VIDEO. «Or Noir 3»: Et si le dernier album de Kaaris était en fait une déclaration d'amitié à Booba?

RAP Le Dozo sort son nouvel album « Or Noir 3 » ce vendredi…

Clio Weickert

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Kaaris présente son nouvel album «Or Noir 3».
Kaaris présente son nouvel album «Or Noir 3». — FIFOU
  • Dans Or Noir 3, Kaaris propose un condensé de punchlines plus ou moins bien senties, tantôt très drôles, tantôt exceptionnellement obscènes.
  • 20 Minutes a essayé de lire entre les lignes de ses nouveaux titres.

Avec ces histoires « d’octogones sans arbitre, sans règles », on en aurait presque oublié l’activité principale des castagneurs d’Orly. Mais si Booba et Kaaris  ont passé tout leur début d’année à se chercher des noises via Instagram et à organiser « le combat du siècle », les deux artistes n’ont pas mis pour autant leur rap en sourdine. La preuve, ce vendredi, le Dozo présente son nouvel album, Or Noir 3. Un condensé de punchlines plus ou moins bien senties, tantôt très drôles, tantôt exceptionnellement obscènes. Qu’on aime ou non le rap de K2A, on ne peut pas lui enlever une certaine virtuosité dans le maniement de la langue française.

Et sur le fond ? Profondément pacifique, 20 Minutes rêvait d’un règlement de comptes à la loyale, non pas à coups d’uppercuts, mais de punchlines. Au final, Kaaris livre un album bien plus profond qu’il n’y paraît, et signe une (presque) chanson d’amour pour Booba.

Bis repetita

On ne va pas se mentir, dès les premières minutes d’écoute on guettait à chaque phrase la petite référence qui allait nous replonger en plein duty free d'Orly, entre deux vols planés d’Allure Homme. Il aura fallu attendre le septième titre, Aieaieouille, un single dévoilé il y a quelques jours.

« Cet été les rues seront vides les prisons seront pleines, personne ne va me coucher à Orly, je suis une légende urbaine », déclare Kaaris, dans une sorte de logique de réassurance psychologique. D’autant que les paroles surviennent dans une comptine moderne pour enfants, aux refrains berçants et câlinants : « Mets plus de jeu sur le yoyo, mets plus de jeu sur le yoyo/elle a du jus dans ses lolos, elle a du jus dans ses lolos. » A noter que le rappeur se répète dans Débrouillard, le titre suivant, expliquant « sur un lit superposé j’attends qu’on me ramène ma gamelle comme un clébard, debout à Orly après la bagarre ». Manque d’inspiration ou expérience traumatisante ? On n’en saura pas plus.

Qui est Galilée ?

Une chose est sûre, Kaaris ne fait pas l’honneur de citer Booba dans son album. Mais on sent tout de même que l’artiste a un peu de mal à se positionner. « Les amis sont devenus faux, les ennemis restent vrais », estime-t-il dans Aieaieouille. Ancien ami, meilleur ennemi, on a un peu de mal à situer B2O dans tout ça. Mais la phrase la plus intrigante se cache peut-être dans l’intro du titre Détails. « Comme une planète sous l’œil de Galilée, j’suis tellement fier que j’dors le poing levé », débite-t-il, partageant visiblement les mêmes références que Marlène Schiappa. Mais que se cache-t-il vraiment sous ces paroles ?

« Si on veut extrapoler, “comme une planète sous l’œil de Galilée”, ça veut peut-être dire qu’il se considère comme tournant autour d’un soleil [Booba ?]. Intéressant… », nous glisse notre chef (à l’esprit un peu malade). Bien entendu, libre à chacun d’interpréter cela comme il entend. Mais quand même…

Vers une belle réconciliation ?

Le climax de l’album intervient à quelques titres de la fin, dans Dévalisé. « Faut pas jouer les dangereux, c’est pas un jeu, j’connais bien les enjeux. J’pense à nous deux, viens on sort du réseau, on s’parle en vrai, j’serais peut-être derrière les barreaux, on se voit après. » Une tentative de réconciliation ? Mais le rappeur brouille très vite les pistes. « Je fais des millions d’euros, des millions sur Vevo, ça touche pas mon ego. J’cours pas après les go, j’m’en bats les os même si son boule est gros, j’pourrais toutes les pécho. Mais avec toi il y a autre chose. » Et Kaaris de poursuivre : « J’compte plus les nuits où j’rêvais qu’on se barrait d’ici, on traverse les portiques avec bagages à main Gucci. » Troublant, non ?

On aurait trouvé ça plutôt chouette, mais le refrain du titre nous a tout de même fait un peu douter. « J’suis vandalisé rends-moi mon cœur, le proc' m’a dit de me canaliser je prends de la hauteur », explique-t-il, ajoutant notamment, « tu seras ma meuf, ma go ». Mais ce ne serait pas la première fois que des artistes s’interpellent entre les lignes de leurs chansons, comme Michel Berger et Véronique Sanson par exemple. Alors soyons fous, osons poser LA question : et si la haine médiatisée des deux rappeurs n’était qu’une grande mascarade ? Et s’il s’agissait finalement d’une belle histoire d’amitié contrariée ?