VIDEO. «Nous finirons ensemble»: On a analysé la bande-annonce de la suite des «Petits Mouchoirs»

CINEMA « 20 Minutes » a scruté les différents indices apparaissant dans la bande-annonce de « Nous finirons ensemble » pour que quelqu’un, en commentaire, puisse écrire : « Bravo, 20 Minutes, ça c’est de l’investigation »

Fabien Randanne

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Un jeu amusant dans «Nous finirons ensemble». Beaucoup plus amusant que ces flèches ajoutées sur Paint.
Un jeu amusant dans «Nous finirons ensemble». Beaucoup plus amusant que ces flèches ajoutées sur Paint. — Trésor Films / EuropaCorp
  • Avec « Nous finirons ensemble », Guillaume Canet donne une suite à son film de 2010 « Les Petits Mouchoirs ».
  • Dans ce nouveau long-métrage, on retrouvera la majorité du casting original, ainsi que de nouveaux personnages, toujours à Cap-Ferret.
  • La bande-annonce mise en ligne dimanche permet de faire plusieurs suppositions sur l’intrigue de ce film qui sortira le 1er mai.

Ils reviennent. Dimanche, la bande-annonce de Nous finirons ensemble a été dévoilée. Le film, réalisé par Guillaume Canet, est la suite des Petits mouchoirs, succès ciné de 2010 avec quelque 5 millions de spectateurs. Que nous réserve ce nouveau volet, attendu dans les salles françaises le 1er mai ? 20 Minutes a visionné et revisionné la bande-annonce et en a tiré, parfois par les cheveux, plusieurs hypothèses…

Retour au Cap-Ferret (Gironde). L’intrigue de Nous finirons ensemble se déroulera, comme Les Petits Mouchoirs, du côté du bassin d’Arcachon, dans la maison de vacances de Max (François Cluzet). La bande-annonce nous montre que ce dernier n’a rien perdu de son côté maniaque – cf. le moment où il se débat avec un tuyau d’arrosage comme s’il s’agissait d’un boa constrictor – et râleur.

Max (François Cluzet) s'entraîne peut-être pour la nouvelle saison de «Koh Lanta».
Max (François Cluzet) s'entraîne peut-être pour la nouvelle saison de «Koh Lanta». - Capture d'écran Pathé films

Lorsqu’il apprend que ses amis, qu’il n’a pas vus depuis trois ans, lui font la surprise de se déplacer pour fêter son anniversaire, il fait la même tête que si on lui avait annoncé un redressement fiscal. Un point de départ aux antipodes de la fin des Petits Mouchoirs, où tout n’était qu’embrassades et réconciliations après que la mort d’un des leurs semblait avoir ouvert les yeux à cette bande de potes sur le concept galvaudé d’amitié. « Vous vous dites amis ? C’est quoi être amis ? C’est laisser votre pote à l’hosto pendant quinze jours parce que vos vacances et votre petit confort sont plus importants ? », avait balancé à ces bobos parigots égoïstes Jean-Louis, ostréiculteur du cru et moralisateur tout cru. Que s’est-il donc passé entre-temps pour que tout le monde coupe plus ou moins les ponts ? Le mystère reste entier mais est tout de même moins nébuleux que l’autre constat inexplicable du film : Pourquoi des personnes qui semblent autant se détester et se mépriser s’estiment-elles liées par l’amitié ?

La possibilité d’une idylle homosexuelle

Dans Les Petits Mouchoirs, Vincent (Benoît Magimel) déclarait sa flamme à Max (là encore, mystère : pourquoi s’énamourer d’un mec aussi antipathique) lors d’un tête-à-tête au restaurant. La scène, conçue avec une intention humoristique (on est dans une comédie française, rappelons-le), s’achevait avec la mine dégoûtée de Max et une réplique à la « M’enfin, t’es complètement con ou quoi ? Je suis le parrain de ton fils ! » Les sentiments de Vincent pour son pote étaient un running-gag dans le reste du film, jusqu’à ce que ça vire en règlement de comptes en soirée à Cap-Ferret, insultes homophobes à la clé. Rebelote dans Nous finirons ensemble. Dans la bande-annonce, Vincent prend Max dans ses bras – celui-ci est gêné, forcément gêné – et lui lance un « Tu m’as manqué mon pote » suivi d’un plan de coupe sur le visage circonspect d’Eric (Gilles Lellouche qui se dit qu’il n’aurait pas laissé une telle scène dans Le Grand Bain).

Benoît Magimel dans «Nous finirons ensemble».
Benoît Magimel dans «Nous finirons ensemble». - Capture d'écran Pathé films

L’homosexualité, ou la bisexualité, réelle ou supposée, de Vincent sera vraisemblablement l’un des arcs dramatiques de cette suite. On retrouve le personnage un peu plus tard dans le trailer, poser sa main sur celle d’un autre homme – inconnu au bataillon – lors d’un dîner. Et ce n’est pas pour prendre son pouls, vu les têtes déconfites d’Isabelle (Pascale Arbillot), l’épouse de Vincent, et interrogative de leur fils (le filleul de Max si vous suivez bien). Amour toujours, quelque chose nous dit qu’Eric et Marie (Marion Cotillard) sont en couple et que Véronique (Valérie Bonetton) a bel et bien quitté Max puisqu’elle n’apparaît que deux secondes dans la bande-annonce. Notons également l’apparition fugace de José Garcia, qui, nous apprend Wikipédia, incarnera un certain Alain…

José Garcia et Valérie Bonneton dans «Nous finirons ensemble».
José Garcia et Valérie Bonneton dans «Nous finirons ensemble». - Capture d'écran Pathé films

La main sur le berceau

Un autre nouveau personnage figure dans cet aperçu de Nous finirons ensemble. On ne connaît pas son prénom, mais elle est surnommée « Mary Poppins ». Il s’agirait donc d’une nounou, qui, a priori, doit s’attendre à ce que les autres rient à ses dépens. Elle n’est pas intégrée au groupe, comme le montre la scène où, en pyjama, elle s’énerve contre la galerie de quadras qui fait un bruit d’enfer et risque de réveiller les gamins.

Image extraite de «Nous finirons ensemble».
Image extraite de «Nous finirons ensemble». - Capture d'écran Pathé films

Gilles Lellouche semble être son interlocuteur privilégié – et donc être celui qui bénéficie d’un crédit d’impôt pour l’employer. On est prêt à parier que cette « baby-sitter » collet monté finira par lâcher prise après avoir fumé un joint (deus ex machina de 75 % des scénarios français) et que les autres la couvriront d’un regard mi-amusé, mi-condescendant.

Pleurer, rire, pleurer de rire et rire de peur d’avoir à en pleurer

Ceux qui avaient perçu Les Petits Mouchoirs comme une vibrante célébration de l’amitié (sans doute les mêmes pour qui ont érigé Le Loup de Wall Street en modèle de réussite) seront aux anges. La bande-annonce nous promet plein de revirements à le « je t’aime – je te déteste – je te hurle dessus – je t’embrasse – je te jette par-dessus bord – dansons comme des foufous ». Fous rires à prévoir dans la scène du jeu à boire où les participants attablés doivent deviner le nom de la personnalité figurant sur le Post-it collé sur leurs fronts respectifs.

«Nous finirons ensemble» la dernière bouteille de vodka, semblent nous dire les joyeux drilles du film de Guillaume Canet.
«Nous finirons ensemble» la dernière bouteille de vodka, semblent nous dire les joyeux drilles du film de Guillaume Canet. - Trésor Films / EuropaCorp

En y regardant de plus près, on y décèle un prisme pop culturel quadras (Sue Ellen, Brad Pitt, Joe le Taxi), une conscience aiguë de la montée des populismes (Donald Trump, Marine Le Pen) et une dénonciation de l’angoisse architecturale (la tour Montparnasse). Ne cachons pas non plus la vague inquiétude ressentie à la vision du plan montrant ces amis, dont on ne distingue que les ombres, assis côte à côte au crépuscule. Une image qui pourrait être la conclusion du film dont le titre Nous finirons ensemble laisse entrevoir la possibilité d’un suicide collectif. Dans ce cas, espérons que Jean-Louis fera encore le job avec ses sacs de sable pour la séquence émotion. Réponse le 1er mai en salles.

Le soleil se lève-t-il ou se couche-t-il ?
Le soleil se lève-t-il ou se couche-t-il ? - Capture d'écran Pathé films