VIDEO. Bordeaux: Le baryton Florian Sempey de retour sur la scène du Grand-Théâtre dans «Le Barbier de Séville»

OPERA Amoureux de Bordeaux et de Rossini, Florian Sempey va interpréter le rôle de Figaro dans «Le Barbier de Séville» à l'Opéra National de Bordeaux jusqu'au 13 février

Mickaël Bosredon
— 
Le baryton bordelais Florian Sempey.
Le baryton bordelais Florian Sempey. — M.Bosredon/20Minutes
  • Ce Bordelais de 31 ans est désormais une figure reconnue sur la scène lyrique internationale.
  • Le Figaro du «Barbier de Séville» est le rôle qu'il chante le plus, à travers le monde entier.
  • A Bordeaux, une dizaine de représentations de cet opéra de Rossini sont programmées, et plus de 10.000 places se sont déjà vendues.

Il est jeune, talentueux, heureux dans sa vie et dans sa ville. A 31 ans, le Bordelais Florian Sempey est de retour sur la scène de l'opéra de Bordeaux dans le rôle de Figaro (qui est joué en alternance avec Anas Séguin) dans l'opéra de Rossini Le Barbier de Séville. La première a lieu ce vendredi, et si vous voulez des places, il faut vraiment se dépêcher, car les quelque 10.000 billets mis en vente pour la dizaine de représentations se sont quasiment tous écoulés en un temps record.

Florian Sempey, qui vit toujours à Bordeaux mais chante désormais à travers le monde, a démarré sur la scène bordelaise non pas par Figaro, mais par Papageno dans La flûte enchantéeLe Barbier de Séville est toutefois arrivé très vite dans la foulée, et dès lors une véritable histoire d’amour a commencé.

Figaro, « c’est le rôle de ma carrière »

« La saison prochaine je ferai un autre Figaro à l’opéra Bastille, et ce sera ma cinquantième représentation du Barbier de Séville, raconte le baryton. C’est le rôle de ma carrière, celui que je chante le plus : il prend jusqu’à 80 % de mon agenda selon les saisons. Et je suis très heureux que les directeurs de théâtre m’associent à ce personnage, de continuer à le faire vivre, avec toute la passion et l’amour que j’ai pour la musique de Rossini. »

Cette passion pour Figaro est née de sa rencontre avec Alberto Zedda, un grand spécialiste de Rossini, qui a dirigé Florian Sempey lors de ses premières représentations du Barbier de Séville à Bordeaux. « J’ai alors découvert la complexité de Rossini, et à la fois toute la poésie que l’on peut trouver dans sa musique. Zedda m’a ensuite invité au festival de Pesaro – la ville natale de Rossini – qui est mondialement connu, c’est comme cela que Figaro était parti, et je l’ai chanté à travers le monde. » Aujourd’hui, Florian Sempey est en effet reconnu sur la scène lyrique internationale.

Le Barbier de Séville, dans la mise en scène de Laurent Pelly, avec Florian Sempey
Le Barbier de Séville, dans la mise en scène de Laurent Pelly, avec Florian Sempey - Vincent Pontet

« Si mes parents ne m’avaient pas acheté le CD de Carmen chanté par Callas, j’aurais pris une autre voie »

Né à Sainte-Foy-la-Grande en Gironde, Florian Sempey a grandi et vécu à Créon, près de Bordeaux. « Dans ma famille, la musique a toujours été omniprésente, se souvient-il. J’ai ces souvenirs de petite enfance où, à la fin des repas, tout le monde prenait son instrument, et on faisait des bœufs. Moi, j’ai commencé par le piano et j’en ai fait dix ans. Mais ce qui m’a amené vers le chant lyrique, c’est la découverte de la voix de Maria Callas. Si mes parents ne m’avaient pas acheté le CD de Carmen chanté par Callas, je pense que j’aurais pris une autre voie, qui aurait été égyptologue. »

Ses cours de chant démarrent au conservatoire de Libourne, où il est inscrit au lycée. « J’ai commencé le chant dans la classe de Françoise Detchnenique, raconte-t-il. Pour un garçon, c’est tout à fait normal de commencer le chant vers 15 ans, au moment où la mue vient de s’enclencher. »

« J’ai fait le cursus du conservatoire de neuf années en trois ans »

En dernière année de conservatoire, Maryse Castets, professeur de chant du conservatoire de Bordeaux, était présente dans le jury de son dernier concours. « Elle m’a dit de venir à Bordeaux, dans sa classe. C’est elle qui a fait fleurir ma voix. J’ai fait le cursus de neuf années de conservatoire en trois ans. A la fin, Isabelle Masset, qui était celle qui décidait qui mettait les pieds sur la scène de l’opéra de Bordeaux, m’a fait passer une audition, puis la direction de l’opéra m’a proposé deux représentations de Papageno. C’est comme cela que tout a commencé. »

Pendant ses études au conservatoire, Florian Sempey a la particularité d’occuper également le rôle d’appariteur à l’opéra : « je vendais les programmes, je plaçais les gens… Du coup, je connais ce théâtre sous toutes ses coutures. Moi, je me voyais passer ma vie ici, dans ce théâtre. Je ne me voyais pas faire cette carrière internationale. »

« Bordeaux me manquait »

A l’âge de 20 ans, il entre à l'Atelier lyrique de l'opéra de Paris, et il y passe deux ans pour consolider certains aspects du chant. « Ensuite, en 2012, je suis rentré ici parce que Bordeaux me manquait, et entre-temps j’avais trouvé un agent qui m’avait trouvé des auditions pour différents opéras en France et à l’étranger. »

Mais c’est évidemment à Bordeaux qu’il aime le plus se produire. « Il y a une âme dans ce théâtre et j’y ai toujours chanté dans la joie et la bonne humeur. Je chante beaucoup à l’opéra Garnier et à l’opéra Bastille, mais sur la scène de Bordeaux, je suis dans ma maison de cœur. »

 

Le Barbier de Séville de Rossini, mis en scène par Laurent Pelly. Direction musicale: Marc Minkowski et Marc Leroy-Calatayud. Du 1er au 13 février à l'opéra de Bordeaux. 2h20 environ.