Gérardmer 2019: «Faire passer un message derrière des images dérangeantes, c’est super», affirme Vanessa Demouy

INTERVIEW Vanessa Demouy, membre du jury longs métrages du 26e Festival de Gérardmer a profité d’une pause entre deux projections pour répondre à « 20 Minutes »…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Vanessa Demouy, à Gérardmer (Vosges) en janvier 2019.
Vanessa Demouy, à Gérardmer (Vosges) en janvier 2019. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
  • La 26e édition du Festival du film fantastique de Gérardmer (Vosges) s'est ouverte mercredi et prendra fin dimanche.
  • Les dix films en compétition pour le Grand prix seront départagés par un jury coprésidé par Gustave Kervern et Benoît Delépine.
  • Vanessa Demouy, membre du jury, évoque pour «20 Minutes» son rapport au cinéma de genre.

Elle dit avoir « peur du manque d’espace ». Au bon air de Gérardmer, avec les étendues neigeuses en toile de fond, Vanessa Demouy n’a rien à redouter. La comédienne, pour la deuxième fois depuis 1998, est sur place en tant que membre du jury du Festival du film fantastique. Elle a jusqu’à dimanche pour voir les dix films en lice en compétition et délibérer avec ses acolytes.

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Quel est votre rapport au cinéma horrifique ?

Je ne suis pas une grande spécialiste parce que j’ai très peur des films gores. Mais tout ce qui est frissons, angoisse, psychologie… j’aime beaucoup. Il y a des grands pros dans le jury qui me distillent les infos et les codes du genre et c’est très intéressant de savoir que derrière certains films qui me font mourir de peur, il y a un vrai message politique. Comme par exemple Massacre à la tronçonneuse [qui évoque l’Amérique traumatisée par la guerre du Vietnam et du délitement des idéaux du Flower Power] que je n’avais jamais vu comme ça. Il y a une deuxième lecture possible qui est super intéressante.

Sur quels critères allez-vous juger les films en compétition ?

Je ne suis pas technicienne, je suis comédienne, donc je vais faire comme dans mon métier : je vais me laisser porter par mes émotions, mes ressentis, l’empathie que je vais pouvoir éprouver envers un personnage et une situation. Je vais trouver qu’un plan est joli, mais je ne vais pas me dire « tiens, c’est telle focale qui a été utilisée, donc ça appuie l’intensité » parce que là-dedans, je n’y connais rien. Je ne vais donc pas faire semblant.

Le jury est composé de quatre réalisateurs et de quatre actrices, quelle dynamique cela créé-t-il ?

Ça crée des discussions passionnantes où chacun expose son point de vue. C’est intéressant d’entendre les arguments des autres qui n’ont pas forcément les mêmes goûts. On sent qu’il y a des films qui divisent vraiment, sur lesquels on n’est pas d’accord. On débriefe dès qu’on a un petit moment à nous. Cela se fait avec beaucoup de bienveillance.

Vous n’avez jamais joué dans un film fantastique ou d’horreur. Cela vous tenterait-il ?

Maintenant, avec les films que je découvre, ce que m’expliquent les réalisateurs du jury, je me dis que ça pourrait être une expérience intéressante. Quand on défend un personnage sur un film, on défend aussi ses idées et si derrière les images dérangeantes, on arrive à faire passer un message politique ou social, c’est super.

Quelle est votre limite en termes de cinéma d’horreur ?

Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai été traumatisée par Les dents de la mer. Vraiment, ça me pourrit mes vacances. Et j’ai vraiment peur du cinéma gore. Après, comme on m’a dit qu’il y avait une autre lecture possible pour Massacre à la tronçonneuse, je me le ferai en rentrant de Gérardmer (rires).