VIDEO. «Leaving Neverland»: «Michael disait que c'était comme ça qu'on se montrait qu'on s'aimait»

TELEVISION Dans le documentaire « Leaving Neverland » diffusé ce soir sur M6, deux hommes accusent Michael Jackson de les avoir agressés sexuellement durant leur enfance

Lise Abou Mansour

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Michael Jackson et Wade Robson (alors âgé de 7 ans)
Michael Jackson et Wade Robson (alors âgé de 7 ans) — Sundance Institute
  • Dans le documentaire Leaving Neverland réalisé par Dan Reed et diffusé ce soir sur M6, Wade Robson et James Safechuck accusent Michael Jackson d’agression sexuelle durant leur enfance.
  • Le réalisateur britannique raconte, dans notre vidéo, quelques anecdotes donnant des éléments sur la relation qu’avait nouée la star avec les deux enfants.
  • « Ce n’est qu’en devenant lui-même père que Wade a compris qu’une relation sexuelle avec un enfant était quelque chose de mauvais et de grave », explique Dan Reed pour justifier le changement de déclaration de ce dernier.

Wade Robson n’a que cinq ans lorsqu’il rencontre Michael Jackson. Le garçon vient de gagner une compétition de danse dont la récompense est de monter sur scène avec son idole. « Il était complètement fasciné par Michael Jackson », raconte Dan Reed, le réalisateur de Leaving Neverland. Deux ans plus tard, l’enfant le rencontre de nouveau et c’est à cet âge que, selon lui, la star aurait commencé à l’agresser sexuellement.

Une histoire semblable à celle de James Safechuck, qui rencontre le chanteur lors du tournage d’une publicité pour Pepsi. L’enfant a neuf ans et c’est à partir de ce moment qu’il aurait subi des agressions sexuelles répétées de la part de Michael Jackson. Les deux hommes témoignent et donnent leur version des faits dans le documentaire «Leaving Neverland», réalisé par Dan Reed et diffusé ce soir sur M6. Le réalisateur a révélé quelques éléments de son enquête à 20 Minutes.

Les faits dont Wade Robson et James Safechuck accusent Michael Jackson remontent aux années 1990. Pendant plus de vingt ans, ils ont donc gardé le silence, allant jusqu’à défendre leur ancienne idole. En 2005, Wade Robson, devenu un chorégraphe réputé, avait témoigné en faveur de Jackson lors d’un procès pour attouchements sexuels sur mineur. Il avait affirmé, sous serment, que la star n’avait jamais abusé de lui, avant de revenir sur ses déclarations, des années plus tard.

Une emprise

Dans le documentaire, Wade Robson raconte la nature de la relation qu’il entretenait avec Michael Jackson alors qu’il n’avait que sept ans. « Il a commencé à me dire qu’il m’aimait énormément et que c’était comme ça qu’on se montrait qu’on s’aimait. » Il explique qu’il était sous l’emprise de son idole et était, à l’époque, incapable de comprendre qu’il s’agissait d’agressions sexuelles. Pour Dan Reed, ce paradoxe n’est pas un cas isolé. « C’est complètement typique des personnes victimes d’abus sexuels dans l’enfance, qu’elles ne révèlent pas leur secret jusqu’à leur trentaine, quarantaine voire cinquantaine. »

Durant les trois heures du documentaire, le réalisateur tente de justifier ce revirement. Les deux hommes y révèlent l’emprise qu’avait Michael Jackson sur eux. Wade Robson raconte ce que la star lui aurait longtemps répété. « Il me disait que si les autres apprenaient ce qu’on faisait, les relations sexuelles qu’on entretenait, on nous séparerait, on ne pourrait plus jamais se revoir, et, lui et moi, on irait en prison pour le restant de nos jours. »

« Parler pour aller mieux »

James Safechuck et Wade Robson racontent qu’en grandissant, ils ont commencé à avoir des idées noires. L’un des deux est tombé en dépression et s’est fait suivre par un psychologue. C’est à ce moment qu’il décide de raconter ce que Michael Jackson lui aurait fait subir. Pour Dan Reed, ils devaient « parler pour aller mieux ». « Ce n’est qu’en devenant lui-même père que Wade a compris qu’une relation sexuelle avec un enfant était quelque chose de mauvais et de grave. Il s’imaginait Michael Jackson en train de commettre des actes sexuels sur son fils », explique le réalisateur.

Une justification qui ne convainc pas les défenseurs de Michael Jackson. « Je sais que c’est très compliqué à accepter. C’est pour cela qu’il faut un film de trois à quatre heures pour comprendre comment un secret peut durer jusqu’à l’âge adulte », conclut le réalisateur.