«Dragon Ball», «One Piece», «My Hero Academia»... Ces statues manga belles mais chères (mais belles)

GOODIES Les «goodies» sont une manière de continuer à vivre sa passion, et le marché des figurines et statues est en plein essor avec des pièces toujorus plus grandes, plus belles, plus chères...

Vincent Julé

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Broly plus fort que Goku ? C'est le sujet du film «Dragon Ball Super - Broly» et d'une impressionnante statue Tsume Art
Broly plus fort que Goku ? C'est le sujet du film «Dragon Ball Super - Broly» et d'une impressionnante statue Tsume Art — Bird Studio / Shueisha, Toei Animation

Des jouets Happy Meal aux figurines Funko Pop, la pop culture est partout, surtout dans les produits dérivés. Les goodies sont, et ont toujours été, une extension des passions, une manière de continuer à les vivre une fois le film, livre, disque, jeu, ou manga terminé. Netflix a même récemment sorti une série documentaire au titre évocateur, The Toys that made us, sur les jouets Star Wars, Star Trek, Maître de l’univers, G.I. Joe… Ce n’est pas un hasard.

L’ère du tout dématérialisé s’accompagne d’un mouvement inverse, mais non contradictoire, de l’objet, du physique, avec le retour du vinyle, la multiplication des éditions collector et un marché florissant de la figurine, qui s’invite dans les boutiques, les salons, et même au festival de la BD d’Angoulême.

« Je préfère une super statue à plein de petites figurines »

De l’incontournable et américaine Sideshow Collectibles pour les comics et les blockbusters à Leblon Delienne pour plus de BD franco-belge en passant par Good Smile Company pour la japanime, plusieurs entreprises se partagent les pays, les licences et les fans.

Cyril Marchiol en est un. « Je baigne dans les mangas depuis tout petit, grâce à mon grand frère, raconte le directeur général de la société luxembourgeoise Tsume Art. Après des études d’électricien, j’ai senti qu’il y avait quelque chose à faire sur le marché de la figurine et j’ai créé ma boîte d’import. Pendant quatre ans, j’ai ainsi représenté une marque japonaise, qui faisait par exemple des produits Berserk. Mais moi, je me demandais surtout pourquoi il n’y avait pas plus de Dragon Ball, Saint Seiya, Naruto… Ni de statuettes en résine, ou de grosses productions. Les petites figurines, c’est cool, on s’entend. Mais je préfère avoir une super statue avec une super scène à plein de petites. »

«Par la fureur du dragon»... L'attaque mythique de Shiryu dans «Les Chevaliers du Zodiaque»
«Par la fureur du dragon»... L'attaque mythique de Shiryu dans «Les Chevaliers du Zodiaque» - Masami Kurumada/Shueisha, Toei Animation

L’exigence japonaise

Après avoir trouvé sculpteurs, peintres, passionnés, l’entrepreneur se lance : « C’était aussi le début de la sculpture numérique, on pouvait donc travailler à distance, plus vite, sans faire 50 allers-retours sur un prototype. Les ayants droit japonais ont été surpris puis rassurés, eux qui ont une très très haute exigence. ».

Cyril Marchiol a donc dû aller chercher les licences une par une, pièce par pièce. « Des choses existaient déjà sur le marché, bien entendu, continue-t-il. Mais rien, ou presque, n’atteignait ce niveau d’ambition. Certains étaient curieux de tenter l’expérience avec nous, et d’autres nous regardaient de travers. »

«My Hero Academia», manga phénomène du moment et nouvelle licence chez Tsume Art
«My Hero Academia», manga phénomène du moment et nouvelle licence chez Tsume Art - K. Horikoshi / Shueisha, My Hero Academia Project

Des pièces impressionnantes, limitées, chères

Par ambition, chaque statue demande des années de fabrication, sort en édition limitée avec précommandes (donc de quoi faire jouer l’argus), et envoie du lourd en visuel, taille et prix. « Chaque œuvre doit représenter non seulement un personnage mais aussi un moment culte, qui le résume au mieux. Un diorama où l’on peut ressentir l’émotion et l’énergie du manga ou de la série. Sinon, ce n’est pas la peine. »

Citons Broly le super guerrier contre Goku à l’échelle 1/4, un tirage à 2.000 exemplaires et un prix de 999€. Ou Zoro de One Piece en pleine attaque tornade dans une édition limitée à 800 exemplaires et déjà épuisée. Et enfin l’impressionnant hommage au manga Berserk de Kentaro Miura, un diorama de près d’un mètre à 1.599€.

«Berserk», un diorama de près d'un mètre et pièce maîtresse du fabricant Tsume Art
«Berserk», un diorama de près d'un mètre et pièce maîtresse du fabricant Tsume Art - Kentarou Miurai (Studio Gaga) Hakusensha / Berserk Film Partners

« Ce n’est pas qu’un produit, c’est aussi une histoire »

La date de livraison de cette pièce de collection est prévue pour 2020, car, une fois le dessin prêt, il faut trois à six mois de sculpture, un autre mois de peinture, puis le moule, les découpes, les retouches et les vérifications pour que le prototype fait à la main et ceux d’usine correspondent à la perfection.

Le prix est évalué en fonction du travail cumulé, des matériaux utilisés, de la taille et bien sûr de la valeur de la licence elle-même. Un investissement financier pour les fans, à partir de 250€, auquel Tsume Art répond par un work in progress au long cours, fait d’images, de vidéos, d’unboxing. « Ce n’est pas qu’un produit, affirme Cyril Marchiol, c’est aussi une histoire, une communauté, la transmission d’une passion. »

Des fans investis

Difficile de lui donner tort lorsque 650 fans se sont réunis pour les cinquièmes Tsume Fan Days en mai dernier, un week-end de rencontres, de jeux et d’annonces. Laurianne est l’une d’entre eux, cette fan de Saint Seiya et « maniaque du détail », est tombée sur la statue d’Ikki en soldes dans une boutique et a depuis « pris le virus ».

Elle a revendu ses autres figurines pour acheter presque uniquement du Tsume Art, surtout sur les shônen : Bleach, Naruto… « Je n’ai pas beaucoup d’autres passions, je ne fais pas de shopping, et j’ai la chance d’habiter une maison, j’ai la place », plaisante-t-elle.

Oliver, lui, vit en appartement, mais il est menuisier et fait ses propres caissons pour organiser son espace. « J’ai mis le temps avant de me lancer, précise-t-il. C’est un sacré investissement. J’ai donc choisi de me focaliser sur One Piece, j’achète également des créations d’autres fabricants, chacun a sa vision. » Et il s’est découvert une autre passion : « Je me suis mis à la sculpture numérique et à la peinture. »