Image de l'exposition Basquiat à la Fondation Louis Vuitton à l'automne 2018
Image de l'exposition Basquiat à la Fondation Louis Vuitton à l'automne 2018 — IBO/SIPA

COPIER-COLLER

Des défenseurs de Basquiat sur Twitter font annuler une exposition d'un artiste accusé de plagiat

A Paris, la galerie d’art Sakura a décidé d’annuler l’exposition de Guillaume Verda, accusé de plagier Basquiat

« On a eu Guillaume au téléphone, il a reçu tellement de menaces que du coup on annule le vernissage et son exposition », explique Jean-Baptiste Simon, directeur de la galerie Sakura dans le quartier du Marais à Paris. L’artiste  Guillaume Verda devait exposer ses toiles jusqu’au 24 février… Avant qu’une avalanche de messages ne crée la polémique sur Twitter, l’accusant de plagier le travail de Jean-Michel Basquiat. 

La même approche néo-expressionniste, les mêmes couleurs, les masques, les mots et les phrases qui s’étalent sur la toile en lettres majuscules… Les internautes reprochaient à l’artiste et à la galerie de ne pas souligner l’influence évidente du peintre américain. 

 

« C’est évident que l’inspiration est de Basquiat, cest aussi pour ca que les gens le voient tout de suite. Les gens qui [passaient] à la galerie me [parlaient] de l’exposition à la fondation Louis vuitton », a expliqué Jean-Baptiste Simon à 20 Minutes.

« Il faut juste assumer les choses, je crois que c’est ce que demandent les gens (…) Mais je crois aussi qu’il a reçu beaucoup de messages haineux », ajoute le directeur de la galerie, visiblement ennuyé. « Je ne pensais pas que ca ferait réagir de façon aussi virulente. J’assume le fait qu’il travaille comme Basquiat. Je ne sais pas s’il s’approprie son travail intellectuel, en tout cas c’est une énorme source d’inspiration pour lui. Tous les gens qui aiment Basquiat et qui ne peuvent pas s’en offrir un peuvent trouver un intérêt dans le travail de Guillaume Verda. »

Appropriation culturelle

Au-delà de la question du plagiat, certains internautes pointaient du doigt une « appropriation culturelle » de la part d’un artiste blanc.

Guillaume Verda peint depuis plusieurs années. Il vend à l’étranger et vit de son travail, nous a confié la galerie. Lui-même se définit comme étant « au croisement des cultures street et digitales »​. Formé à l’école Boulle, ce devait être sa première exposition à Paris. Son compte instagram compte plus de 18.000 abonnés. « Il y a des milliers de gens qui aiment son travail et qui le suivent », souligne Jean-Baptiste Simon.

C’est la galerie qui a décidé de renoncer à l’exposition « pour apaiser les tensions et assurer la sécurité de tous ». L’artiste, lui, n’a pas souhaité s’exprimer. Depuis la polémique, il a restreint l’accès son compte instagram, passé en « mode privé ». Cet après-midi, son site Internet n’était plus accessible.