«Koh Lanta»: «Si les gens s'inspirent de moi, ça me fera plaisir», confie Clémence Castel

INTERVIEW Dans « Aller jusqu’au bout », qui paraît ce mercredi, Clémence Castel évoque ses trois participations à « Koh Lanta » et s’adresse aux lecteurs comme une coach en développement personnel. « 20 Minutes » l’a interviewée

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Clémence Castel au Festival de Gérardmer 2009.
Clémence Castel au Festival de Gérardmer 2009. — SAUTIER PHILIPPE/SIPA
  • Clémence Castel a remporté « Koh Lanta » en 2005. Puis elle a participé à deux éditions « all stars » en 2008 (elle a été éliminée en cours de jeu) et en 2018 (elle a gagné).
  • La jeune femme, aujourd’hui âgée de 34 ans, relate ses expériences dans « Aller jusqu’au bout » qui paraît ce mercredi chez Flammarion.

Elle est sans doute la candidate la plus emblématique de Koh Lanta. Depuis sa première participation victorieuse en 2005, Clémence Castel a retenté sa chance dans le jeu d’aventure de TF1 lors de deux éditions all stars. Eliminée après la réunification du « Retour des héros » en 2008, elle s’est imposée l’an passé à l'issue du « Combat des héros ».​ La jeune femme de 34 ans revient sur ces expériences dans Aller jusqu’au bout (Flammarion) qui paraît ce mercredi. Un livre dans lequel elle parle aussi de sa brève carrière tennistique et de sa vie de famille tout en délivrant des conseils à ses lecteurs pour les aider à « se rapprocher de leurs rêves ».

Pourquoi avoir choisi de vous raconter par l’angle du livre de développement personnel plutôt que par un récit autobiographique.

Tout simplement parce que mon but était de transmettre tout ce que j’ai appris de mes aventures dans Koh Lanta mais aussi de mon parcours sportif, de ma vie familiale. Quand je croise des gens au quotidien dans la rue ou quand on me pose des questions sur les réseaux sociaux, on me demande quels sont les ressorts que j’ai utilisés pour arriver, à deux reprises, au bout d’une aventure comme Koh Lanta. Cela a tourné vers le développement personnel parce que je m’astreins à une discipline au quotidien, à un certain état d’esprit.

Pour de nombreuses personnes, vous êtes un modèle, vous êtes à l’aise avec ça ?

On peut dire que je suis à l’aise avec ça dans la mesure ou, au quotidien, je m’inspire moi-même de personnes, connues ou non, de certains parcours, de certaines idées pour avancer moi-même. Si je peux être une des personnes dont les gens s’inspirent, ça me fera plaisir.

Le public est particulièrement attaché à vous. Comment l’expliquez-vous ?

Merci, je le prends comme un compliment ! Peut-être parce que, dans mes trois participations à Koh Lanta, j’ai essayé au maximum de rester moi-même. Je pense que c’est important, même dans une aventure comme celle-ci qui relève de la télé-réalité, de rester ce que l’on est. Je ne me suis jamais forcée à faire les choses devant les caméras, quitte à ce que l’on me reproche, parfois, d’être trop discrète. C’est peut-être ce qui a fait que les gens se sont attachés à ma personnalité. J’ai aussi essayé de mettre en avant des valeurs qui me sont chères : le fait de donner sa parole et de la tenir - ce qui, dans l’émission, n’est pas tout le temps le cas -, un état d’esprit, une façon d’aborder l’aventure qui a dû parler aux gens. J’en suis ravie.

Vous écrivez que, sans « Koh Lanta », vous n’auriez pas été celle que vous êtes aujourd’hui – ce que l’on peut aisément comprendre. Mais pensez-vous que vous auriez été une Clémence radicalement différente sans l’émission ?

Mon premier Koh Lanta m’a profondément fait mûrir et évoluer. J’ai grandi de dix ans en un mois et demi, donc je dirais que ça m’a fait avancer plus vite. Si je n’avais pas fait Koh Lanta, je pense que j’aurais quand même eu cet état d’esprit d’aller de l’avant, de me tourner vers des choses que je ne connais pas vraiment, d’avoir cette curiosité qui fait que je me lance des défis dans des domaines qui me sont inconnus. Les trois aventures m’ont amené des choses différentes parce que j’étais à différents stades de ma vie. J’en ai retiré des leçons importantes.

De vos trois participations, la seule dont vous n’êtes pas ressortie victorieuse correspond à l’édition pour laquelle la production est venue vous chercher sans que vous n’ayez eu à défendre votre candidature. L’envie, c’est la clé de la victoire ?

A mon sens, c’est la première chose qui peut faire qu’on aura un parcours intéressant, enrichissant, duquel on ressort grandi. Si on part dans Koh Lanta sans donner du sens à sa participation, on ne va pas pouvoir arriver à se dépasser, à surmonter les difficultés. Se découvrir mieux soi-même, se dépasser, ça me semble être le but du jeu. Ce n’est pas le fait de gagner ou non qui fait que l’aventure est enrichissante, mais le fait de la vivre à fond et de savoir pourquoi on la vit. J’engage tous les futurs candidats à se poser cette question-là. J’explique ma saison en demi-teinte en 2009 par le fait que je n’ai pas eu à faire de lettre de motivation. Je ne me suis pas posé les bonnes questions avant de partir et, une fois sur place, je n’avais pas la motivation nécessaire pour m’investir à fond et faire les bons choix. C’est ça qui m’a frustré après coup. Quand je me suis vue à la télé, je me disais que ce n’était pas la Clémence que j’aimais voir.

Vous écrivez que vous ne participeriez pas une quatrième fois à « Koh Lanta ». Vous maintenez ?

Oui, parce que, justement, il faut donner du sens à sa participation. Aujourd’hui, je pense avoir fait le tour de ce que je pouvais apprendre de moi-même et des autres. Trois participations, c’est déjà bien et il ne faut pas oublier que c’est une expérience qui n’est pas anodine. Elle est fatigante. On met du temps à s’en remettre physiquement et mentalement.

Vous continuez à suivre « Koh Lanta » ?

Oui, j’y prends beaucoup de plaisir parce que la production sait mettre en place des nouveautés qui surprennent les téléspectateurs et les candidats car, plus les années passent, plus ils sont aguerris et connaissent les rouages du jeu. C’est ce qui, à mon sens, explique que le succès ne faiblit pas.

Quel est votre prochain défi ?

Il est en lien avec le livre. Le fait de partager mon expérience avec les gens me plaît, cela m’enrichit personnellement et m’inspire. Je suis en train de développer une activité de conférences en entreprise parce qu’il y a beaucoup de parallèles qui peuvent être établis entre une aventure comme Koh Lanta et une carrière professionnelle.