Chimène Badi «aborde la finale de "Destination Eurovision" comme un boxeur»

INTERVIEW Chimène Badi, qui sera en finale de « Destination Eurovision » samedi sur France 2 revient pour « 20 Minutes » sur ses motivations et ses espoirs…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Chimène Badi lors de la première demi-finale de «Destination Eurovision» 2019.
Chimène Badi lors de la première demi-finale de «Destination Eurovision» 2019. — GILLES SCARELLA FTV
  • Chimène Badi est l’une des huit artistes qui participent à la finale de « Destination Eurovision » ce samedi, dès 21h, sur France 2.
  • La chanteuse, arrivée deuxième de sa demi-finale a « évidemment » envie de gagner et se sent « prête » à représenter la France à l’Eurovision en mai à Tel Aviv (Israël).
  • Au cas où elle ne remporterait pas « Destination Eurovision », elle assure que cette expérience restera positive pour elle, notamment parce que le public a répondu présent.

 

Une voix solide et un mental d’acier. Chimène Badi a démontré lors de la première demi-finale de Destination Eurovision le 12 janvier, qu’elle n’était pas là pour faire de la figuration. Elle ne le sera pas davantage ce samedi soir en finale de l’émission de France 2 où face à sept autres artistes, elle tentera de décrocher son ticket pour défendre les chances tricolores à l' Eurovision à Tel Aviv (Israël), en mai avec sa chanson Là-haut. La chanteuse de 36 ans n’attend que ça. « Je sais que c’est un grand concours international, qu’il faut être armée pour gérer une telle pression et je me sens prête », assure-t-elle à 20 Minutes.

Au sortir de scène après votre prestation dans « Destination Eurovision » vous étiez visiblement très émue. Cela reste une émotion très forte aujourd’hui (l’interview a été réalisée jeudi) ?

Toujours. J’ai du mal à m’en remettre. Cela fait longtemps que je n’avais pas chanté avec autant d’envie. C’est assez fou parce que mes proches qui me connaissent par cœur m’ont dit que ça faisait longtemps qu’ils ne m’avaient pas vu chanter comme ça. Il y a eu un truc de très particulier qui s’est passé en moi. J’étais super heureuse de cette sensation car, comme je le dis depuis le départ, je me suis lancée dans cette aventure pour ressentir tout ça de nouveau, pour vibrer. C’est exactement ce qu’il s’est passé. Je me rends compte, avec le temps qui passe, que j’adore chanter mais que j’aime l’idée qu’il y a quelque chose à défendre derrière. Comme une espèce de défi à relever. J’avais l’impression que c’était la première fois que je devais aller chercher le public. C’était assez cool.

Dans le court reportage qui a précédé votre prestation dans « Destination Eurovision », vous évoquez l’insuccès de votre album « Au-delà des mots ». Vous n’avez pas eu peur de jouer cartes sur table ?

Non, ce serait terrible d’en avoir peur. Cet album n’a pas rencontré son public mais avoir peur de le dire c’est… Dans la vie, je suis comme ça, je joue cartes sur tables comme vous l’avez dit. Je suis cash, je l’ai toujours été, ça fait partie de ma nature et la changer ça m’est impossible. Je n’ai pas envie de cacher les choses, ni aux médias, ni aux gens qui m’entourent. Si je me suis lancée dans cette aventure, c’est d’abord parce que je voulais relever le défi, pour savoir où j’en suis avec la musique et avec ce que ça me procure et pour savoir où on en est le public et moi. Pour moi, j’ai répondu aux trois questions.

Vous avez senti qu’il s’était passé quelque chose auprès du public et de la profession après votre prestation ?

Vous imaginez bien que oui (rires)…

Mais je veux que vous me le disiez !

(Rires) Effectivement, c’est comme ça, les choses se font de cette manière quand à un moment donné il se passe un truc, vous le sentez et votre équipe autour de vous le sent et le milieu aussi. Je pense que j’ai fait de belles prestations [lors de l’émission, elle a aussi chanté Je ne regrette rien], que le public a montré un élan, une envie de m’entendre de nouveau. C’est sûr que ça fait du bien et que cette magie-là, on ne la vit pas fréquemment.

Vous êtes arrivée deuxième de votre demi-finale, derrière le favori Bilal Hassani. Vous pensez pouvoir inverser la tendance pour vous imposer en finale ?

C’est marrant, depuis que j’ai commencé cette aventure, j’ai l’impression qu’on nous parle comme si on était de grands sportifs qui allions monter sur un ring. Je trouve ça génial (rires). Comment j’aborde la finale ? Comme un boxeur ! (rires)

Prête à monter sur le ring ?

Tout à fait ! L’image est sincère, il faut savoir que j’ai toujours rêvé de faire de la boxe. L’idée de monter sur le ring et de tout donner, c’est quelque chose que j’aime. Donc, du coup, bien sûr que j’appréhende la finale. Rien n’est gagné. On entend toujours parler des pronostics, ça fait partie du jeu pour toutes les compétitions, mais il y a souvent des surprises ou non. Je n’en sais rien… Je vais rester dans la continuité de ce que j’ai fait en demi-finale, avec bien sûr une évolution. Je travaille sur la scénographie, je pense qu’il fallait lui apporter quelque chose et je crois avoir trouvé la bonne idée. Je resterai sur ma lignée, authentique, celle que les Français connaissent et j’espère de tout mon cœur qu’ils auront autant envie que moi que je représente la France à l’Eurovision.

A vous entendre, j’ai l’impression que « Destination Eurovision » vous fait un bien fou et que, quel que soit le résultat final, vous n’aurez aucun regret…

Vous avez tout compris. On est complètement d’accord. J’ai envie de gagner, je ne vais pas vous dire le contraire, parce que ça me fait vibrer de penser que le public puisse voter pour moi et me donne la responsabilité de porter la France à l’Eurovision. C’est quelque chose qui pourrait me donner des ailes, je me connais, je sais comment je suis, comment je réagis derrière mon micro. Je sais que c’est ma place, que je ne triche pas, que je ne vis que pour chanter, c’est vital. Mais si je ne gagne pas, je sais que j’aurais vécu des moments de dingue, que je prépare un album de ouf, que je partirai en tournée en juin après avoir terminé [la tournée] Méditerranéennes avec Julie Zenatti et que le public aura répondu présent de toute façon pendant cette demi-finale. Pour moi, c’est la plus belle des récompenses. Si le jury international avait voté pour moi mais que le public ne m’avait pas montré qu’il était là, ça aurait été très violent.

Lors de la première demi-finale, Florina n’a reçu aucun point des jurés internationaux, chose qu’elle a très mal vécue. Vous la comprenez ?

Florina était juste à côté de moi pendant l’annonce des résultats. Je peux vous dire que c’est très dur pour elle, vraiment, et que j’ai eu beaucoup beaucoup beaucoup de peine pour elle. C’était violent parce qu’elle a une très bonne chanson - je pense que c’était l’une des plus grosses chansons de cette sélection de Destination Eurovision - et parce que c’est une jeune femme qui a peu d’expérience et que sa prestation ne méritait pas de ne recevoir aucun point. Je lui ai envoyé un petit mot via les réseaux sociaux. J’ai trouvé ça dur. C’est pour cela que je dis qu’il faut être prêt, parce que l’Eurovision c’est pire, ça n’a rien à voir, c’est un niveau au-dessus. Il faut avoir confiance en soi et se dire - et j’en suis sûre parce que c’est ma carrière qui m’a appris à le comprendre - qu’au sortir de sa prestation on a été bon quoi qu’il arrive. Et ça, c’est pas gagné, croyez-moi.