Eurovision: Matteo Salvini et Mahmood se serrent la main et dénoncent les polémiques «créées de toutes pièces»

MANO A MANO Le tweet du ministre de l'Intérieur italien hostile à la chanson du chanteur qui représentera l'Italie à l'Eurovision avait beaucoup fait parler de l'autre côté des Alpes

F.R.
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Mahmood et Matteo Salvini sur le plateau du «Maurizio Costanzo Show» en mars 2019.
Mahmood et Matteo Salvini sur le plateau du «Maurizio Costanzo Show» en mars 2019. — Capture d'écran TGCOM24

La poignée de main n’est pas passée inaperçue chez nos voisins. Sur le plateau du Maurizio Costanzo Show, Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur transalpin a serré la paluche de Mahmood, le candidat qui représentera l’Italie en finale de l’Eurovision le 18 mai. « Nous ne nous sommes jamais disputés, les polémiques ont été créées de toutes pièces », a assuré l’homme politique. « Tout a été instrumentalisé, espérons qu’on ne se retrouvera plus dans une situation de ce genre. Il n’y a jamais eu aucun souci », a enchaîné le rappeur.


La séquence n’est pas si anodine que ça puisqu’elle a été relayée et commentée par la plupart des médias italiens alors que l’émission en question ne sera diffusée que ce jeudi soir sur Canale 5. Selon La Repubblica, qui fait le récit du tournage, Matteo Salvini a tenu à dissiper tout malentendu : « [Mahmood] est mon concitoyen, nous sommes tous deux Milanais. Mon fils est super fan de lui, s’il me signe un autographe, je le ramènerai à la maison bien volontiers. »


« Je suis italien à 100 % »

Des propos bien plus sympathiques que ceux avec lesquels le ministre de l’Intérieur avait accueilli la victoire du rappeur au Festival de Sanremo qui, dans la foulée, avait accepté de représenter son pays à l’Eurovision avec son morceau Soldi. « Mahmood… Bof… La plus belle chanson italienne ? Moi, j’aurais choisi Ultimo [un autre candidat], et vous, qu’est-ce que vous dites ? », avait-il tweeté début février.

Quelques jours plus tôt, Matteo Salvini avait fait savoir qu’il aurait préféré voir « davantage d’auteurs-compositeurs italiens » dans la sélection de Sanremo. Des propos qui semblaient viser notamment Mahmood. « Je suis un Italien, je suis né et j’ai grandi à Milan, ma mère est sarde et mon papa égyptien. Je suis italien à 100 % », n’avait ainsi pas manqué de rappeler le chanteur en conférence de presse.

De l’autre côté des Alpes, Mahmood, a été perçu par plusieurs de ses détracteurs comme le choix des « bobos » car il s’est imposé à Sanremo grâce aux votes du jury et des journalistes. Pour le vice-président du Conseil des ministres, Luigi di Maio, cela reflète « l’écart abyssal entre le peuple et l’"élite" ». Un refrain aux relents populistes qui n’a pas manqué de nourrir des débats en Italie.

Un clip à 60 millions de vues

Entre-temps, Matteo Salvini est revenu sur ses propos, assurant que s’il n’aime pas la chanson de Mahmood, il n'a rien contre l'artiste.

Le public lui, a livré son verdict. Moins de deux mois après sa sortie, Soldi cumule 34 millions d’écoutes sur Spotify - elle est la chanson de l’Eurovision 2019 la plus streamée sur la plateforme -, le clip approche ce mercredi les 60 millions de vues et Mahmood est le sixième favori chez les bookmakers pour remporter le concours. Pas étonnant que Matteo Salvini préfère lui serrer la main plutôt que de lui tirer dans les pattes.