Le pass culture permet d'acheter des jeux vidéo, mais pas tous les jeux

DIXIEME ART Actuellement en phase d’expérimentation, le pass culture du gouvernement permet de jouer à des jeux vidéo mais des titres français ou européens, et offerts par les éditeurs…

V. J.

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Dans «Detroit: Become Human», le joueur humain contrôle un androïde s'éveillant à l'humanité
Dans «Detroit: Become Human», le joueur humain contrôle un androïde s'éveillant à l'humanité — Sony

Le pass culture est entré vendredi dans une première phase d'expérimentation dans cinq départements (Bas-Rhin, Hérault, Finistère, Guyane, Seine-Saint-Denis), auprès de plus de 10.000 jeunes. Ce passeport leur permet de consommer la culture à hauteur de 500 euros, qu’il s’agisse de spectacles, cours de musique ou de danse, offres numériques, produits culturels, etc. Et donc des jeux vidéo ? « Je vous confirme que les jeux vidéo figurent bien dans l’offre, comme je m’y étais engagé, a tweeté le ministre de la Culture, Franck Riester. Le jeu vidéo est un art, il y a donc toute sa place. »

« Un caractère artistique, créatif, pédagogique ou culturel »

Pourtant, comme on pouvait malheureusement s’y attendre, certaines voix se sont élevées, que l’on peut résumer par un tweet d’Eugénie Bastier : « Y a-t-il une sélection de jeux vidéo ou bien des ados vont-ils vraiment pouvoir s’offrir GTA avec de l’argent public ? » D’un, les jeux vidéo sont assujettis au même plafond de 200€ que d’autres produits culturels (livres, DVD, places de cinéma…) et sont limités au format numérique (donc au revoir les consoles), et de deux, ils « font l’objet d’une approbation préalable pour s’assurer de leur conformité avec les objectifs de service public », peut-on lire sur le compte Twitter officiel du pass : « Les jeux présents devront avoir un caractère artistique, créatif, pédagogique ou culturel ».

Des jeux français ou européens

Comme l’explique Lévan Sardjevéladzé, président du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) à BFM TV, « tous les titres disponibles via cette offre doivent répondre aux mêmes règles d’éligibilité que pour le crédit d’impôt du jeu vidéo qui a un barème très complexe ». Et qui ne concernent que les jeux de studios français ou européens. Pas de GTA, Fortnite ou Red Dead Redemption, mais plutôt les oeuvres d’Ubisoft France, de Dontnod (Life is strange) ou Quantic Dream (Detroit, Heavy Rain) pour les plus connus.

Subtilité, pendant la phase d’expérimentation, l’éditeur ne reçoit pas de contrepartie financière du gouvernement, il offre donc ses jeux gratuitement. « Tout le monde ne peut pas se le permettre, commente Lévan Sardjevéladzé du SNJV. C’est très dommage car si les conditions de rémunération étaient les mêmes que pour les spectacles vivants, cela permettrait à des studios français indépendants de proposer une offre d’une très grande qualité. »