Toulouse: L’Etat renonce à acheter un tableau du Caravage découvert dans un grenier

ART Retrouvée en 2014 dans un grenier toulousain, la toile « Judith décapitant Holopherne » voit toujours son attribution au Caravage discutée. Elle devrait être mise aux enchères…

20 Minutes avec AFP

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L'expert Eric Turquin pose devant le tableau du Caravage "Judith et Holopherne", authentifié par des experts, le 12 avril 2016 à Paris.
L'expert Eric Turquin pose devant le tableau du Caravage "Judith et Holopherne", authentifié par des experts, le 12 avril 2016 à Paris. — P. Kovarik / AFP
  • Faute de démarches de l’Etat, le tableau « Judith décapitant Holopherne » devrait être mis aux enchères dans les prochains mois.
  • Cette œuvre découverte en 2014 dans le grenier d’une maison toulousaine a été authentifiée comme une huile du Caravage, mais des doutes demeurent pour certains experts.

Le délai est écoulé depuis novembre 2018. Après le classement du tableau Judith décapitant Holopherne comme trésor national en 2016, l’Etat français avait 30 mois pour acheter cette œuvre attribuée au Caravage. Il ne l’a pas fait et elle devrait donc être vendue aux enchères à la fin du printemps à Toulouse, selon Artprice, société experte du marché de l’art.

Les propriétaires ont fait une nouvelle demande d’obtention d’un certificat d’exportation, qui a été accordée, et la vente peut donc avoir lieu. Une tournée à l’étranger doit d’abord être effectuée pour présenter la toile à d’éventuels acheteurs.

L’Etat a eu « tout le temps pour l’acquérir »

Retrouvée en 2014 dans le grenier d’une maison toulousaine, cette huile de 144 sur 173 cm a été identifiée comme l’œuvre du grand maître italien du clair-obscur (1571-1610) par son « découvreur », le commissaire-priseur toulousain Marc Labarbe, et l’un des plus grands experts français, Eric Turquin.

Selon Artprice, « les propriétaires et le cabinet Turquin ont laissé tout le temps à l’État pour acquérir le Caravage de Toulouse » et « les experts du Louvre avaient été invités à découvrir l’œuvre très vite après sa découverte en 2014 ».

Les raisons pour lesquelles l’État ne s’est porté acquéreur n’ont pas été révélées. Le manque de certitude sur l’authenticité ou la valeur marchande élevée (120 millions d’euros), alors que le budget des musées nationaux est réduit, pourraient avoir joué, selon les experts.

Car d’autres spécialistes doutent que ce tableau ait été peint par le Caravage. L’attribution des toiles au maître italien, qui a réalisé à plusieurs reprises un même sujet en deux versions, et qui a été aussi largement copié, est particulièrement compliquée.

Le doute Louis Finson

Une autre toile Judith et Holopherne du Caravage de 1598 existe déjà. Si les deux tableaux ne se ressemblent guère, la peinture toulousaine, une huile de 144 sur 173 cm, paraît proche d’une œuvre de Louis Finson, peintre flamand travaillant à Naples, connu pour avoir fait des copies de toiles du Caravage.