VIDEO. On a visité l’incroyable exposition Batman au festival d'Angoulême

COMICS Le festival de la BD d’Angoulême consacre une exposition « immersive et ludique » à l’homme chauve-souris, qui fête ses 80 ans en 2019…

De notre envoyé spécial à Angoulême, Olivier Mimran

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Détail de l'affiche annonçant l'exposition Batman à Angoulême
Détail de l'affiche annonçant l'exposition Batman à Angoulême — © F. Miller, DC Comics, Urban Comics & 9eArt+
  • Co-organisée par Warner Bros., DC Comics et Urban Comics, l’exposition Batman consacre l’un des héros les plus populaires de la pop culture.
  • On y découvre, dans des salles thématisées, les lieux et les personnages les plus emblématiques de l’univers du « Dark Knight » (Chevalier Noir, en français).
  • Quelques heures après son ouverture, la file d’attente pour l’exposition est « de loin la plus importante de tout le festival », selon ses organisateurs.

La BD franco-belge va-t-elle s’en remettre ? Les vedettes du festival d’Angoulême cette année, il faut les chercher sur d’autres continents. Le Japon, car c’est une mangaka, Rumiko Takahashi, qui a été couronnée Grand Prix 2019. Et les Etats-Unis, via un personnage 100 % américain, Batman, dont les 80 ans ont inspiré l’une des plus ambitieuses – et admirables – expos jamais proposées sur les bords de la Charente. 20 Minutes l’a visitée en avant-première mercredi, et ne s’en est toujours pas remis.

 

« Waow ! », s’exclament systématiquement les visiteurs en pénétrant l’exposition. Les organisateurs ont bien fait les choses : le caractère immersif de leur travail est un modèle du genre : on entre d’abord dans un décor de ruelle sordide, mal éclairée, jonchée çà et là de sacs-poubelle, de vieux mégots – factices - et fréquentée par quelques rats – factices eux aussi. En fond sonore, des cris étouffés, des coups de feu et, au loin, le ouin-ouin caractéristique des sirènes de police américaines.

Des reproductions grandeur nature

« C’est trop triste », déplore sincèrement Maxence, un jeune visiteur de 9 ans qui vient d’apercevoir, protégées par un cordon « do not cross » et peintes au sol, les silhouettes désarticulées des parents de Bruce Wayne… Oui, on assiste bien, grandeur nature, à la scène qui est à l’origine du mythe de Batman !

Les salles qui suivent sont à l’avenant, du « Manoir Wayne » d’où l’on s’attend sans arrêt à voir surgir Alfred, le cultissime majordome de Bruce Wayne, à une batcave plus vraie que nature avec son bat-logo au sol, un pupitre équipé de multiples écrans, un plafond (de carton-pâte ?) qu’on croirait vraiment taillé dans la roche et même, là, au fond, un costume de Batman prêt à être enfilé… « C’est impressionnant de réalisme, on se croirait dans un film », s’enthousiasme Mégane, la maman de Maxence.

Une richesse qui époustoufle même les spécialistes

Le parcours mène ensuite dans une salle consacrée aux déclinaisons animées de l’univers de Batman (avec un commissaire Gordon projetant son bat-signal dans le ciel de Gotham City), puis un couloir figurant l’asile d’Arkham (Arkham Asylum en VO) dans les cellules duquel croupissent de célèbres ennemis de l’homme chauve-souris – oui, oui, le Joker est bien là). « C’est époustouflant, nous confie un journaliste américain. J’ai déjà vu des expos consacrées à Batman aux Etats-Unis, mais jamais d’une telle richesse » ; enfin, une vaste salle sur les murs de laquelle s’exposent des planches originales signées des plus grands noms du comics américain (parmi lesquels Frank Miller, présent et qui a reçu hier un Fauve d’honneur du festival d’Angoulême)… et même d’un français, le regretté Denis Sire, disparu il y a quelques jours à peine.

En sortant, un peu étourdi, de ce concentré d’imaginaire, on ne peut qu’applaudir l’hommage rendu à cette icône de la pop culture qu’est Batman. Et constater que ce personnage, créé en 1939 par Bob Kane et Bill Finger et souvent présenté comme « l’une des figures littéraires les plus importantes issues du XXe siècle » continue, 80 ans plus tard, à fasciner un public chaque jour élargi.

« Je l’adore parce que c’est le seul super-héros qui n’a pas de pouvoirs, rappelle doctement le jeune Maxence. C’est juste un humain super-fort, alors on peut tous se dire qu’on pourrait être comme lui. » Telles sont les probables raisons de l’immense popularité de Batman, à qui cette incroyable exposition rend admirablement justice…


20 secondes de contexte


L'envoyé spécial de 20 Minutes au festival d'Angoulême a visité l'exposition Batman avant son ouverture au public, et en compagnie de journalistes et de quelques privilégiés (parmi lesquels nos témoins, Maxence et sa maman). Il n'a pas pu admirer la Batmobile grandeur réelle qui n'était pas encore garée à la sortie de l'exposition.