Le breakdance pourrait donner un coup de jeune aux Jeux olympiques 2024 à Paris

SPORT Cette danse urbaine acrobatique concourt pour être intégrée aux Jeux olympiques, qui auront lieu dans cinq ans. La réponse est attendue pour le 21 février

Marie-Laetitia Sibille

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Le breakdance, c'est quand même plus sympa que la lutte grécoromaine. Ici à Buenos Aires, aux Jeux olympiques de la jeunesse, en 2018.
Le breakdance, c'est quand même plus sympa que la lutte grécoromaine. Ici à Buenos Aires, aux Jeux olympiques de la jeunesse, en 2018. — A.M.
  • La Fédération française de danse porte le projet d’inscription du breakdance comme discipline olympique.
  • Le comité olympique souhaite dépoussiérer son image grâce à de nouvelles disciplines.
  • Une vingtaine de disciplines se sont portées candidates pour rejoindre les JO de Paris en 2024.

Vous avez toujours rêvé d’avoir le rôle de Jennifer Beals dans Flash Dance, de scotcher le jury comme dans la scène finale et de vous envoler littéralement du sol ? Même si ce n’était pas l’actrice, mais Crazy Legs, membre du groupe Rock Steady Crew (et donc, un homme), qui effectuait le breakdance pour la toupie au sol.

Quoi qu’il en soit, rendez-vous est peut-être donné aux passionnés en 2024. Car le breakdance, ou break, breaking, breakdancing, b-boying, etc., pourrait bien s’inviter aux prochains Jeux olympiques, comme l’évoque Franceinfo. Le Comité international olympique (CIO) cherche justement à élargir et rajeunir son public, en ouvrant le champ des disciplines. Le breakdance était d’ailleurs présent lors des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) d’été à Buenos Aires (Argentine) en 2018. Une grande première. Deux Français s’étaient alors distingués, Carlota Dudek, qui est arrivée quatrième de son épreuve, et Martin Lejeune, médaillé d’argent à 16 ans.

De 4 à 77 ans

On a bon espoir d’avoir le feu vert du comité, mais on reste prudent, nuance Charles Ferreira, président de la Fédération française de danse qui porte ce projet. C’est aussi un appel à fédérer le monde du hip-hop, qui est fait de multiples courants, au niveau national. Nous allons déjà soutenir et accompagner le 23 juin en Chine nos danseurs français, pour le championnat du monde de breakdance. »

Abdel Mustapha, entraîneur, Charles Ferreira, président de la Fédération française de danse, et Martin Lejeune, médaillé d'argent à 16 ans.
Abdel Mustapha, entraîneur, Charles Ferreira, président de la Fédération française de danse, et Martin Lejeune, médaillé d'argent à 16 ans. - A.M.

En septembre 2019, le breakdance sera aussi présent à la première édition des Jeux mondiaux urbains de Los Angeles. Là encore, ces jeux, qui se veulent un « aimant à jeunesse », sont censés ramener vers le mouvement olympique une génération plus attirée par l’eSport ou le skateboard que par le dressage ou la lutte gréco-romaine.

Si elle a du succès auprès des jeunes, cette danse (à mi-chemin entre l’art et le sport) peut se pratiquer à n’importe quel âge : « Nous avons même des cours d’éveil pour les enfants de 4 ans, précise Abdel Mustapha, entraîneur de la délégation française aux Jeux olympiques de la jeunesse en 2018. J’ai connu une danseuse qui, à 77 ans, pratiquait toujours ! Le breakdance est partout dans les films, dans les pubs, et de grandes marques comme Red Bull se sont emparées du phénomène et organisent des compétitions. Les JO de 2024, ce serait une vraie reconnaissance de ce sport, une grande première. »

Ski nautique et pelote basque

En attendant l’éventuelle présence du breakdance aux JO de Paris 2024, le surf, l’escalade et le skate-board - autant de disciplines faites pour attirer les jeunes - seront présentes en 2020, aux Jeux olympiques de Tokyo.

Au total, une vingtaine de disciplines se sont portées candidates afin de rejoindre les Jeux olympiques de 2024. Parmi elles, le trial électrique, le ski nautique, le squash, la pelote basque ou la pétanque. Avec, en critères communs : des adeptes jeunes dans l’ensemble, un sport mixte, pratiqué sur tous les continents, spectaculaire pour le public et qui ne nécessite aucune nouvelle infrastructure.

Les discussions sont encore en cours entre le CIO et la Fédération française de danse. La décision sera rendue le 21 février.