Eurovision 2019: Toutes les chansons sont révélées... Voici celles que vous allez adorer (ou détester)

MUSIQUE Les quarante et un pays participant à l'Eurovision 2019 avaient jusqu'à ce dimanche pour officialiser leurs chansons

Fabien Randanne

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Kate Miller-Heidke, candidate de l'Australie à l'Eurovision 2019.
Kate Miller-Heidke, candidate de l'Australie à l'Eurovision 2019. — SBS
  • L’Eurovision se tiendra à Tel-Aviv (Israël). Quarante et un pays participent à cette édition 2019. Ils ne seront plus que vingt-six lors de la finale du 18 mai.
  • A deux mois du concours les Pays Bas, l’Italie et la Suède sont les favoris des bookmakers.
  • Les artistes de plusieurs pays - Islande et Portugal en tête - sortent particulièrement du lot.

Quarante et une chanson pour un seul trophée. Depuis ce dimanche, on connaît l’ensemble des titres en lice pour l’Eurovision 2019 qui se déroulera à Tel-Aviv (Israël).

A un peu plus de deux mois de la finale – prévue le 18 mai - aucun favori évident ne se distingue. Aucun emballement comparable, par exemple, à celui produit par la chanson israélienne Toy l’an passé ou à  l’italienne Occidentali’s Karma chouchoute absolue des fans en 2017…

Pour les bookmakers, c’est le Néerlandais Duncan Laurence qui a le plus de chances de l’emporter en mai avec Arcade, une chanson où le chanteur à l’air romantico-torturé évolue entre graves et aigus pour constater que « T’aimer est un jeu perdu d’avance ».

La Suède étant à l’Eurovision ce que le Brésil est au football, il faudra surveiller de près le candidat du cru, John Lundvik, et sa ballade teintée de gospel Too Late for Love. Un morceau bien interprété et suffisamment consensuel pour faire le plein de points.

Force tranquille aussi du côté de l’Italie avec Mahmood et son Soldi mêlant une pincée de rap à une mélodie pop. Le soir de la finale de l’Eurovision, il serait surprenant de ne pas retrouver ce trio dans le Top 10…

Qui d’autre peut prétendre au haut du classement ? Difficile de se faire une idée tant le concours semble ouvert cette année. Le Portugal, avec le Telemoveis de Conan Osiris, livre peut-être la proposition la plus excitante. Le phénomène lusitanien divise beaucoup dans son pays et il en sera de même à Tel-Aviv entre ceux qui applaudiront une prestation avant-gardiste quand les détracteurs tourneront sa performance en ridicule.

Les islandais du groupe Hatari avec leur esthétique sado-masochiste sont assurés de ne pas passer inaperçus que ce soit sur scène – ils chanteront, dans leur langue, que « La haine triomphera » - ou en dehors – leurs prises de position contre la politique de l’État hébreu cause déjà des remous.

Côté audace, saluons la prise de risque de la Slovénie qui a choisi d’envoyer un duo – qui n’est pas sans rappeler les Français de The Pirouettes – et sa chanson Sebi, une psalmodie pop, véritable bonbon pour les oreilles à côté de morceaux plus tumultueux.

L’édition 2019 offrira son lot de morceaux formatés « tubes de l’été ». A commencer par Chypre qui, avec Replay, espère visiblement rééditer la performance de sa chanson de l’an passé, Fuego, interprétée par Eleni Foureira. L’île avait fini à la deuxième place du concours.

L’Espagne se la joue banda avec La Venda que Miki chante avec suffisamment de conviction pour que les habitués des ferias aient envie de se rouler dans la sciure comme des « cum cum maniaques ».

Un refrain couleur locale contrairement à la Suisse susceptible de glaner un paquet de points avec She Got Me, qui ravira les nostalgiques de Despacito, tout en nous transportant très loin du Lac Léman.

L’Australie au trente-sixième degré

Une poignée de pays embrassera de plus ou moins près la carte folklorique. L’Albanie, la Géorgie et la Hongrie, par exemple, agrémentent leurs mélodies de sonorités du coin. Le quatuor polonais Tulia allie une technique de chant, dites de « voix blanches », propre à l’Europe de l’Est, à des accords rocks. Un mélange qui, sur Fire of Love (Pali się) déploie un réel charme.

Le groupe norvégien Keiino donnera quant à lui à entendre quelques mots de sami (la langue des Lapons) au long d’un Spirit in The Sky, rouleau compresseur schlager pop que seuls les Scandinaves savent (osent ?) produire.

Pour sa cinquième participation consécutive, l’Australie souhaite montrer qu’elle a bien révisé tous les clichés sur l’Eurovision et nous sert LA prestation que l’on affirmera apprécier « au trente-sixième degré ». Soit un Zero Gravity pop-opératique avec une mise en scène que l’on espère comparable à celle de la sélection nationale. La chanteuse était accompagnée d’une acrobate qui se balançait frénétiquement derrière elle et était à deux doigts de s’empaler sur sa coiffe hérissée de piques. On en oublierait presque que la chanson est censée parler de dépression.

Et la France dans tout ça ? Si Bilal Hassani émarge à la treizième place chez les bookmakers ce lundi, son sort est loin d’être scellé. Avec sa chanson Roi, il fait figure d’outsider, mais s’il parvient à trouver la tonalité dans laquelle il se sentira le plus à l’aise et si la scénographie suit, il a une réelle carte à jouer. Les jeux sont encore très loin d’être faits.

Concert de langues

La majorité des chansons de l’Eurovision 2019 seront interprétées en anglais. La Hongrie, la Géorgie, la Serbie, la Slovénie, l’Islande, le Portugal, l’Albanie et l’Espagne seront représentés par une chanson interprétée intégralement dans leurs langues nationales respectives. La chanson italienne compte deux vers en arabe. Les chansons de la France, de la Pologne et de la Croatie mêleront langue nationale et anglais. Le morceau du Danemark est le plus polyglotte puisque le texte comprend des passages en anglais, en danois, en français et en allemand. La chanson norvégienne laisse quant à elle entendre quelques mots de sami.