Autrice, député.e.s... L'Académie française accepte la féminisation des noms de métier

EGALITE L'Académie française et le Conseil d'Etat débattent de la féminisation de la langue

E.C.

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L'Institut de France, où siège l'Académie française.
L'Institut de France, où siège l'Académie française. — Sipa

Un vent de modernité et d’égalité souffle sous la coupole de l’Académie française. Les Immortels vont dépoussiérer la langue et accepter la féminisation des noms de métiers « dans les prochains jours », selon nos confrères de L’Express. Une évolution que les académiciens ont mis des décennies à officialiser.

Si elle a accepté des fonctions féminisées comme avocate, postière ou pharmacienne dans son dictionnaire, l’Académie rappelait en 2014 qu’elle « [rejetait] un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. »

Pour expliquer le retard de la France dans la féminisation des noms de métier par rapport au Québec, qui l’a reconnue dès la fin des années 1970, ou la Belgique, l’Express évoque notamment des « blocages [qui] relevaient surtout de la sociologie », plus que de la linguistique. « L’institution est devenue au fil des siècles fondamentalement conservatrice. En règle générale, elle voit d’un mauvais œil les innovations linguistiques », rappelle le magazine.

L’écriture inclusive devant le Conseil d’Etat

Autre institution, autre question de féminisation de la langue, l'écriture inclusive est en train d’être débattue au Conseil d’Etat. Une association conteste la circulaire d’Edouard Philippe qui invite « à ne pas faire l’usage de l’écriture dite inclusive » dans les textes destinés à être publiés au Journal officiel.

« La fonction de la langue n’est pas seulement de parler, mais de façonner le monde », a plaidé l’avocat de l’association Groupement d’information et de soutien sur les questions sexuées et sexuelles (GISS). C’est la « grande querelle française de la féminisation des noms », a rappelé de son côté la rapporteure publique à l’audience lundi. Elle s’est prononcée en faveur d’un rejet du recours. Cette circulaire, a-t-elle ajouté, « n’a nullement le projet d’encadrer la pratique de la langue française ». Comme le précise l’AFP, les conclusions de la rapporteure publique sont généralement suivies.