La chorégraphe Eun-me Ahn veut aider à réunir la Corée avec son spectacle «North korea dance»

COREE-GRAPHIE « North Korea dance » est la dernière création de l’extravagante Eun me Ahn qui souhaite participer, à son échelle, au rapprochement entre les deux Corées

Marion Sacuto

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Extrait de «North Korea Dance» de Eun me Ahn
Extrait de «North Korea Dance» de Eun me Ahn — Théâtre de la ville de Paris
  • Le théâtre des Abbesses accueille « North Korea Dance » de Eun me ahn du 19 au 23 février pour sa première européenne.
  • Pure coïncidence, la première représentation de « North Korea Dance » s’est déroulée deux semaines seulement après l’annonce du premier sommet entre Trump et Kim Jong Un.
  • De passage à Paris pour sa tournée européenne, la chorégraphe a accordée une interview à « 20 minutes »

Un voyage hors du temps. Après avoir conçu des chorégraphies avec des danseurs aveugles puis octogénaires, Eun me Ahn a imaginé un spectacle autour des danses nord-coréennes. Plus qu’une immersion dans le folklore coréen, l’artiste défie l’espace-temps en imaginant des chorégraphies de 1945 (date de la partition de la Corée) jusqu’à nos jours. Le spectacle allie aussi bien danses traditionnelles (danse de l’éventail, rites chamaniques…) que des chorégraphies inspirées… des défilés militaires de Pyeongyang. Des musiques populaires nord coréennes ont aussi été choisies pour accompagner les danseurs, dont Ravi de vous rencontrer qui a fait le tour des réseaux sociaux lors des derniers jeux olympiques d’hiver de PyeongChang.

Le rêve d’une réunification proche

« Si je pouvais aller tous les jours en Corée du nord , je n’hésiterais pas une seconde, a confié l’artiste à 20 Minutes. J’adorerais me rendre à Pyeongyang et travailler avec des artistes nord coréens pour que l’on crée ensemble. Mais je ne suis qu’une chorégraphe, donc j’ai décidé de me concentrer sur ce que je connais le mieux : la danse. » L’idée de son spectacle lui est venue en regardant des vidéos de danses nord coréennes sur Youtube. En plus de ses recherches sur Internet, Eun me Ahn a travaillé avec une jeune japonaise qui a séjourné en Corée du Nord grâce à une bourse d’étude pour étudier la danse.

Depuis deux ans les relations inter-coréennes se réchauffent, les deux pays ont défilé sous le même drapeau aux jeux olympique d’hiver et leurs  dirigeants se sont rencontrés à trois reprises. « Il y a 70 ans, nous n’étions qu’un. Nous venons du même pays, nous avons la même culture et la même langue. Nous devons vivre ensemble et en paix », plaide Eun me Ahn avec passion. Elle veut mettre sa notoriété au service de cette cause.

Qui est la « Pina Bausch de Séoul » ?

Une notoriété que l’on peut mesurer à ses nombreux surnoms : « la danseuse au crâne chauve », la « Pina Bausch de Séoul », « la chamane techno de notre époque »… « Ces surnoms, je les aime, ils me représentent tous. Je me suis rasée la tête, Pina et moi étions de grandes amies pendant 10 ans avant qu’elle nous quitte et le chamanisme est l’idée d’harmonie dans la société, de la communication entre deux êtres. » La chorégraphe se plaît dans l’extravagance. Ses spectacles singuliers, ses costumes (mélange exquis de vêtements traditionnels et de couleurs flashys) et ses mises en scènes sensationnelles l’ont démarqué des autres artistes de son temps.

Après avoir conquis le public coréen, elle s’est fait remarquer en France en 2009 avec Princesse Bari. Elle a gagné une reconnaissance internationale avec sa trilogie : Dancing Grandmothers, Dancing Teen Teen et Dancing Middle-aged Men dans laquelle elle fait danser des grands-mères, des adolescents et des hommes d’âge moyen. Aujourd’hui, c’est peut-être l’histoire de son pays qu’elle participe à écrire avec un spectacle unificateur.