VIDEO. Festival d'Angoulême: Pourquoi Jérémie Moreau utilise du jaune poussin pour figurer la lave

COURS DE DESSIN Le dessinateur réalise, dans une vidéo exclusive pour « 20 Minutes », un des paysages volcaniques tirés de « La saga de Grimr », qui a remporté le Fauve d’or du meilleur album en 2018…

Olivier Mimran

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Jérémie Moreau et son album, La saga de Grimr
Jérémie Moreau et son album, La saga de Grimr — Couverture © J. Moreau & Delcourt 2017 / Photo © O. Mimran 2019

« Rien ne m’a jamais posé autant de problèmes que de représenter une éruption volcanique avec fumerolles et coulées de lave », concède Jérémie Moreau, qui a reçu 20 Minutes dans les locaux parisiens de son éditeur (Delcourt) pour raconter comment il a peint sa dernière BD à l’aquarelle.

« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage »

« J’ai raté un tas de dessins avant d’enfin trouver LE truc qui me permettrait de reproduire la luminosité incandescente de la lave en pleine nuit ! ». On imagine l’abnégation dont a dû faire preuve le jeune auteur, car la séquence de fin de La saga de Grimr se déroule… au bord d’un volcan en activité.

Après nous avoir expliqué comment il dessinait - à l’aquarelle, donc - son héros dans une première vidéo puis un paysage enneigé dans une seconde, Jérémie Moreau clôture ses « leçons de dessin » exclusives avec cette scène quasi apocalyptique, dans laquelle on distingue - si, si, approchez-vous - des silhouettes au bord de torrents de lave.

Pastel versus Flashy

« En fait, le secret, c’est d’utiliser un jaune "pétard", presque "poussin" pour la première couche ; ce que je n’osais pas faire au début car avec les aquarelles, on a tendance à éviter les tons trop criards. Mais comme on ne rajoute que des tons plus sombres après, on n’obtient pas l’aspect ardent de la lave si le jaune de départ n’est pas assez flashy ! »

Effectivement, le résultat est bluffant. Non ? Et il rappelle qu’avec l’aquarelle, l’expérimentation est permanente : « C’est ce que je trouve génial et très excitant avec ce matériel, confirme Jérémie Moreau. On doit se mettre dans un état complètement différent de celui, plutôt "tranquille", dans lequel on est lorsqu’on colorise par ordinateur. »