«Destination Eurovision»: Bilal, Seemone, Badi, Moire… Le «choc des titans» en finale

TELEVISION Samedi soir, sur France 2, la deuxième saison de « Destination Eurovision » livrera son verdict. La première place devrait se jouer entre Seemone, Chimène Badi, Bilal Hassani et Emmanuel Moire. A moins d’une surprise…

Fabien Randanne

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De gauche à droite et de haut en bas : Bilal Hassani, Seemone, Chimène Badi et Emmanuel Moire, quatre des huit finalistes de «Destination Eurovision» 2019.
De gauche à droite et de haut en bas : Bilal Hassani, Seemone, Chimène Badi et Emmanuel Moire, quatre des huit finalistes de «Destination Eurovision» 2019. — GILLES SCARELLA FTV
  • La finale de « Destination Eurovision » sera retransmise en direct sur France 2 dès 21h samedi.
  • Huit artistes sont en lice. Bilal Hassani et Seemone, qui ont gagné leurs demi-finales respectives, sont les deux grands favoris.
  • Le gagnant, qui sera désigné à 50 % par les votes des téléspectateurs et à 50 % par dix jurés internationaux, représentera la France à l’Eurovision en mai à Tel Aviv (Israël).

« Si, en finale, on retrouve Bilal Hassani, Chimène Badi, Seemone et Emmanuel Moire, ce sera le choc des titans. » Cette phrase, glanée vendredi lors des répétitions de la seconde demi-finale se concrétisera ce samedi sur France 2, dès 21h, avec l’ultime rendez-vous de la deuxième saison de Destination Eurovision. Sans vouloir manquer de respect aux autres candidats, il y a fort à parier que la victoire se jouera entre ces quatre chanteurs et même, plus probablement, entre Bilal Hassani et Seemone. Mais impossible n’est pas français et l’on n’est pas à l’abri d’une surprise. « Les téléspectateurs n’aiment pas les histoires écrites à l’avance », prévenait Matthieu Grelier le directeur des programmes d’ITV Studios – la société qui produit le show - début janvier. Le dernier mot sera signé par dix jurés internationaux et par les téléspectateurs dont les votes désigneront la chanson et l’interprète qui représentera la France à l’ Eurovision à Tel Aviv (Israël) en mai. Alors « choc des Titans », « David contre Goliath » ou « coup de théâtre stupéfiant »… A vous de choisir le dénouement !

  • Bilal Hassani, l’ultra-favori

Il a remporté la première demi-finale en arrivant en tête des votes des jurés internationaux et du public et s’impose logiquement comme le grand favori de cette finale. Charismatique et fan de l’Eurovision, Bilal Hassani a le profil du candidat idéal pour représenter la France à Tel Aviv. La star de YouTube connaît parfaitement les rouages des réseaux sociaux, captive l’attention des médias de tous les horizons et il est parfaitement anglophone. On peut donc compter sur l’artiste de 19 ans pour faire exister la France lors de l’Eurovision et dans les mois qui précéderont l’événement.

Lors de sa demie, un problème technique (il n’entendait pas le retour dans son oreillette au début de la chanson) l’avait empêché de livrer une parfaite prestation, mais il a parfaitement su gérer l’impondérable sans se laisser décontenancer. Certains ont déploré que sa mise en scène manquait d’éclat et d’un effet « wahou ». Il aura eu deux semaines avec son équipe pour y remédier et faire en sorte d’irradier à l’écran avec sa chanson Roi.

  • Seemone, l’émotion en pôle position

Gagnante de la deuxième demi-finale, Seemone a fait un grand chelem chez les cinq jurés internationaux qui lui ont chacun accordé la note maximale de 12 points. Samedi dernier, sur France 2, elle effectuait un double baptême du feu, puisqu’il s’agissait à la fois de sa première télé et de sa première scène​. « Je me suis prouvé que j’étais capable de rester vraie », déclarait la jeune femme de 21 ans après sa prestation. Son atout, c’est l’émotion. Avec sa voix délicatement voilée, accompagnée d’une mélodie toute simple au piano et de quelques notes de trompettes, elle a interprété Tous les deux, une ballade dans laquelle elle s’adresse à son « papa ».

Une bulle intimiste, un moment suspendu qui, à l’Eurovision peut aussi bien faire mouche que détonner aux côtés de morceaux plus spectaculaires. Seemone se dit en tout cas prête à défendre les couleurs tricolores aux yeux du monde entier à Tel Aviv. « Le mieux est que j’oublie [le nombre de spectateurs]. Qu’il s’agisse du regard de mon papa ou de 200 millions de téléspectateurs, je pense que la pression est la même », souriait-elle.

  • Emmanuel Moire, la promesse de « l’authenticité »

« Il y a un challenge, un défi, mais pas de risque », affirmait Emmanuel Moire samedi dans les coulisses de Destination Eurovision. Le chanteur mise sur « la sincérité » car selon lui, à l’Eurovision, ce qui touche les gens, « c’est l’authenticité ». « Je ne crois pas aux chansons calibrées pour le concours. Il faut venir avec ce que tu es », dit-il. Dans son morceau, La Promesse, il évoque son homosexualité assumée, la nécessité d’être « fidèle à sa personne ». Un propos appuyé par une chorégraphie au cours de laquelle il interagissait avec deux danseurs.

Les jurés étrangers ont été moyennement séduits mais le public français, lui, a été conquis : Emmanuel Moire est arrivé en tête des votes des téléspectateurs. Si ses aficionados répondent à nouveau présent pour la finale, il peut espérer une nouvelle fois tutoyer les sommets.

  • Chimène Badi relève le gant (de boxe)

Jeudi dernier, au bout du fil avec 20 Minutes, Chimène Badi semblait aussi heureuse que motivée. Déterminée, même. La chanteuse qui appréhende la finale « comme un boxeur » assure qu’elle est prête à supporter la pression que représente une candidature à l’Eurovision.

Deuxième des votes du public en demi-finale, elle n’était que cinquième du classement des jurés étrangers. Mais elle ne s’annonce pas battue d’avance. Elle dit avoir trouvé une bonne idée pour redynamiser sa mise en scène – car lors de sa première prestation, elle chantait Là-haut à l’intérieur d’un cube, sans interagir avec le public. Ses points forts sont son expérience et son mental : Chimène Badi, c’est l’assurance d’une performance carrée, livrée sans trembler.

  • Silvan Areg et Doutson, le match dans le match

Reconnaissons-le, avant les émissions en direct, on n’aurait pas imaginé les retrouver en finale, tant d’autres propositions – éliminées en demies – semblaient plus consensuelles. Pour Silvan Areg Destination Eurovision, c’est « un saut dans le vide sans parachute ». « Je suis en train de voler et j’aime bien cette sensation », plaisantait-il après être sorti de scène. L’artiste a fait forte impression avec une mise en scène aussi simple qu’originale le faisant évoluer au milieu de maquettes en papier.

Sa chanson, Allez leur dire ( précédemment intitulée Le Petit Nicolas), il l’a créée avec… Doutson, qui sera son adversaire en finale avec son morceau Sois un bon fils. Un titre qui s’est qualifié sur le fil pour la finale. Il y aura donc un match dans le match à suivre entre les deux talents lyonnais. Mais Silvan Areg l’assure, entre eux deux, « il n’y a que de l’amour. On se donne de la force. Peu importe ce qui arrivera, on essaie de prendre et de donner de la bonne humeur. »

  • La générosité payante (?) des Divaz

Autre candidature sur laquelle on n’aurait pas vraiment misé en s’appuyant sur la simple écoute de la version studio : La voix d’Aretha par The Divaz. La chanson a un petit côté eighties anachronique, comme une resucée du It’s raining men des Weather Girls, mais une fois en live, le public se prend l’harmonie des trois voix du trio en pleine tête.

Amalya, Sofia Mountassir et Stacey King ont assumé un tableau over the top avec plumes, sequins et gants rouges. C’est spectaculaire, débordant d’énergie et généreux, à l’image des interprètes qui disent avoir en commun avec l’Eurovision « des valeurs de partage ».

  • Le cocktail musical d’Aysat

Pour l’énergie, on peut aussi compter sur Aysat. La chanteuse, sportive dans l’âme, est arrivée dernière des votes du public lors de la première demi-finale, mais elle a particulièrement tapé dans l’oreille des jurés internationaux, qui l’ont classée troisième et lui ont permis de se qualifier pour la finale. La jeune femme n’a donc rien à perdre et tout à gagner à chanter à nouveau Comme une grande, un morceau sur l’égalité hommes-femmes.

« Je suis un vrai mélange, expliquait-elle. Je suis d’origine africaine – même mes parents ne sont pas originaires du même pays, ce ne sont donc pas les mêmes influences musicales -, j’ai grandi dans un quartier où on écoutait beaucoup de hip-hop, puis je me suis ouverte à la black music avant de rencontrer la chanson française avec les textes de Brassens, de Brel, de Ferré. Ma musique ressemble à tout ça. » Un cocktail qui a toute sa place en finale.