Agressions sexuelles: Le roi de la rumba congolaise Koffi Olomidé, connaîtra ce lundi la décision du tribunal

JUSTICE Inculpé en février 2012 pour viols aggravés, Koffi Olomidé avait vu les chefs de poursuite retenus contre lui allégés et la procédure correctionnalisée

20 Minutes avec AFP
Le chanteur Koffi Olomidé en concert à Paris en 2007.
Le chanteur Koffi Olomidé en concert à Paris en 2007. — SADAKA EDMOND/SIPA

Le chanteur congolais Koffi Olomidé, toujours sous mandat d'arrêt, connaîtra ce lundi le sort judiciaire que lui réserve le tribunal correctionnel de Nanterre, près de Paris, devant lequel il est poursuivi pour  agressions sexuelles  sur quatre de ses danseuses.

Lors d’une audience à huis clos le 11 février, le ministère public a requis sept ans de prison à l’encontre de la star de la rumba congolaise, poursuivie pour « atteintes sexuelles avec violence, contrainte, menace ou surprise par personne ayant autorité » et pour « séquestrations ». Des faits qui auraient été commis en région parisienne entre 2002 et 2006.

L’accusation a en outre requis deux amendes de 5.000 euros pour avoir facilité l’entrée et le séjour irrégulier en France des plaignantes.

Inculpé en février 2012 pour viols aggravés

Le chanteur de 62 ans ne s’est pas présenté à son procès, contrairement à ce qu’il avait laissé entendre via son avocat quelques mois plus tôt. Deux hommes de main, poursuivis pour complicité, étaient en revanche bien présents à l’audience. Le ministère public a requis contre eux des peines allant d’un à deux ans de prison avec sursis.

Inculpé en février 2012 pour viols aggravés, Koffi Olomidé avait vu les chefs de poursuite retenus contre lui allégés et la procédure correctionnalisée.

Les plaignantes l’accusent de leur avoir imposé des relations non consenties, notamment lorsque l’artiste donnait des concerts ou enregistrait en France.

Des faits de séquestration à Asnières-sur-Seine

Les faits de séquestration se seraient déroulés dans un pavillon d’Asnières-sur-Seine, en banlieue parisienne. Privées de document d’identité et de téléphone, les jeunes femmes y étaient hébergées par leur patron qui les faisait garder 24 heures sur 24 par trois hommes, selon leurs dires.

Lorsque leur patron en exprimait le désir, l’un de ces gardes accompagnait les danseuses jusqu’à lui, à l’hôtel ou au studio d’enregistrement le plus souvent, ont-elles affirmé, évoquant des rapports imposés sans préservatif. Et des gifles quand elles se débattaient. Si elles se refusaient à lui, il ne les faisait plus travailler.

Les quatre danseuses avaient fini par s’échapper du pavillon une nuit de juin 2006 et avaient déposé plainte en 2007, 2009 et 2013. Elles ne sont plus jamais retournées en République démocratique du Congo, par peur de représailles.

Koffi Olomidé avait, lui, précipitamment regagné son pays en 2009 lorsqu’il avait appris qu’une inculpation, assortie d’un placement en détention provisoire, avait été requise à son encontre. Antoine Agbepa Mumba, de son vrai nom, a déjà été condamné par le passé. Il a brièvement été écroué en 2016 pour avoir donné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses. En 2012, il avait aussi été condamné pour des violences sur son producteur.