Mark Zuckerberg veut fusionner les messageries d'Instagram, WhatsApp et Facebook

PLATEFORMES L'innovation «Whatstabook», qui unifiera les trois applications, touchera près de 2,6 milliards d'utilisateurs cumulés...

Marie-Laetitia Sibille

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Début 2020 au plus tard, un utilisateur d'Instagram pourra communiquer directement avec un autre de Facebook ou WhatsApp.
Début 2020 au plus tard, un utilisateur d'Instagram pourra communiquer directement avec un autre de Facebook ou WhatsApp. — ARUN SANKAR / AFP

Facebook détient deux messageries très populaires, WhatsApp et Messenger, ainsi qu’Instagram Direct. Le groupe a racheté cette dernière en 2012, WhatsApp en 2014, alors que Messenger a été conçue en interne. Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, souhaite que ces trois applications (qui accueillent 2,6 milliards d’utilisateurs cumulés par mois) soient repensées pour partager la même infrastructure technique. Baptisé « Whatstabook », ce vaste projet devrait être finalisé début 2020 au plus tard, selon les informations du New York Times.

La technologie du cryptage

« Nous voulons créer les meilleures expériences de messagerie possibles, et les gens veulent que ce soit rapide, simple, fiable et privé », souligne Facebook dans un communiqué. « Nous réfléchissons à des moyens pour rendre plus facile la communication avec familles et amis via tous les réseaux. » Concrètement, chacune de ces applications restera indépendante, mais un utilisateur d’Instagram pourra communiquer directement avec un autre de Facebook ou WhatsApp.

Cette fusion des trois infrastructures en une doit aussi permettre d’étendre la technologie de cryptage de WhatsApp aux messageries de Facebook et Instagram. Il s’agit d’un chiffrement de bout en bout signifiant que, lorsqu’un message est envoyé, seul le destinataire final peut le décrypter et le lire. Cette technique assure la confidentialité des correspondances privées.

Problématiques éthiques

Il s’agit quoi qu’il en soit d’un vrai défi, vu les différences fondamentales qui existent aujourd’hui entre les trois messageries. Uniformiser la base technique de ces trois applications indépendantes devrait mobiliser plusieurs milliers de personnes cette année.

En interne, ce rapprochement interroge. De nombreux salariés sont sceptiques, estimant que les bénéfices d’une telle fusion seront maigres, comparé au défi technique et aux problématiques éthiques. Car lors du rachat de WhatsApp, l’indépendance de l’application avait été consacrée. Les créateurs ont toujours tout fait pour limiter la collecte de données, la protection de la vie privée faisant partie de l’ADN de WhatsApp. Cette plateforme a d’ailleurs besoin de très peu d’informations personnelles pour fonctionner, comparé aux autres applications de l’écosystème Facebook. Cette même promesse d’autonomie avait été faite à Kevin Systrom et Mike Krieger, les fondateurs d’Instagram, lors de son acquisition par Facebook.

Cette réunification des messageries pourrait permettre à Facebook de renforcer son modèle publicitaire, en consolidant la collecte de données et en créant de nouvelles solutions pour les entreprises.