Menaces de mort: La plainte de Pierre Liscia, chroniqueur des «Terriens du dimanche», classée sans suite

CYBER-HARCELEMENT Pierre Liscia avait refusé de serrer la main de l’homme d’affaires Rachid Nekkaz dans « Les Terriens du dimanche ». Il a été victime d’un raid numérique à la suite de cette séquence

Laure Beaudonnet

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Pierre Liscia s'adresse à Rachid Nekkaz sur le plateau des « Terriens du dimanche ».
Pierre Liscia s'adresse à Rachid Nekkaz sur le plateau des « Terriens du dimanche ». — CAPTURE / C8
  • Le chroniqueur des « Terriens du dimanche » (C8) Pierre Liscia a été victime d’un raid numérique après avoir refusé de saluer Rachid Nekkaz.
  • Au total, il a reçu plus de 20.000 messages haineux dont des centaines de menaces de mort.
  • Sa plainte a été classée sans suite par la justice. Facebook n’a pas donné suite à la réquisition émise dans le cadre de l’enquête.

Pierre Liscia avait refusé de serrer la main à l’homme d’affaires Rachid Nekkaz sur le plateau des Terriens du dimanche sur C8, le 10 mars dernier. Le soir même, l’élu-chroniqueur a été victime d’un raid numérique très violent sur Facebook qui a duré plus d’une semaine. Au total : plus de 20.000 messages haineux racistes, antisémites, homophobes – et des menaces de mort.

Face à ce déferlement de haine, Pierre Liscia, qui avait décidé de porter plainte pour menaces de mort, a annoncé ce mercredi à 20 Minutes que sa plainte a été classée sans suite. « Aujourd’hui en France, vous pouvez être victime d’un raid numérique massif de plus de 20.000 messages de haine et d’insultes à caractère raciste, antisémite et homophobe – dont des centaines de menaces de mort – sans que la justice n'y puisse rien. Ma plainte a été classée sans suite », a-t-il tweeté. Mais il n’a pas l’intention d’en rester là. Il affirme vouloir « explorer toutes les voies de recours possibles ».

Facebook n’a pas donné suite à la réquisition

Selon nos informations, Facebook n’a pas donné suite à la réquisition de la police émise dans le cadre de l’enquête, « les titulaires des comptes menaçants devant se trouver à l’étranger ».

Le 10 mars dernier, Pierre Liscia avait refusé de saluer Rachid Nekkaz, qui s’était fait connaître en 2016 comme l’homme d’affaires qui payait les amendes des femmes verbalisées pour le port de la burqa. Le chroniqueur n’a pas hésité à critiquer l’opposant algérien sur le plateau de Thierry Ardisson. « Vous incitez les hommes à imposer le port de la burqa à des femmes qui ne le veulent pas. Je ne vous ai pas serré la main, ça ne vous aura pas échappé », lui avait-il lancé.

« Un fidèle soutien de Tariq Ramadan »

« C’est un homme qui défend le port de la burqa pour les femmes, qui est un fidèle soutien de Tariq Ramadan et qui se revendique proche des milieux islamistes », avait-il surenchéri dans un tweet le même soir. De son côté, Rachid Nekkaz s’était estimé victime de « diffamation médiatique ignominieuse de la part de Pierre Liscia », selon Le Parisien, près d’une semaine après la séquence. Il avait récusé « toute responsabilité dans le lynchage numérique du chroniqueur » et annoncé son intention de porter plainte contre l’élu dans un communiqué.

Au mois de février, le gouvernement a présenté un plan d’action contre le harcèlement en ligne, pour accélérer le retrait des contenus haineux qui circulent sur les plateformes, et responsabiliser ces dernières, qui pourraient être dotées d’un nouveau statut. Une loi doit bientôt être dévoilée, qui instaurera « une obligation de retrait de ces contenus pour les plateformes qui ont une “responsabilité particulière” comme Facebook, Twitter, YouTube mais aussi Webedia » (qui gère de nombreux sites et « influenceurs » du web en France).