Le nombre de films français réalisés par des femmes en hausse de 62% en dix ans

EGALITE HOMMES-FEMMES A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Centre national de la cinématographie a dressé un état des lieux sur la place des femmes dans l'industrie

20 Minutes avec AFP

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Au Festival de Cannes 2015, Emmanuelle Bercot (à g.) a obtenu le prix d'interprétation féminine pour «Mon Roi» réalisé par Maïwenn (à dr.). Cette même année, le film d'ouverture du festival était «La Tête haute» réalisé par Emmanuelle Bercot.
Au Festival de Cannes 2015, Emmanuelle Bercot (à g.) a obtenu le prix d'interprétation féminine pour «Mon Roi» réalisé par Maïwenn (à dr.). Cette même année, le film d'ouverture du festival était «La Tête haute» réalisé par Emmanuelle Bercot. — BERTRAND LANGLOIS / AFP

Le nombre de films réalisés par des femmes a augmenté de 62 % en dix ans (soit une évolution de 43 à 70 films), mais de fortes inégalités, notamment au niveau salarial, demeurent, selon une étude publiée jeudi par le Centre national du cinéma (CNC).

D’après cette étude, la part des films français réalisés ou coréalisés par des femmes est passée de 20,8 % en 2008 à de 27 % en 2017, contre 20,8 % en 2008. Sur la même période, le nombre de longs-métrages réalisés par des hommes progresse de 32,2 %.

Une nouvelle génération de réalisatrices est apparue pendant cette période avec 39 femmes qui ont fait au moins trois films. Parmi elles : Valérie Donzelli, Katell Quillévéré, Rebecca Zlotowski ou Justine Triet.

La France loin devant le Royaume-Uni

Sur la période, 17 films réalisés ou coréalisés par des femmes ont dépassé le million d’entrées, avec en tête LOL de Lisa Azuelos (3,7 millions), devant La Rafle de Roselyne Bosch (2,9) et Polisse de Maïwenn (2,4).

Les réalisatrices sont par ailleurs plus présentes en France que dans les autres pays européens. Sur la période 2012-2017, 370 films réalisés par des femmes sont ainsi sortis sur les écrans tricolores, soit le volume le plus important parmi les neuf pays européens étudiés (seulement 242 en Allemagne ou 87 au Royaume-Uni) et 36 % de l’ensemble.

Ces évolutions n’empêchent cependant pas le maintien d’inégalités. En 2017, le devis moyen des films français réalisés par des femmes était inférieur de plus de deux millions d’euros à celui des hommes, et le coût moyen de distribution des films réalisés par des femmes un tiers inférieur.

Les professions techniques restent très masculines

Sur la période, les effectifs de femmes employées à la production de films sont en nette progression (+16 % entre 2009 et 2016, contre +5 % pour les hommes). Les femmes représentent 43,2 % des effectifs en 2016 (contre 40,8 % en 2009) mais certains métiers sont plus clairement masculins, notamment les professions techniques (4,7 % de machinistes femmes, 5,3 % d’électriciennes…).

Les rémunérations restent en général inférieures pour les femmes. Pour certains métiers, comme celui de réalisateur, les différences sont particulièrement marquées, avec un salaire moyen inférieur de 42,3 % pour une femme.

Le CNC a mis en place depuis le 1er janvier un bonus de 15 % dans les subventions pour les films dont les équipes ont des femmes à des postes clés.

« Avec ce bonus, l’idée c’est de lancer une dynamique, de créer un levier pour accélérer le changement en incitant les équipes de tournages à être paritaires », a déclaré la présidente du CNC Frédérique Bredin.