«Destination Eurovision»: Que le public vote ou se taise à jamais

TELEVISION Le titre de cet article est (peut-être) un chouïa exagéré mais il n’en demeure pas moins que les téléspectateurs de la sélection de France 2 pour l’Eurovision auront leur mot à dire...

Fabien Randanne

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De gauche à droite, les jurés de «Destination Eurovision 2019», Christophe Willem, André Manoukian et Vitaa, et le présentateur de l'émission, Garou.
De gauche à droite, les jurés de «Destination Eurovision 2019», Christophe Willem, André Manoukian et Vitaa, et le présentateur de l'émission, Garou. — Benjamin DECOIN- FTV/ ITV / Nathalie Guyon - FTV
  • «Destination Eurovision» est l’émission mise en place par France 2 pour désigner l’artiste qui représentera la France à l’Eurovision en mai.
  • Neuf candidats participent à la première demi-finale, diffusée ce samedi, en direct, dès 21h.
  • Les votes du public compteront pour 50 % du résultat final.

A vos SMS, prêts ? Votez ! Le coup d’envoi pour l’Eurovision sera donné ce samedi, dès 21h, en direct sur France 2. Neuf candidats seront en lice pour la première demi-finale de Destination Eurovision. Seuls quatre d'entre eux décrocheront leur ticket pour la finale. Et rebelote la semaine suivante avec neuf autres artistes prêts à aller défendre les chances tricolores lors de la 64e édition du grand raout musical organisé en mai à Tel Aviv (Israël). C’est aux téléspectateurs - et à un panel de jurés internationaux -que revient la lourde charge de désigner le chanteur, la chanteuse ou le groupe qui sera investi de cette mission.

Que ceux qui n’auront pas fait entendre leur voix ne viennent pas se plaindre : cette année, le public peut donner son avis dès les demi-finales alors que l’an passé, il n’avait la possibilité d’exprimer ses préférences que lors de la finale de l’émission de France 2. « C’était la première de Destination Eurovision. Enregistrer les demi-finales était une manière de sécuriser les choses, justifie Matthieu Grelier, le directeur des programmes d’ITV Studio, qui produit le show. Mais on avait un goût d’inachevé. » C’est pour cela que les trois soirées de la sélection 2019 seront intégralement en direct. « C’est plus lourd à mettre en place et c’est plus coûteux, mais c’est plus excitant », affirme le producteur.

« Les Français n’aiment pas les histoires écrites d’avance »

C’est aussi un moyen d’impliquer les téléspectateurs dans le processus, de l’inciter à se prendre au jeu et à soutenir ses chouchous. N’empêche, sur les réseaux sociaux, un paquet semble penser que les jeux sont déjà faits. Certains promettent la victoire à Chimène Badi ou Emmanuel Moire parce qu’ils sont les plus célèbres des dix-huit candidats, d’autres imaginent mal ne pas voir s’imposer Bilal Hassani dont le clip de la chanson Roi affole le compteur de vues sur YouTube.

« Le principe d’un concours, c’est que rien n’est joué d’avance, réplique Steven Clérima, le nouveau chef de la délégation française à l’Eurovision. L’an dernier, les pronostics donnaient Lisandro Cuxi vainqueur de Destination Eurovision et il n’a pas pour autant gagné. C’est un outsider, Madame Monsieur, qui a brillamment remporté la compétition, en arrivant premiers du vote du public. » Et pourtant, le duo qui s’est imposé avec sa chanson Mercy était loin d’avoir la notoriété de Lisandro Cuxi qui avait remporté The Voice quelques mois plus tôt.

« Je pense que les téléspectateurs sont fins, intelligents et qu’en France, on n’aime pas les histoires toutes faites, écrites à l’avance, reprend Matthieu Grelier. Samedi, il y a des millions de personnes qui vont découvrir les candidats, s’intéresser, se motiver et réagir en direct. Et on ne sait pas du tout pour qui ils vont voter. »

Si chaque voix du public comptera, elles constitueront 50 % du résultat final. Les 50 % restant reposant dans les suffrages de jurés internationaux. Ils seront cinq ce samedi et le suivant et vingt pour la finale. Leurs votes peuvent confirmer les choix des téléspectateurs comme ils peuvent les contrebalancer.

« Les jurés internationaux voteront en leur âme et conscience »

Peut-on se fier à eux ou doit-on craindre qu’ils sabotent le résultat en filant une foule de points aux candidats les moins convaincants ? « Il faut faire confiance au professionnalisme, à l’intégralité et à la passion des gens sinon on ne fait plus rien, répond Matthieu Grelier. Dans le panel choisi par Steven Clérima et le directeur de casting Bruno Berbéres, il y a des chefs de délégation mais aussi des auteurs, des compositeurs, des artistes qui ont écrit ou chanté à l’Eurovision. Dans les différents échanges que j’ai eus avec eux, je n’ai jamais senti qu’il pourrait y avoir une double lecture ou des votes mal intentionnés. »

Et le directeur des programmes d’ITV Studios d’insister : « Je n’ai aucun doute sur le fait qu’ils voteront en leur âme et conscience en essayant de désigner la meilleure chanson. Car meilleures les chansons seront, meilleur le show sera, et plus l’Eurovision sera regardé, plus il sera pérenne. »

Seule certitude : le trio de jurés français - Vitaa, Christophe Willem et André Manoukian -, lui, donnera son avis sur les chansons mais ne distribuera aucun point. A moins, évidemment, qu’ils ne décident d’envoyer des SMS en scred.

 

Deux fois neuf égale dix-huit

Les neuf artistes qui participent à la première demi-finale sont : Battista Acquaviva, Silvàn Areg, Aysat, Chimène Badi, Florina, Bilal Hassani, Lautner, Mazy et Naestro.
Ceux qui participeront à la seconde demi-finale, le 19 janvier sont :  Tracy de Sá, Doutson, Gabriella, Emmanuel Moire, Noémie, PhilipElise, Seemone, The Divaz et Ugo