Qui est Arthur Brand, «l’Indiana Jones du monde de l’art»?

PORTRAIT « Buste de Femme (Dora Maar) », volé il y a vingt ans sur un yacht dans le sud de la France, a refait surface aux Pays-Bas grâce aux recherches d’Arthur Brand

L. B.

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Arthur Brand pose à côté du Picasso retrouvé, «Buste de Femme (Dora Maar)», le 14 mars 2019.
Arthur Brand pose à côté du Picasso retrouvé, «Buste de Femme (Dora Maar)», le 14 mars 2019. — STRINGER / AFP
  • Surnommé « l’Indiana Jones du monde de l’art » pour ses exploits d’enquêteur, il a mis la main sur ce tableau au terme d’une enquête de quatre ans.
  • Arthur Brand a acquis une renommée mondiale en 2015 après avoir retrouvé en Allemagne les deux chevaux de bronze réalisés par Josef Thorak.
  • Depuis lors, ses exploits ont une portée internationale.

La liste de ses exploits n’en finit plus. Surnommé « l’Indiana Jones du monde de l’art », Arthur Brand est un enquêteur néerlandais spécialisé dans les affaires de faux et vols d’œuvres d’art. Dernière trouvaille en date : Buste de Femme (Dora Maar) , un tableau de Pablo Picasso volé il y a vingt ans sur un yacht dans le sud de la France.

La toile, qui faisait partie de la collection privée de Picasso jusqu’à sa mort, avait été dérobée en 1999 sur le yacht d’un cheik saoudien amarré dans le port d’Antibes, près de Cannes. Après deux décennies de recherches infructueuses, les observateurs et les collectionneurs d’art pensaient ne plus jamais revoir ce chef-d’œuvre resté introuvable. Jusqu’à ce qu’Arthur Brand remette la main dessus. Qui est ce détective artistique de 48 ans qui s’est fait un nom grâce au troisième marché illégal au monde ?

Deux chevaux de bronze réalisés par Josef Thorak

Arthur Brand a acquis une renommée mondiale en 2015 après avoir retrouvé en Allemagne les deux chevaux de bronze réalisés par Josef Thorak, l’un des sculpteurs officiels du IIIe Reich, qui ornaient l’entrée de la Chancellerie d’Hitler à Berlin, et qui avaient disparu après la chute du Mur. Le Neerlandais a de nouveau fait parler de lui un an plus tard en aidant à récupérer cinq œuvres de peintres flamands du XVIIe et XVIIIe siècles, volées par un groupe de criminels en Ukraine.

En novembre, après une chasse au trésor de plusieurs années, il a permis aux autorités chypriotes de récupérer une mosaïque byzantine exceptionnelle, fragment d’une des fresques volées dans des églises de Chypre après l’invasion turque en 1974. Au mois de janvier dernier, son nom est à nouveau sur toutes les lèvres. Il a mis la main sur deux pierres gravées, d’une valeur « inestimable » et dérobées il y a quinze ans dans une ancienne église espagnole, après les avoir localisées dans le jardin d’un aristocrate anglais.

Sa rencontre avec un célèbre contrebandier néerlandais

Originaire de Deventer en Hollande, il s’est passionné très jeune pour l’art et l’histoire. Il fait d’ailleurs des études d’histoire en Espagne, période où « il suit un groupe de gitans dans le désert andalou en Espagne. Ils l’invitent à les rejoindre dans leur soirée de fouilles clandestines à la recherche d’objets anciens et il tombe sur une pièce qu’il reconnaît avoir été d’usage sous la Rome antique », peut-on lire dans un article de Vice de janvier 2016.

De retour dans son pays, il se passionne pour les pièces de monnaies et, en voulant apprendre à repérer les faux, il fait la connaissance de Michel van Rijn, a.k.a « l'Indiana Jones de Chelsea », un célèbre contrebandier néerlandais devenu justicier. « Il pouvait s’asseoir à une table avec le FBI, Scotland Yard mais aussi avec les plus grands criminels du monde de l’art. Assis là, pas à sa table, mais écoutant depuis la table d’à côté, j’ai vite appris », raconte l’enquêteur dans le même article. Arthur Brand parvient peu à peu à se constituer son propre réseau d’informateurs : collectionneur, contrebandier, policier…

En 2011, Arthur Brand ouvre son cabinet de conseil, Artiaz, pour assister les musées et les gouvernements à localiser les œuvres volées et renseigne sur la provenance des œuvres. Depuis 2015 et la découverte des deux chevaux de bronze, ses faits d’armes ont une portée internationale.