VIDEO. Décès de Keith Flint: Le groupe culte The Prodigy, expliqué à ceux qui n’ont pas eu 20 ans dans les années 1990

HOMMAGE Alors que Keith Flint, le chanteur de The Prodigy, a été retrouvé mort chez lui ce lundi, retour sur ce qui a fait la singularité du groupe culte britannique des années 1990

Anne Demoulin

— 

Keith Flint lors d'un concert de Prodigy en juin 2015.
Keith Flint lors d'un concert de Prodigy en juin 2015. — Balkanpix.Com/REX/Shutterstock/SIPA
  •  Keith Flint, le chanteur de The Prodigy, a été retrouvé mort chez lui ce lundi.
  • The Prodigy est un groupe pionnier du big beat, un genre musical dérivé du breakbeat qui mélange techno, rock, hip-hop et acid house. 
  • The Prodigy a vendu quelque 20 millions d’albums dans le monde (un record absolu pour la dance music) et n’a jamais fait de concession.

Que l’on aime la techno, le punk-rock ou le rap, si un groupe peut mettre tout le monde d’accord, c’est Prodigy. Keith Flint, chanteur du groupe culte britannique des années 1990 The Prodigy, a été retrouvé mort chez lui ce lundi matin à Dunmow, au nord-est de Londres, affirme The Sun. Avec son décès, c’est une partie de la jeunesse de certains quadragénaires et des quinquagénaires qui fout le camp. Le phénomène The Prodigy, expliqué à ceux qui n’ont pas eu 20 ans dans les années 1990.

Les pionniers du big beat

The Prodigy, parfois aussi appelé Prodigy, est un groupe d’electro britannique formé en 1990 à Braintree (Essex, en Angleterre) par Liam Howlett, Keith Flint et Maxim Reality, tous à la fois, compositeurs, chanteurs et danseurs. A ce noyau dur s’ajoute la chanteuse et choriste Sharky jusqu’en 1999 et Leeroy Thornhill, danseur jusqu’en 2000. Le nom Prodigy est choisi par Liam Howlett en guise de clin d’œil au synthétiseur monophonique Moog Prodigy.

Le groupe est issu du milieu de la rave underground britannique. Avec The Chemical Brothers, Fatboy Slim et The Crystal Method, ils font partie des pionniers de la musique électronique, et plus exactement du big beat, un genre musical dérivé du breakbeat qui mélange techno, rock, hip-hop et acid house.

Un son ultra-musclé

Le son anti-establishment et subversif de The Prodigy incarne à lui seul l’opposition entre la techno des champs, celle de la rave, et l’électro des villes, la musique des clubs. Les paroles de The Prodigy sont intrinsèquement scandaleuses, anticapitalistes et punks. Bref, dans les années 1990, en plein mouvement techno, leur son est un des plus musclés que l’on puisse entendre.

Ils se font connaître avec le titre « Charly », un énorme hit de la scène rave qui se hisse à la 3e place du UK Singles Chart, et popularise le groupe. Dans les années 1990, le groupe sort une cultissime trilogie d’albums : Experience en 1992, Music for the Jilted Generation en 1994, et The Fat of the Land en 1997.

Un immense succès commercial

Malgré leur immense succès commercial – The Prodigy a vendu quelque 20 millions d’albums dans le monde (un record absolu pour la dance music) –, le groupe n’a jamais fait de concession. Pour preuve, le titre « Smack My Bitch Up » et son clip complètement déjanté et hyperviolent, censuré sur MTV, et son sample piqué à Kool Keith sur une chanson baptisée « Give The Drummer Some », transformé en « Change my pitch up/Smack my bitch up » soit « Augmente le pitch (la vitesse de lecture)/Giffle (ou défonce) ma salope ». Le sacrilège punk ultime, bâti sur des samples.

Une tuerie sur scène

Malgré son succès, le groupe a toujours conservé son attitude punk. Le chanteur Keith Flint est la synthèse parfaite de Bez des Happy Mondays et de Sid Vicious des Sex Pistols, le groupe livre sur scène une énergie brute, un son qui envoie et des lights qui font mal aux yeux. Depuis 2008, en concert, le trio est rejoint par le batteur Leo Crabtree et le guitariste Rob Holliday, ancien bassiste de Marilyn Manson.

Dans les années 2000 et 2010, Prodigy a livré quatre autres albums, avec un style qui n’a pas bougé d’un iota. On appréciera notamment le monstrueux morceau, « Omen », sorti en 2009. A l’heure de l’EDM, de la deep house cheezy et des DJ payés des fortunes à Ibiza pour faire semblant de mixer, la rage de Prodigy n’a pas d’équivalent. « Mozart au volant d’un monster truck », c’est ainsi que le Guardian qualifiait Prodigy en 1997, au moment de la sortie de Fat of the Land. Bref, Prodigy, c’est un camion que les kids des années 1990 se sont pris de plein fouet et qu’ils ne sont pas près d’oublier !