Le romancier Dominique Noguez, ancien prix Fémina, est décédé à 76 ans

DISPARITION Il était notamment le découvreur littéraire de Michel Houellebecq

20 Minutes avec AFP

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L'écrivain Dominique Noguez, ancien prix Fémina, est décédé le 15 mars 2019
L'écrivain Dominique Noguez, ancien prix Fémina, est décédé le 15 mars 2019 — ANDERSEN/SIPA

Le romancier Dominique Noguez, lauréat du prix Fémina en 1997, est mort dans la nuit de jeudi à vendredi dans un hôpital parisien à l’âge de 76 ans. Ecrivain sensible, spécialiste du cinéma expérimental, il fut notamment le découvreur littéraire de Michel Houellebecq. Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de philosophie, ardent défenseur de la francophonie, Dominique Noguez est l’auteur d’une oeuvre protéiforme.

Des essais, des romans, un prix Fémina

L’écrivain laisse des essais sur le cinéma, de nombreux essais littéraires notamment La colonisation douce, feu la langue française ?, plusieurs livres sur Marguerite Duras, des nouvelles et neuf romans, dont Amour noir couronné en 1997 par le prix Fémina. Il venait de publier, le 7 mars, un livre érudit et drôle, Encore une citation, monsieur le bourreau ! chez Albin Michel, rassemblant « les plus beaux aphorismes ». Ce livre illustre bien pourquoi il avait reçu le prix de l’humour noir en 1999, pour Cadeaux de Noël chez Zulma. Il était également l’auteur du doux-amer Comment rater complètement sa vie en onze leçons, chez Payot & Rivages en 2002.

Défenseur de l’autofiction

En 2013, il avait publié un récit autobiographique, Une année qui commence bien aux éditions Flammarion, où il s’interrogeait sur les surprises et les déceptions de l’amour. Son dernier roman, L’interruption, toujours chez Flammarion, est sorti l’an dernier. Récit d’une tentative de candidature au Collège de France, ce livre étincelant, cérébral et plein d’humour restera comme un véritable ovni littéraire avec des conversations affûtées, du sexe, des dîners, de l’enthousiasme, de la mélancolie et une surprise finale.

Une de ses dernières interventions publiques remonte à décembre dernier quand il avait regretté, dans une tribune au Monde, que les académiciens Goncourt n’aient pas couronné Le Lambeau de Philippe Lançon, au motif que ce livre n’est pas un roman. Lui-même membre du jury du prix Décembre, Dominique Noguez écrivait qu'« il est temps que les jurys des principaux prix prennent acte de l’existence d’une branche de plus en plus florissante de l’arbre littéraire qu’on appelle l’autofiction ». Il plaidait pour « reconnaître l’unité de la littérature et l’égalité des chefs-d’œuvre, quelle que soit la dose d’imagination qu’ils comportent ».