Super Bowl 2019: «Nipplegate», show tiédasse, boycott... La pire mi-temps de tous les temps?

FLOP Dimanche aux Etats-Unis, la mi-temps rythmée par le groupe Maroon 5 n’a pas emballé les spectateurs

C.W.

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Le chanteur Adam Levine du groupe Maroon 5, lors de la mi-temps du Super Bowl 2019.
Le chanteur Adam Levine du groupe Maroon 5, lors de la mi-temps du Super Bowl 2019. — Mark Humphrey/AP/SIPA
  • Dimanche, se tenait la finale de la saison 2018 de la NFL.
  • Le groupe Maroon 5 assurait le célèbre show de la mi-temps.
  • Jugé un peu tiède, le concert a également suscité plusieurs polémiques.

Le premier gros flop de 2019 ? Dimanche a eu lieu à Atlanta l’un des rendez-vous sportifs et télévisuels les plus importants aux Etats-Unis : le Super Bowl, clôturant la saison 2018 de la NFL (la fédération du football américain). Un événement quasi planétaire, regardé par 110 millions de téléspectateurs outre-Atlantique, et dont la mi-temps est l’un des temps forts de la soirée, en raison du concert de maboul organisé chaque année. Beyoncé, Lady Gaga, Bruno Mars, Katy Perry, The Rolling Stones, Madonna… Toutes les plus grandes stars ont enflammé le Super Bowl, devenu désormais le passage obligatoire de tout artiste qui se respecte.

Et quid de la mi-temps de 2019 ? Maroon 5. Tout est dit.

Plus sérieusement, au-delà du fait que le groupe de pop soit resté bloqué dans les années 2000, la présence de Maroon 5 au Super Bowl a suscité de gros bâillements, et quelques polémiques. Boycott, « nipplegate », show tiédasse… Retour sur, peut-être, l’une des mi-temps les plus miteuses de l’histoire du Super Bowl (on ose, oui).

Un concert controversé

Il faut reconnaître que l’histoire partait mal pour Adam Levine et ses camarades. Avant de porter leur choix sur le groupe californien, les organisateurs du show avaient envisagé Beyoncé, Jay-Z, Rihanna, ou encore Cardi B. Mais toutes ces personnalités ont refusé de participer. Pour des problèmes de calendrier ? Non, pour cause de boycott. De nombreuses stars ont décidé d’apporter leur soutien à l’ex-quarterback Colin Kaepernick, qui en 2016 avant un match, s'est agenouillé lors de l'hymne américain. Le joueur voulait ainsi protester contre les violences policières envers de nombreux hommes et femmes noires au Etats-Unis, et soutenir le mouvement des Black Lives Matter. Un geste qui a suscité une vive polémique, et qui n’a pas beaucoup plus au président Donald Trump (comme un tas d’autres choses). Depuis, Colin Kaepernick n’a plus été recruté par une équipe.

Scandalisées par cette affaire, de nombreuses personnalités américaines ont alors décidé de boycotter la NFL et la finale du Super Bowl. Malgré de vives critiques (et une pétition pour les faire changer d’avis), Maroon 5, tout comme les rappeurs Travis Scott et Big Boi, et la chanteuse de soul Gladys Knight, ont répondu présent. Le groupe de pop et leur maison de disques ont annoncé faire un don de 500.000 dollars à l’association venant en aide aux enfants, Big Brothers Big Sisters of America, et Travis Scott a promis de donner la même somme à Dream Corps, une ONG qui lutte notamment contre la surpopulation carcérale. Dans ce contexte brûlant, la mi-temps de Maroon 5 ne pouvait avoir qu’un goût d’amertume.

Atlanta, la ville de… la pop ?

Boring. Pour de nombreux internautes, le verdict a été sans appel, que ce soit sur le plan sportif ou sur le plan artistique, ce Super Bowl a été d’un ennui sans précédent.

Et d’un point de vue musical, le choix de Maroon 5 peut poser question. Habituellement, la mi-temps offre aux spectateurs du monde entier un show exceptionnel qui en met plein les yeux. On se souvient notamment du requin de Katy Perry, ou de la performance ultra politisée de Beyoncé. Adam Levine (si tu nous lis), désolé mais c’était mou du genou, il ne suffit pas de mettre des flammes un peu partout pour marquer les esprits.

Mais ce n’est pas tout. Même si de nombreux artistes ont refusé de se produire sur la scène du Super Bowl, il est surprenant de constater que les organisateurs ont fait appel à un groupe de pop, pour chauffer le public d’Atlanta, une ville résolument rap. Et l’une des scènes hip-hop les plus importantes des Etats-Unis. Ludacris, Soulja Boy, Bubba Sparxxx, Offset… La liste des rappeurs d’Atlanta est longue comme le bras. Et Travis Scott et Big Boi (OutKast) ? Alors oui les deux rappeurs étaient bel et bien présents dimanche soir, mais pour quelques minutes seulement, en tant qu’invités de Maroon 5.

La fausse joie de Bob l’Eponge

Autre grosse déception : Bob l’Eponge. Depuis la mort de son créateur Stephen Hillenburg en novembre dernier, des fans réclamaient le personnage du dessin animé lors de la finale du Super Bowl, ainsi que la chanson « Sweet Victory ». Au final, Bob a finalement fait une apparition de quelques secondes pour introduire la prestation de Travis Scott. Une séquence jugée trop courte par certains, mais qualifiée de meilleur moment de la soirée par d’autres.

Un nouveau « nipplegate »

Décidément, mauvais karma pour Adam Levine. Jugée peu trépidante, la prestation du chanteur de Maroon Five a également suscité une polémique. Les spectateurs n’auront pas manqué de remarquer qu’Adam Levine s’est peu à peu dévêtu durant le show, pour finir torse poil, exhibant fièrement ses tatouages. Or, certains et certaines internautes ont souligné que, pour quelques secondes de nudité, Janet Jackson et l’apparition furtive d’un téton lors de la finale du Super Bowl en 2004 avaient provoqué choc et indignation. Un « scandale du nipplegate » qui a marqué à jamais la carrière de l’artiste. « Je n’ai rien contre Adam Levine et je suis vraiment une grande fan, mais je déplore que cette société accepte qu’il soit torse nu pendant le spectacle de la mi-temps et que Janet Jackson ait été punie parce que sa poitrine a été exposée accidentellement lors du même événement », a posté l’actrice Abigail Breslin sur Twitter. Notons également la majorité écrasante d’artistes masculins sur scène cette année. Bref.

En résumé, au mieux les fans du Super Bowl oublieront à jamais cette mi-temps, au pire ils s’en souviendront comme la pire de tous les temps.