils se sont foutus de ma gueule »

C’est au collègue que RK (les initiales de son prénom et de son nom) écrit ses premiers textes, « pour copier les grands de son quartier ». Un quartier que le jeune homme n’a pas quitté, tout comme le foyer familial, où ses disques d’or et de platine trônent dans le salon. « Je suis très bien chez ma mère, ça me fait plaisir de revenir chez moi et de voir que toute ma famille se porte bien », précise-t-il. Si le rap semble désormais être une évidence, il a d’abord été un second choix. « Je rappais par passion, mais à la base je jouais au foot, puis c’est parti en cacahuète. J’ai commencé à fumer, je me suis blessé, j’ai lâché les terrains… J’ai fini artiste ! »

Une vocation qui, au lieu d’effrayer sa famille, l’a surtout bien fait rire. « Mes parents n’ont pas flippé, ils se sont foutus de ma gueule, mais d’une manière ! On aime trop vanner chez moi ! Mais maintenant que ça a pété, ils sont à fond derrière moi ». Sa mère, son quartier, mais aussi les filles, autant de thèmes que RK aborde dans ses textes. Le tout avec un style de rap que l’artiste peine à définir : « space », inspiré plutôt du rap « cainri », comme Travis Scott, Young Thug, que du rap français.

Le Mbappé du rap ?

Si RK n’est pas très branché son hexagonal, cela ne l’empêche pas de collaborer avec certains rappeurs français pour son nouvel album, comme PLK, Jul ou encore l’incontournable Sofiane. Il signe notamment le titre « C’est mon sang », une histoire fraternelle, avec celui qu’il côtoie depuis trois ans, lorsque Fianso l’a invité pour un remix lors de son Planète Rap sur Skyrock. « C’est plus qu’une histoire de rap avec lui, on a de grosses affinités, confie RK. Pour moi Sofiane est un grand frère dans le rap. C’est un ancien et je suis le petit nouveau qui arrive. Un peu comme si c’était Zidane et qu’arrivait un Mbappé. » Un exemple pour celui qui rêvait de terrains ? « Je me dis que ce qu’il vit dans le foot, je le vis aussi dans le rap, dans le sens où c’est le plus jeune. Je suis l’un des plus jeunes à avoir une certification en France, c’est kiffant ! »

Autre point commun avec la star mondiale du ballon rond, RK semble avoir la tête sur les épaules et il la garde froide malgré le succès retentissant de son premier album, le buzz médiatique et les rentrées d’argent.

La confiance apparente dont fait preuve le rappeur ne l’empêche pas d’appréhender un poil la sortie de ce nouveau projet. « J’imagine qu’à chaque fois qu’un artiste sort un album il y a ce petit stress, confesse-t-il. Après, je me dis que ce n’est que de la musique, si celui-là ne marche pas, je suis encore vivant et j’ai encore ma voix ». Et quid de l’avenir ? « Je sais qu’il y aura une fin. Mais quand ? Je ne sais pas », philosophe-t-il. Que les fans se rassurent, RK en a encore dans le sac à dos. « Personne n’est à l’abri d’une surprise. Je peux avoir deux albums cette année, même avec une petite mixtape de fin d’année ».