On a testé «Jump Force» et ce qui devait être le cross over manga ultime se révèle décevant

JEUX VIDEO Avec ses 40 combattants issus de 15 mangas différents, tous les ingrédients sont là, mais la sauce ne prend pas

Jean-François Morisse

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Des combats spectaculaires où l'on ne comprend pas toujours ce qui se passe.
Des combats spectaculaires où l'on ne comprend pas toujours ce qui se passe. — Bandai Namco
  • «Jump Force» est un jeu de combat avec 40 héros issus de 15 mangas différents.
  • Un casting de rêve, mais les combats, simples et brouillons, ne sont pas à la hauteur de l'attente.

Un roster (casting) de folie avec une quarantaine de combattants, on en rêvait,Bandai Namco l’a fait. Jump force est à la fois un jeu de baston regroupant tous les plus grands héros de manga pour fêter les 50 ans du magazine Jump. Et un fantasme numérique de fan de manga biberonné au Club Dorothée.

On y retrouve les héros de Dragon Ball, ceux de Bleach, de One Piece, de Naruto, ou bien encore des Chevaliers du Zodiaque alors que Nicky Larson pointe le bout de son nez. Jump Force, ce serait le Avengers ou la Justice League du manga. A ce qui paraît.

Avec quarante combattant au compteur, vous devriez trouve votre bonheur.
Avec quarante combattant au compteur, vous devriez trouve votre bonheur. - Bandai Namco

Fébrile, les mains tremblantes, on s’est littéralement rué sur ce Jump Force pour y retrouver nos chouchous. Personnellement, ça sera Son Goku, Shiryu et Kenshiro de Ken le Survivant. Après un démarrage un peu long, je crée tout d’abord mon avatar. Pourquoi pas. On peut se faire ici un superhéros sur mesure. Amusant, même si l’on ne joue pas à Jump Force pour incarner un quidam.

Créez votre propre héros en début d'aventure.
Créez votre propre héros en début d'aventure. - Bandai Namco

Mieux vaut quand même s’y attacher car cet avatar sera le héros de l’aventure. Pas folichonne, vu qu’elle ressemble finalement à rien d’autre qu’un très long épisode de Dragon Ball Z où chaque situation est prétexte à une baston. Entre deux affrontements, les cinématiques déploient le prestigieux casting pour nous tenir informé de ce qui se passe (en japonais sous-titré français). C’est joli, mais ça ne vole pas très haut.

Un casting impressionnant qui donne naissance à des affrontements surprenants. Un casting de rêve.
Un casting impressionnant qui donne naissance à des affrontements surprenants. Un casting de rêve. - Bandai Namco

Exit donc le mode histoire. En même temps, on imagine la difficulté de réunir de façon cohérente des héros issus d’une quinzaine d’univers qui bien souvent n’ont rien à voir. J’aime imaginer les réunions sans fin qui ont dû se dérouler pour savoir ce qu’il était possible de faire alors que les auteurs de chaque manga devaient avoir leurs propres desiderata. Un vrai casse-tête assurément, si bien que l’intrigue se contente de confronter un grand méchant et ses sbires qui menacent la planète à nos héros de manga bien obligé de réunir leurs forces.

Des décors inspirés du monde réel où se retrouvent propulsés ces personnages de mangas.
Des décors inspirés du monde réel où se retrouvent propulsés ces personnages de mangas. - Bandai Namco

On se doute bien qu’un jeu de baston n’a pas besoin d’être aussi dense que la Comédie Humaine, mais faut-il se contenter des combats les plus simples pour joyeusement distribuer mornifles et coups de tatanes en ligne ou en local ? On choisit ses trois personnages préférés et on se lance ! Tous les personnages partagent la même jauge de vie ou de pouvoir. Un concept qui affaiblit forcément la dimension tactique des combats en équipe.

Ça bouge dans tous les sens !

3D oblige, on peut ici filer dans tous les sens à travers le décor. Une touche permet de faire des esquives rapides. Si vous vous souvenez des combats de DBZ, vous comprendrez que tout peut aller très vite. On enchaîne les superpouvoirs spectaculaires, les mégas explosions et autres super-trucs qui viennent encombrer l’écran sans qu’on ne comprenne au final forcément ce qui se passe. La caméra tourne dans tous les sens et on perd assez rapidement le fil du combat alors qu’on passe d’un personnage à l’autre. Un joyeux bazar de prime abord jubilatoire, mais vite frustrant.

N’est pas Avengers qui veut

Côté maniabilité, Jump Force fait dans l’accessible. Les manipulations pour dégainer ses superpouvoirs sont faciles à exécuter. Et c’est une bonne chose, surtout lorsqu’on ne voit plus rien à l’écran ou que l’on ne comprend plus trop où l’on est.

Par contre on comprend bien que ce cross over de héros manga n’a pas donné naissance au jeu ultime dont on rêvait. Même si l’idée de mélanger les univers est à la mode, en jeu vidéo comme au cinéma, n’est pas Avengers qui veut. Et la réussite d’un Super Smash Bros Ultimate ne peut pas se reproduire tous les quatre matins.

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