Les dix saisons de «RuPaul's Drag Race» sont sur Netflix: Nos dix raisons de s'y mettre enfin

POP CULTURE Depuis ce vendredi, les dix saisons de cette compétition culte de drag-queens sont disponibles sur Netflix en France…

Fabien Randanne

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Des candidates de
Des candidates de — Mario Santoro/AdMedia/SIPA
  • "RuPaul’s Drag Race" est une compétition de drag-queens lancée à la télévision américaine en 2009 et dont les épisodes sont désormais disponibles en France sur Netflix.
  • L’émission a révélé des candidates aux profils variés et démontré qu’il n’y avait pas qu’une seule manière d’être drag-queen.
  • Ce show culte au sein de la communauté LGBT permet aussi d’évoquer des sujets sérieux tels que l’homophobie, le coming out, la séropositivité…

« Totalement addictif (…). Merci Netflix pour faire de moi ton esclave. » Mardi, Laurence Boccolini était sur son petit nuage après avoir regardé RuPaul’s Drag Race, la compétition de drag-queen qui fête cette année ses dix ans. « Quel dommage qu’on ne puisse pas adapter ce concept ici ! », déplorait l’animatrice de TF1. Qu’elle se console : depuis ce vendredi, l’intégralité des dix saisons de l’émission américaine est disponible sur Netflix. Jusqu’alors, seule une poignée d’épisodes étaient en ligne. Vous n’y avez pas encore jeté un œil ? Voici dix raisons de vous prévoir fissa une séance de rattrapage.

  • Parce que c’est une émission culte

Pour faire simple, RuPaul’s Drag Race (RPDR pour les intimes) est une compétition de drag-queens où, pour atteindre la finale, les candidates doivent assurer des épreuves leur permettant de démontrer leur créativité, leur humour et leur flamboyance. Lancée en 2009, diffusée sur la chaîne américaine Logo TV, puis sur VH1, elle est produite et animée par RuPaul, incarnée par RuPaul Charles, figure de la pop culture américaine et voix du mouvement LGBT, qui a reçu l’Emmy Award de la meilleure présentation de téléréalité en 2017 et 2018. La quatrième saison de l’édition All Stars - réunissant une poignée de candidates emblématiques - est en cours de diffusion (et disponible sur Netflix) et la saison 11 déboulera très prochainement.

  • Parce que c’est une facette de l’univers drag

RPDR prouve au fil des épisodes qu’il n’existe pas qu’une seule manière d’être drag-queen et qu’il ne s’agit pas d’un art figé. Certaines cherchent à incarner une féminité de concours de beauté (Alexis Mateo, saison 3 ; Naysha Lopez, saison 8…), d’autres préfèrent explorer leur excentricité (les délires macabres de Sharon Needles en saison 4, la folie douce de Trixie Mattel en saison 7, l’élégance cérébrale de Sasha Velour en saison 9…). Certaines sont particulièrement fortes quand il s’agit de vanner, d’autres s’illustrent dans le burlesque ou éblouissent par leur sens du style… Attention cependant à ne pas résumer ni limiter l’univers drag-queen à celui de l’émission : en dehors de Netflix, il y a un bon nombre de performers à aller applaudir près de chez vous. A Paris, par exemple, la scène drag-queen est de plus en plus dynamique et de nombreux événements sont organisés tout au long de l’année.

  • Parce que certaines drags sont devenues des stars

Vous avez vu A Star is Born de Bradely Cooper ? Alors vous connaissez déjà Shangela (saison 2…) et Willam Belli, (saison 4) les deux collègues de Lady Gaga dans le bar où elle chante La vie en rose. Si vous avez la chaîne E !, vous pourrez regarder dès le 13 février The Bi Life, une émission de rencontres amoureuses présentée par Courtney Act. Cette drag-queen qui a participé à la saison 6 de RPDR est aussi pressentie pour représenter l’Australie au prochain concours Eurovision. Alyssa Edwards (saison 5) a eu droit à une série documentaire Netflix, Dancing Queen, sur son école de danse et Bianca Del Rio (saison 6) fait le tour du monde avec ses spectacles comiques. Miss Fame (saison 7) est quant à elle devenue égérie de L’Oréal Paris. Il y a une vie après RuPaul’s Drag Race

  • Pour le drama

Si l’émission est à ce point culte, c’est parce qu’en dehors de leurs compétences en stylisme, maquillage et coiffure, les drag-queens ont pour la plupart de forts tempéraments et que cela fait des étincelles. Trahisons et règlements de compte rythment les différentes saisons, où comme dans Koh Lanta, il y a des « gentilles » et des « méchantes » pour lesquelles on adore prendre parti ou non. Ajoutez à cela des changements de règlement qui arrivent sans crier gare (des doubles éliminations, des défis à relever en équipe, des retours de candidates éliminées…) et tous les ingrédients sont réunis pour vous tenir en haleine.

  • Pour l’émotion

Il n’y a pas que des cris dans RuPaul’s Drag Race, il y a aussi des larmes… qui souvent ramènent le spectateur à la réalité. Certaines candidates se livrent à cœur ouvert, à l’instar d’Ongina, qui révèle sa séropositivité au cours de la saison 1, ou de Monica Beverly Hillz qui fait son coming out trans en saison 5… Des témoignages forts qui soulignent que l’émission n’est pas qu’un divertissement. Et puis, bien sûr, il y a de belles histoires d’amitié et de solidarité. RuPaul’s Drag Race est un cœur battant d’humanité.

  • Pour les lip sync

Chaque épisode se dénoue invariablement par un lip sync, autrement dit, par une chanson que doivent interpréter en play-back les deux candidates que RuPaul et les trois jurés l’accompagnant auront estimé avoir été les moins convaincantes de la semaine. Celle qui remporte cette ultime épreuve est sauvée de l’élimination (« Shantay you stay », lui dit alors RuPaul) tandis que l’autre doit « sashay away », autrement dit, décamper. Il n’y a pas de consigne précise pour les lip sync. Il est tout aussi possible de la jouer premier degré, que d’amener sa performance vers la parodie. Il est permis de rester statique ou d’enchaîner roulades et death drop (une fgure périlleuse consistant à tomber de manière spectaculaire sur le dos). En revanche, le port du masque est interdit et il est très mal vu d’enlever sa perruque si ce n’est pas pour révéler l’autre perruque qui se cachait dessous.

  • Pour s’éduquer

Emission culte depuis des années au sein de la communauté LGBT, RuPaul’s Drag Race a fini par devenir familière du grand public, notamment via sa mise en ligne sur Netflix. Pour beaucoup de spectateurs, elle est un moyen de prendre conscience de la diversité des expériences des personnes homos, bis et/ou trans. D’un épisode à l’autre, les candidates évoquent les questions du coming out, de l’homophobie, de la transphobie, des agressions dont elles ont été victimes, etc. Un aspect qui aide aussi les principaux concernés. « Grâce à cette émission, j’ai pu faire la paix avec mon homosexualité. J’ai arrêté complètement de chercher la validation d’autrui. Cela m’a montré l’importance d’être et de se sentir libre. Libre d’être qui on est, qui l’on veut être », expliquait l'an passé à 20 Minutes l'un des fans du programme.

  • Pour enfin comprendre les gifs

Si vous utilisez régulièrement les réseaux sociaux, vous avez forcément vu passer des gifs tirés de l’émission. Comme par exemple RuPaul saisissant ses jumelles en disant « I can’t wait to see how this turns out » (« J’ai hâte de voir comment ça va se finir ») ou Bianca Del Rio s’exclamant « Not today, Satan, not today » (« Pas aujourd’hui, Satan, pas aujourd’hui ») manière de dire qu’elle n’est pas d’humeur à ce qu’on l’ennuie. Au fil des visionnages, vous découvrirez le contexte de ces gifs animés, ce qui leur donnera une nouvelle dimension.

  • Parce que la saison 1 est à part

Parmi les fans de RPDR, il y a deux écoles. Ceux qui pensent qu’il faut découvrir le show de manière chronologique, dans l’ordre des saisons. Et d’autres qui suggèrent de ne pas commencer par la saison 1. On vous laisse choisir votre camp. La première saison, outre le fait qu’elle ne bénéficiait pas du même budget que les autres, se démarque par l’espèce de filtre nébuleux qui s’étale sur chaque image. Un effet de flou que l’on ne retrouve pas dans les saisons suivantes mais qui peut déstabiliser. Il n’empêche que cela lui donne un charme particulier…

  • "Parce que si vous ne vous aimez pas…

… Bon sang, comment voulez vous aimer quelqu’un d’autre ?"
C’est la phrase avec laquelle RuPaul conclut chaque épisode. Une formule pleine de sagesse que l’on serait bien inspiré de faire nôtre au quotidien.

 

  • Ils ou elles

Cet article a été écrit en utilisant le féminin pour désigner les candidates, car elles sont évoquées ici sous leur identité de drag-queens. Les participantes de RuPaul’s Drag Race sont majoritairement des hommes gays et des femmes trans, si l’on parle de ces artistes « en civil », il conviendra donc d’employer le masculin pour les premiers et le féminin pour les deuxièmes.