«Sekiro: Shadows Die Twice» ou l'art du combat, de mourir et de ressusciter
«Sekiro: Shadows Die Twice» ou l'art du combat, de mourir et de ressusciter — FromSoftware

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VIDEO. Pourquoi les hardcore gamers attendent le jeu «Sekiro: Shadows Die Twice»?

Même joueur, joue encore? C'est l'adage du studio FromSoftware, derrière les jeux «Dark Souls», «Bloodborne» et maintenant «Sekiro», où la difficulté est élevée au rang d'art

Tout le monde a voulu, un jour, être un ninja. C’est cool, c’est furtif. Ils s’invitent ainsi régulièrement dans la pop culture, des Tortues Ninja à Batman Ninja en passant par Naruto. Dès 1987, le joueur français envoyait des shuriken et défiait des boss dans Shinobi sur Master System, un jeu avec une des meilleures fins de tous les temps :  un simple « game over » à l'écran.

Trente ans et quelques Ninja Gaiden, Tenchu ou Onimusha plus tard, il fait son grand retour dans Sekiro : Shadows Die Twice, le jeu le plus attendu de ce début 2019, surtout des hardcore gamers. Pourquoi ? Parce qu'« on apprend peu de la victoire, beaucoup de la défaite » (proverbe ninja).

Parce que les « Soulsborne »

Derrière cet acronyme se cache en fait Dark Souls et Bloodborne, des franchises et jeux du studio japonais FromSoftware et surtout de son président et créateur Hidetaka Miyazaki. Avec leur univers fantasy à tomber par terre, leur narration mystérieuse mais immersive et surtout leur difficulté élevée au rang d’art, les « Soulsborne » se sont imposés auprès des joueurs exigeants, des hardcore gamers. Trois ans après Dark Souls 3, Sekiro est donc attendu comme le messie, ou plutôt comme la Grande Faucheuse.

Hidetaka Miyazaki confirme que « le joueur conserve ce sentiment d’accomplissement, d’achèvement après avoir lutté âprement. Le ninja ne possède pas d’armure, il est par conséquent plus vulnérable, ce qui ajoute une tension permanente à l’action puisqu’il peut mourir à chaque instant ». C’est aussi pourquoi ils ont choisi l’époque Sengoku plutôt qu’Edo pour revisiter la figure du ninja, « une période plus médiévale, plus ancienne, plus brutale aussi. C’est ce monde que je voulais montrer. »

Parce que le combat est un art

Après voir vu son jeune seigneur kidnappé, un shinobi est laissé pour mort, un bras en moins. A son réveil, celui que l’on surnomme maintenant « Le loup à un bras » est doté d'une prothèse en guise de main gauche, et toujours de son sabre dans sa main droite, les deux armes qui lui serviront à assouvir sa vengeance contre le clan Ashina. Comme dans Dark Souls, et même Shadow of the Colossus dans un autre genre, les boss sont au coeur de Sekiro, et rien ne sert d’y aller comme un bourrin. Il faudra faire preuve de tactique, d’adaptation, de ténacité et de créativité pour en venir à bout.

« Grâce à sa prothèse, le ninja dispose de tout un arsenal, explique le créateur du jeu. Il peut également utiliser des techniques de ninjistu et des aspects mystiques de la nature pour varier d’approche, pour résoudre certaines situations. Il faudra parfois savoir trouver les bons accessoires au bon moment contre le bon adversaire pour s’en sortir. » Selon lui, les combats peuvent vite devenir intenses, dynamiques, dantesques. « Vous vous en rendrez compte dans les affrontements épée contre épée. » La présence d’un grappin, et donc la possibilité de sauter, n’y est pas pour rien, les combats se jouant autant à l’horizontal qu’à la verticale. Et puis, ce sera toujours le moment de ressusciter.

Parce que la mort n’est pas une fin en soi

La mort fait partie de l’ADN des « Soulsborne » et du travail de Hidetaka Miyazaki. Mais elle n’intervient pas comme un « game over » à la Shinobi, elle n’est pas punitive, elle fait partie intégrante de l'expérience. « Sept fois à terre, huit fois debout. » (autre proverbe japonais). Or, Sekiro : Shadows Die Twice l’intégre littéralement à son gameplay - et à son titre -, puisque le joueur a la possibilité de ressusciter, de revenir d’entre les morts, mais attention ce n’est pas sans conséquences sur le personnage mais aussi le monde qui l’entoure. « Nous n’avons pas changé notre approche de la difficulté dans les jeux, prévient même le développeur. Sekiro peut ainsi devenir très difficile selon votre façon de jouer. ».

Parce que l’ère des samouraïs

Lorsque Sekiro a été dévoilé lors de la conférence Xbox au dernier E3, il a fait son petit effet et eu le droit à quelques « tiens, un jeu de samouraï, ça faisait longtemps ». Puis le lendemain, Ghost of Tsushima et Nioh 2 sont sortis du bois, et d’un coup, cela faisait beaucoup de jeux de samouraï, avec également le retour de Samurai Shodown. Comme une mode. Hidetaka Miyazaki a lui-même été surpris : « Nous ne nous attendions pas à voir autant de jeux inspirés par l’histoire du Japon féodal pour être tout à fait honnête. Mais je suis ravi que les joueurs puissent découvrir cette histoire du Japon. Et j’ai le sentiment que ces jeux se déroulent à des périodes différentes, comme l’époque Kamakura pour Ghost of Tsushima. Ils mettent aussi en scène des samouraïs alors que nous proposons avec Sekiro, une pure fiction, une histoire de ninja. »