Vaucluse: Deux tableaux du Caravage découverts «par des couillons de Cavaillon»?

PEINTURE «On n'arrivait pas à s'avouer, en tant que couillons de Cavaillon, qu'on pouvait avoir deux Caravage», raconte Guilhem Morand, qui pense posséder deux tableaux du maître du clair-obscur

J.S.-M.

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L'histoire ressemble étrangement à celle du tableau "Judith et Holopherne", retrouvé à Toulouse et attribué au Caravage. (archives)
L'histoire ressemble étrangement à celle du tableau "Judith et Holopherne", retrouvé à Toulouse et attribué au Caravage. (archives) — M.Libert/20 Minutes
  • Une famille de notables cavaillonnais (Vaucluse) estime posséder deux tableaux du Caravage.
  • Les expertises se poursuivent mais les tableaux seront présentés au grand public en juillet.

Deux toiles du Caravage dormaient-elles dans une collection privée ? Les deux chefs-d’œuvre seront bientôt dévoilés au grand public. Selon La Provence, Le Dauphiné Libéré et France Bleu Vaucluse, la famille Morand, à Cavaillon ( Vaucluse), estime que « Le Martyre de Saint-Sébastien » et « La Peinture du Pardon » sont des œuvres du Caravage, génie de la peinture italienne.

Christian Morand, médecin à Cavaillon, a découvert ces tableaux pour la première fois en 1978. Elles étaient alors attribuées au peintre flamand Louis Finson. Avec sa femme, le collectionneur a réussi à acheter ces tableaux en 1992. En 2014, quand la découverte du tableau « Judith et Holopherne » à Toulouse défraie la chronique, les Morand démarrent leur enquête. Possèdent-ils, eux aussi, deux tableaux du maître ?

« Il parle de nos tableaux ! »

Lors d’un festival de l’histoire de l’art, un expert évoque une piste provençale pour « trouver de nouveaux Caravage. » « On n’arrivait pas à s’avouer qu’en tant que couillons de Cavaillon, on pouvait avoir deux Caravage. Mais là, on s’est dit : il parle de nos tableaux », raconte à La Provence Guilhem Morand. « Personne ne nous a dit clairement "Ce sont des Caravage." En revanche, ce qui est sûr, c’est que ce ne sont pas des Finson », affirme-t-il.

La Direction régionale des affaires culturelles reconnaît que « des spécialistes italiens et français du Caravage se sont prononcés favorablement », mais rappelle que « la prudence reste de mise quant à l’authentification de ces tableaux. » Ils seront présentés au public le 18 juillet prochain, à Cavaillon. 409 ans, jour pour jour, après la mort du Caravage. Un mystère aussi, d’ailleurs. Mais c’est une autre histoire.