VIDEO. «Pendez les blancs»: Le rappeur Nick Conrad condamné à 5.000 euros d'amende avec sursis

POLEMIQUE Le chanteur a d'ores et déjà annoncé qu'il va faire appel

20 Minutes avec AFP

— 

Le rappeur Nick Conrad au tribunal correctionnel de Paris, le 9 janvier 2019.
Le rappeur Nick Conrad au tribunal correctionnel de Paris, le 9 janvier 2019. — Philippe LOPEZ / AFP

Le rappeur Nick Conrad a été condamné mardi à Paris à une amende de 5.000 euros avec sursis pour son clip Pendez les Blancs, qui avait suscité une vive polémique à l’automne et l’avait propulsé hors de l’anonymat. Le tribunal correctionnel a jugé cet artiste noir de 35 ans coupable de provocation au crime pour ce clip qui le met notamment en scène enfonçant un revolver dans la bouche d’un blanc, lui tirant dessus ou lui écrasant la tête sur un trottoir.

« On va faire appel »

Cette peine est conforme à celle qu’avait requise le parquet lors de l'audience le 9 janvier. « Je suis déçu mais le combat va continuer, on va faire appel », a réagi le rappeur à l’issue du jugement. Il devra payer 1.000 euros de dommages et intérêts à chacune des deux associations parties civiles, la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (Licra) et l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (Agrif).

L’expression d'« un racisme anti-blancs »

En septembre 2018, la diffusion de ce clip sous l’acronyme PLB avait enflammé les réseaux sociaux et suscité de nombreuses condamnations au sein du gouvernement et dans la classe politique. Nick Conrad, rappeur autoproduit, était alors totalement inconnu du grand public. Mais sa vidéo, retirée depuis par YouTube, avait été repérée par des personnes proches de l’extrême droite, qui y ont vu l’expression d’un « racisme anti-blancs », et avait été également relayée par Dieudonné​. Le parquet avait engagé des poursuites.

Nick Conrad - un pseudonyme - avait défendu à l’audience une œuvre revendicative, certes réaliste mais fictionnelle et truffée de références à des films comme American History X, qui explore les origines du racisme et de l’extrémisme aux États-Unis. «Il s'agit d'une dénonciation du racisme à travers l’évocation "à l’envers" de l’esclavage, des lynchages subis par les Noirs », avait assuré le chanteur.