VIDEO. «Jump Force»: «Weekly Shônen Jump», le magazine à l'origine de vos héros de manga préférés

JEU VIDEO «Dragon Ball», «Naruto», «One Piece», «My Hero Academia»... Les héros de mangas les plus connus se retrouvent dans le jeu «Jump Force», du nom du magazine qui les a vus naître: le mythique «Weekly Shônen Jump»

Vincent Julé

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Différents exemplaires du «Weekly Shônen Jump» exposés à Japan Expo 2008
Différents exemplaires du «Weekly Shônen Jump» exposés à Japan Expo 2008 — JPDN/SIPA

Même joueur, joue encore ? Après avoir créé la surprise avec l’annonce et les premières images de Dragon Ball FighterZ à l’E3 2017, l'éditeur Bandai Namco Entertainment s’est senti obligé de remettre ça l’année suivante avec Jump Force, un autre jeu de baston, encore avec les héros de Dragon Ball. Mais pas seulement. La bande-annonce permettait d’y croiser également Naruto, Luffy de One Piece ou encore Light et Ryûk de Death Note.

Toutes ces stars du manga dans un même jeu, comment est-ce possible ? A l’instar des 74 personnages de Super Smash Bros. Ultimate, tous issus des franchises Nintendo, les combattants de Jump Force viennent de la même maison : la maison d’édition japonaise Shueisha, et son hebdomadaire de prépublication Weekly Shônen Jump.

Les mangas les plus connus

La sortie de Jump Force vendredi sur PS4, Xbox One et PC n’est d’ailleurs pas un hasard, puisqu’elle marque les 50 ans du magazine, fêtés l’année dernière par trois expositions, des burgers signatures ou encore une Famicom Mini dédiée aux premiers jeux inspirés de ses célèbres mangas : Dragon Ball, Ken le survivant, Olive & Tom, Les Chevaliers du Zodiaque, Muscle Man

On pourrait continuer la liste, mais vous avez compris, une grande majorité des mangas à succès, popularisés en France par leurs adaptations animées et le Club Dorothée, ont été prépubliés dans le Jump.

Des héros au « sang chaud »

Le magazine, destiné en priorité aux jeunes garçons, n’est pas le premier du genre, Weekly Shônen Sunday des éditions Shôgakukan (et les œuvres d’Osamu Tezuka ou Rumiko Takahashi) et Weekly Shônen Magazine de Kodansha (Kitaro, Ippo, Fairy Tail) existaient depuis déjà dix ans. Le Jump se distingue par les opportunités qu’il donne aux nouveaux auteurs, à travers des concours, et les valeurs de courage et d’effort que véhiculent ses séries, qu’il s’agisse d’arts martiaux (Naruto, Hokuto no Ken), de sport (Captain Tsubasa, Slam Dunk) ou d’aventure (Dragon Ball, One Piece, Hunter X Hunter).

Au Japon, on parle de « nekketsu » (littéralement « sang chaud »), un terme et concept proche du Héros aux milles visages de Joseph Campbell. En effet, Goku, Luffy, Naruto, Gon ou Izuku de My Hero Academia partagent les mêmes caractéristiques et trajectoires : un garçon seul qui se révélera extraordinaire face à l’adversité et se créera des amitiés au gré de ses péripéties, combats ou matchs.

Le lecteur est roi

Mais l’identité du Jump tient aussi à son fonctionnement interne, avec un vote du lecteur qui pèse sur la vie ou mort d’un titre (l’auteur de Shaman King en a fait les frais), mais aussi sur son histoire. Il est de notoriété publique qu’Akira Toriyama a été plus ou moins poussé à abandonner la quête des boules de cristal au profit de tournois, des Super Saiyans et de ce que l’on connaît sous l’appellation Dragon Ball Z. Shueisha garde le contrôle sur ses mangakas en leur adjoignant un « tantô », un mentor, éditeur et parfois quasiment coauteur.

A son heure de gloire, les années 90 et les mangas Dragon Ball et Slam Dunk (dont Kana prépare une réédition en mars), Weekly Shônen Jump dépassait les six millions d’exemplaires vendus. Il en écoule moins de trois millions aujourd’hui, la faute à la révolution numérique et à l’absence de locomotive, à part One Piece (déjà vingt ans), et malgré les nouveautés, et succès, My Hero Academia et The Promised Neverland.

Casting de stars

Bien sûr, toutes ces séries ont eu le droit à des adaptations animées, des produits dérivés et des jeux vidéo. Jump Force n’est d’ailleurs pas le premier jeu crossover, avec Jump Super Stars et sa suite Jump Ultimate Stars sur Nintendo DS en 2005 et 2006. Des titres inédits hors Japon pour des questions de droits. Il s’agissait déjà de jeux de combat à la Super Smash Bros., avec l’originalité d’y retrouver des personnages non-combattants issus de mangas romantiques comme I''s et Ichigo 100 %, sportifs comme Prince of Tennis et Eyeshield 21, sans oublier Kochikame, la comédie policière aux 200 volumes et manga le plus long de tous les temps.

Jump Force, lui, la joue 100 % baston avec les héros de Dragon Ball, One Piece, Naruto, Bleach, Saint Seiya, Kenshin, Fly, Jojo’s Bizarre Adventure, Yu-Gi-Oh et même Nicky Larson. 100 % nostalgie aussi.