VIDEO. «Oreille d'or» dans la marine nationale: «Le monde du silence est en fait très bruyant»

ECOUTEUR Achille Murat, retraité de la marine nationale, a été «oreille d'or» à bord d'un sous-marin pendant deux ans, à la fin des années 1970

Emilie Petit

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Les sonars sont le principal outil des «oreilles d'or».
Les sonars sont le principal outil des «oreilles d'or». — QUEMAR BENOIT/20 MINUTES/SIPA

Le film d’Antonin Baudry, Le Chant du loup, sorti en salle ce mercredi, leur rend hommage. Postées à bord des sous-marins ou des frégates anti-sous-marines, les « oreilles d'or » sont chargées d’analyser les bruits de l’océan, naturels ou artificiels. Leur but ? Repérer l’ennemi. Car, sous les mers, se joue une véritable guerre acoustique. Si la lumière se fait rare, les bruits sont multiples.

« Contrairement à ce que disait Cousteau, le monde du silence est en fait très bruyant », se remémore Achille Murat, ancienne « oreille d’or ». Pendant deux ans, ce retraité de la marine nationale a vécu au son des bancs de crevettes, des chants des cétacés et des bruits de pales des sous-marins de l'ex-Union soviétique.

Pour apprendre à reconnaître les sons de la mer, ces analystes passent quelques années en formation au centre d’interprétation et de reconnaissance acoustique ( CIRA), à Toulon. Même si leur nombre exact reste indéterminé pour des raisons de sécurité nationale, chaque sous-marin compterait au moins deux « oreilles d’or » à son bord.

20 secondes de contexte

Vous vous demandez sûrement pourquoi une « oreille d’or » a accepté de prendre place dans le studio de 20 Minutes ? A la rédaction, nous avions une botte secrète. Notre interlocuteur, Achille Murat, est en fait le père de l’une des community manager de 20 minutes. Merci à elle !