Folle journée de Nantes: «C'est un ballet incessant à gérer», révèle la directrice à propos des coulisses

MUSIQUE Répétitions, accords, rappels, restauration... La Folle journée, qui se déroule jusqu'à dimanche, nécessite une organisation minutieuse

Propos recueillis par Frédéric Brenon

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La Folle Journée emploie une quinzaine d'accordeurs professionnels.
La Folle Journée emploie une quinzaine d'accordeurs professionnels. — G.Gobet/AFP
  • Qui sont les tourneurs de pages ? Pourquoi il n’y a pas de rappels ? 20 Minutes répond à toutes les questions que vous vous posez sur la Folle journée de Nantes.
  • Allez avant même que vous ne lisiez cet article, on vous révèle le cachet des artistes. « Ils acceptent des conditions particulièrement strictes et font des efforts parce que c’est la Folle journée », annonce la directrice de l’événement.

C’est l’un des plus grands festivals de musique classique d’Europe. La 25e édition de la Folle Journée a débuté mercredi soir. Jusqu’à dimanche, pas moins de 2.000 artistes et plusieurs dizaines de milliers de spectateurs sont attendues à la Cité des congrès et au Lieu Unique. La réussite d’un tel événement se passe en grande partie en coulisses. Joëlle Kerivin, la directrice, a satisfait à la curiosité de 20 Minutes.

D’où viennent les gros instruments ?

« Les orchestres voyagent généralement avec leurs instruments qu’ils transfèrent par camions. Pour les petits ensembles ou les solistes, on fait venir des pianos et clavecins de toute la France. Ils sont stockés en lieu sûr à la Cité des congrès et gérés par des professionnels spécialisés. Au total, on assure tout de même pour 1,6 million d’euros d’instruments. »

Qui accorde les principaux claviers ?

« Ce sont des accordeurs professionnels. On en a une quinzaine sur le festival. Il faut accorder plusieurs fois par jour, en fonction de la température et du taux d’humidité, en fonction des préférences des artistes aussi. »

Où répètent les artistes ?

« Les répétitions se font dans les salles de concert inoccupées. Parfois tard le soir, jusqu’à 1h du matin. Compte tenu du volume de concerts, c’est un ballet incessant à gérer. Tout le monde doit arriver au bon endroit au bon moment, un peu comme les aiguilleurs du ciel. Nous mettons aussi à leur disposition une dizaine de salles situées dans le quartier, à Nantes Métropole ou au Conservatoire, par exemple. »

Qui tourne les pages des partitions ?

« Ce sont des tourneurs de pages. Souvent des grands élèves du Conservatoire de Nantes. Ça n’a l’air de rien mais il faut avoir cette capacité à très bien lire la musique et être en phase avec l’artiste qui se produit. C’est très précis. »

Un tromboniste répète dans les coulisses d'une scène de la Folle Journée 2018.
Un tromboniste répète dans les coulisses d'une scène de la Folle Journée 2018. - L.Venance/AFP

Pourquoi n’y a-t-il pas de rappels ?

« Le timing ne nous le permet malheureusement pas. C’est généralement bien compris par les spectateurs et artistes mais, parfois, quand le moment est intense, il y a de la frustration des deux côtés. Heureusement, le concert de clôture permet des rappels. Et puis des échanges sont aussi possibles dans la grande halle. C’est l’une des singularités de la Folle journée. »

Où mangent et dorment les musiciens ?

« On a un espace restauration au premier étage de la Cité des congrès. Artistes et personnel, tout le monde s’y mélange. On délivre près de 9.000 repas par édition. Certains préfèrent aller en ville, c’est comme ils veulent. Pour l’hébergement, tout est pris en charge par la Folle journée. Sur l’ensemble du festival, ça représente environ 2.800 nuitées d’hôtel, sachant qu’il y a des chambres partagées. On ne propose que du 3 ou 4 étoiles. »

Quels sont les métiers invisibles du festival ?

« Les techniciens son et lumière, les régisseurs, les personnes chargées des loges, du maquillage, de la coiffure, de la sécurité… On a aussi des infirmiers pour le public et un pool de médecins pour les artistes. Chaque année il y a des besoins même si ce n’est jamais trop grave. »

Combien gagnent les musiciens pour venir jouer ?

« On ne communique pas sur le cachet des artistes. Ce qu’on peut dire, tout de même, c’est qu’ils acceptent des conditions particulièrement strictes. Ils font des efforts parce que c’est la Folle journée et parce qu’ils savent qu’on pratique une politique tarifaire particulièrement accessible. Ça ne nous a jamais bloqués pour faire venir les artistes que nous souhaitions. »

 

Carnets de voyage, thème 2019

Baptisée « Carnets de voyage », cette 25e édition présentera des œuvres inspirées des pérégrinations de grands compositeurs animés par la découverte du monde : Mozart, Liszt, Mendelssohn, Berlioz, Saint-Saëns… Un peu de plus de 300 concerts sont programmés au total. Quelque 119.000 places, sur les 138.000 mises en vente, sont déjà écoulées. Il reste donc des billets.