Bouches-du-Rhône: De la logistique au cinéma, Provence studio l'épicentre de la filière en Paca

TOURNAGE Olivier Marchetti a transformé d’anciens entrepôts de logistique en studio de cinéma à Martigues, une filière en plein essor dans la région Paca…

Adrien Max

— 

Martine Vassal, présidente des Bouches-du-Rhône, en visite à Provence Studio.
Martine Vassal, présidente des Bouches-du-Rhône, en visite à Provence Studio. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Olivier Marchetti a transformé d'anciens entrepots de logistique en studio de cinéma à Martigues. 
  • Depuis, une véritable synérgie s'est créee avec la naissance d'une école de cinéma, de studio de motion capture, d'ateliers de décors, en plus des paysages naturels qu'offre la région. 
  • La région Paca est la deuxième région de France en terme de tournage, mais d'autres se developpent également comme l'Occitanie. 

D’anciens entrepôts coincés entre l’A55 et le chenal de Caronte à Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Voila le décor de ces studios de cinéma, Provence Studio, créé il y a quatre ans dans d’anciens bâtiments de logistique, sur près de 26.000 m2 entouré d’un terrain de 22 hectares. Un joli terrain de jeu pour Olivier Marchetti, initiateur de ce projet un peu fou.

« J’étais logisticien, mais les entreprises préféraient s’installer sur le port. Je me suis demandé ce qu’on allait bien pouvoir faire de ces bâtiments, puis j’ai eu l’idée de les transformer en studio de cinéma. On en manquait vraiment dans le Sud, c’est d’ailleurs plus le cinéma qui a choisi ces bâtiments », relate Olivier Marchetti.

Une multitude de savoirs faire…

Depuis, Provence Studio ne fait que monter en puissance. Au point d’avoir pas moins de 100 tournages par an : téléfilm américain, clip de rap, publicité, mais aussi Taxi 5, Gaston Lagaffe. Grâce à la concentration de moyens exceptionnels pour la région.

On a des studios, dont le plus grand fait 2.400 m2, mais aussi une zone de cascade, avec nos cascadeurs, à l’extérieur, où beaucoup de scènes de Taxi 5 ont été tournées. On dispose d’une grande zone de stockage, ainsi que d’une zone de 50.000 m2 à l’extérieur où l’on peut recréer des décors grâce à des fonds bleus ou verts, sur des containers », détaille le boss.

Autant d’atouts autour desquels se sont greffés d’autres savoirs-faire, pour finir de convaincre les producteurs de venir tourner en Provence dans cet écosystème. Comme Cinémagis, une école qui forme les cinéastes de demain. « Lorsqu’une production veut venir tourner ici, l’une de leur première question est de savoir s’il y a les compétences techniques. C’est ce à quoi nous formons nos élèves », explique Régis Brun, responsable de la formation sur trois ans.

… et de décors naturels

Mais ce n’est pas tout, Provence Studio dispose de son propre atelier de fabrication de décors, qui s’attelle actuellement à reproduire une morgue. « Il est très difficile d’avoir des autorisations de tournage dans des morgues ou dans des prisons. Avoir nos propres décors, qui sont très demandés dans les films policiers par exemple, est un atout », confirme Olivier Marchetti. Tout comme ce studio son mobile, qui évite aux acteurs de retourner en studio à Paris pour couvrir un bruit d’avion qui se serait glissé lors du tournage. Ou encore l’espace de motion capture, plus qu’à la pointe en la matière.

Tous ces atouts amalgamés par Olivier Marchetti et ses acolytes, couplés aux décors naturels qu’offre la Provence, comme les Alpilles, le port de Marseille, les quartiers Nord, les Calanques, font de Paca, la deuxième région en matière de tournage en France, derrière l’Ile de France. « Je ne pensais pas que ça irait aussi vite, aussi fort et aussi loin », de l’aveu même d’Olivier.

« Une question de volonté politique »

Attention à la concurrence, toutefois, à commencer par la voisine Occitanie qui a raflé le tournage de plusieurs séries l’année dernière.

Tout est une question de volonté politique, recontextualise Olivier Marchetti. Grâce à notre savoir-faire, nous sommes compétitifs en termes de productivité malgré des salaires plus élevés que dans les pays de l’Est par exemple. La différence se fait à travers le fond régional pour le cinéma. Nous sommes la 2e région pour les tournages, mais seulement la 5e en matière de fond octroyé au cinéma », regrette Olivier Marchetti.

Mais la prise de conscience arrive, comme en témoigne la visite de Martine Vassal à Provence Studio. « Ils ne voyaient pas le caractère industriel du cinéma, avec les retombées économiques et les possibilités en matière d’emploi. Le retour sur les aides octroyées peut être multiplié de sept à dix-neuf », avance Olivier Marchetti.

Si la filière cinéma avait été quelque peu oubliée par la présidente du département lors de son plan attractivité, elle semblait avoir changé d’avis à la fin de la visite. « Je vais pouvoir déclarer l’indépendance de la commune de Provence, il y a toutes les capacités dans ce territoire ».