VIDEO. Nicky Larson revient (aussi) en manga dans «City Hunter: Rebirth»

MANGA Le film de Philippe Lacheau n'est pas la seule actualité, et hommage, à Nicky Larson

Vincent Julé

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Nicky et Laura sont de retour dans «City Hunter: Rebirth», manga hommage et méta à la série
Nicky et Laura sont de retour dans «City Hunter: Rebirth», manga hommage et méta à la série — Kyou Kara CITYHUNTER ©1985 by TSUKASA HOJO/NSP, ©2017 by SOKURA NISHIKI All Rights Reserved.

Il est là. Adaptation du manga City Hunter ou nouveau film de la bande à Fifi, voire les deux à la fois, Nicky Larson et le parfum de Cupidonsort ce mercredi dans toutes les salles françaises, et c’est maintenant aux spectateurs de décider de sa nature, et de sa réussite. Une seule certitude, le réalisateur Philippe Lacheau ne voulait pas décevoir les fans, car il en est lui-même depuis qu’il a découvert, comme beaucoup, l’animé Nicky Larson dans le Club Dorothée.

Son film est donc aussi un hommage à l’œuvre de Tsukasa Hōjō, et il n’est pas le seul puisqu’un autre long-métrage, d’animation cette fois et intitulé City Hunter: Shinjuku Private Eyes, est attendu vendredi au Japon. Et Nicky est également de retour en manga dans le spin-off méta City Hunter : Rebirth aux éditions Ki-oon.

Love hotels ou restos végétariens ?

Diffusé à partir de 1990 sur TF1, Nicky Larson a participé, avec Dragon ball, Ranma 1/2 ou Les Chevaliers du Zodiaque, à faire connaître la japanime et le manga en France. Pour le meilleur et le moins bien. En effet, à l’instar de Ken, le survivant, l’animé ne s’adressait pas aux enfants devant leur télé le mercredi après-midi et a d’ailleurs été très édulcoré, et même censuré, dans sa version française. Nicky n’était pas seulement un « nettoyeur » professionnel, tireur d’élite et garde du corps, mais également un obsédé qui courait les filles et les invitait dans des love hotels… enfin des restos végétariens en français. (sic)

Après une première édition française chez J’ai lu, il faudra ainsi attendre la version deluxe chez Panini pour apprécier à sa juste valeur ce chef d’œuvre d’action et d’humour.

Même s’il est bien un shônen, prépublié de 1985 à 1991 dans le mythique Weekly Shônen Jump, le manga original, City Hunter, avait des airs de seinen, avec sa chaleur de la nuit, ses coups de feu qui retentissent, ses criminels qui s’enfuient pour reprendre les paroles du générique chanté par Jean-Paul Césari (et non Bernard Minet). En fait le quartier chaud de Shinjuku, ses yakuzas, ses contrats, et Ryo Saeba, le vrai nom de Nicky Larson, le doigt sur la gâchette. Sans oublier sa relation avec Kaori, cœur du récit entre déclarations masquées et coups de marteau.

« Angel Heart », fausse suite de « City Hunter »

Comme Akira Toriyama avec Dragon Ball ou Masami Kurumada avec Saint Seiya, Tsukasa Hōjō ne se remettra jamais vraiment de City Hunter. Après la courte comédie sur la famille et le genre Family Compo, le mangaka reprend ainsi le personnage de Ryo Saeba pour une fausse suite et histoire alternative avec Angel Heart. Le cœur du titre est celui de Kaori, qui décède dans un accident la veille de son mariage avec Ryo et sauvera la vie, par don d’organe, d’une jeune tueuse à gages. Et c’est parti pour 49 volumes, divisés en deux saisons, d’aventures plus sérieuses (le manga est officiellement un seinen) mais moins inspirés que City Hunter.

Un manga hommage et méta

Tsukasa Hōjō a finalement déposé les armes en 2017, mais la légende de City Hunter continue d’exister à travers de nombreuses adaptations (une série live coréenne, un drama japonais, des animés, un film français donc), et un nouveau manga « validé » par le maître. City Hunter : Rebirtha pour lui de mettre en scène, littéralement, le culte de la série et la passion des fans, avec l’histoire de Kaori, célibataire de 40 ans et inconditionnelle de City Hunter, qui, suite à un évènement, se réveille dans la peau d’une lycéenne… et dans l’univers du manga.

Un twist méta qui permet de revisiter les grands moments de la saga et… c’est tout. Ce nouveau manga de Sokura Nishiki ne va pas au-delà du gentil hommage, et l’on conseillera plutôt aux fans de jeter un oeil à Sous un rayon de soleil, Le cadeau de l’ange et Le temps de cerisiers, trois courts mangas réédités chez Ki-oon qui prouvent que le talent de Tsukasa Hōjō ne se limite pas à City Hunter.