VIDEO. Trans Musicales de Rennes: Huîtres, rhum coca et crâne de vache.... Les secrets et coups de cœur du boss du festival

MUSIQUE Le festival défricheur fête cette année sa 40e édition avec l’objectif de faire découvrir les talents de demain...

Propos recueillis par Camille Allain

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Le fondateur du festival des Trans Musicales de Rennes Jean-Louis Brossard. Ici le 4 décembre 2018 dans son bureau.
Le fondateur du festival des Trans Musicales de Rennes Jean-Louis Brossard. Ici le 4 décembre 2018 dans son bureau. — C. Allain / 20 Minutes
  • La 40e édition des Trans Musicales de Rennes a débuté mercredi soir.
  • Le cofondateur du festival défricheur Jean-Louis Brossard nous a reçus pour parler de cette édition anniversaire mais aussi de ses souvenirs.
  • Le boss des Trans est un fou de musique. Il va voir tous les concerts du festival chaque année.

A quelques jours du coup d’envoi de la 40e édition des Trans Musicales, Jean-Louis Brossard nous a reçus dans son bureau bardé de disques et de vinyles. Tranquille mais impatient, le fondateur de l'événement a concocté sa 40e programmation en écumant les festivals d’Europe. Toujours à la recherche de la nouvelle pépite musicale. 

Le festival célèbre cette année sa 40e édition. C’est un anniversaire particulier pour vous ?

Non. Enfin si. J’aurai une invitée spéciale mais je ne sais pas si je vais l’annoncer. Il y aura une surprise. Quelqu’un qui est déjà passé, que je vais faire jouer avec d’autres gens.

A la veille du lancement du festival, on vous sent impatient.

J’essaie d’être zen. Je ne veux pas m’éparpiller. Ça m’est arrivé d’être tout feu tout flamme. Par contre, je dors très mal en ce moment. Je suis dans un rythme où je me couche à pas d’heure parce que j’ai eu pendant un mois des concerts presque tous les jours. Je me couche tout le temps à 3 ou 4h du mat’. Alors si parfois je m’endors à 11h30 le soir, je suis debout à 5h du mat’.

C’est quoi votre secret pour rester éveillé jusqu’à 6h30 du matin pendant trois jours ?

La musique c’est un truc qui me porte, et puis je suis quelqu’un qui a beaucoup d’énergie. Je mange des huîtres, un petit rhum coca de temps en temps et puis voilà.

Vous nous confirmez que vous allez voir tous les concerts pendant le festival ?

Oui, je vais tous les voir. J’y arrive. J’arrive à passer d’un hall à un autre assez facilement. Je suis toujours le dernier à partir du Parc-Expo. L’après-midi, je navigue entre l’Ubu et l’Etage, l’Aire Libre j’y vais ce soir [mardi] pour la générale et j’y retourne dimanche pour la dernière.

Le public vient vous voir dans la foule ?

Oui ça arrive souvent. Les gens viennent me dire « salut Jean-Louis ». Je ne les connais pas. Ils me disent simplement merci. C’est sympa.

Vous avez eu quelques difficultés à boucler votre programmation cette année.

Oui, c’est vrai. J’avais quelques trous et j’avais du mal à trouver les artistes qui me plaisaient. Mais les choses sont arrivées. J’ai mis plus de temps, c’était plus difficile. Mais je suis super content à l’arrivée. Il y a des groupes qui n’ont jamais fait un concert.

Tous les ans, le public est présent malgré une programmation pointilleuse. Ça se présente comment cette année ?

Je ne sais pas, on va voir. Les réservations sont plutôt pas mal. Aux Trans, les gens prennent les places au dernier moment. Il faut attendre que les gens touchent leur paye, ils n’ont pas un pouvoir d’achat énorme. Il y a des années où on perdait des sous, d’autres où on équilibrait. Quoi qu’il se passe, on ira jusqu’au bout.

Le groupe Birth of Joy lors de leur passage aux Trans en décembre 2012.
Le groupe Birth of Joy lors de leur passage aux Trans en décembre 2012. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

En 40 éditions, vous avez révélé beaucoup de grands noms comme Nirvana, Björk ou Daft Punk. Certains font-ils votre fierté ?

Oui beaucoup. Portishead, Ben Harper, LCD Soundsystem ou Prodigy. Il y en a des centaines en fait. Mais j’ai aussi été près de la scène rennaise et régionale. Il y a des groupes que j’ai révélés et que j’adore particulièrement comme Gablé, Concrete Knives, Her ou les Juveniles. Cette année, il y aura Praa, Initials Bouvier Bernois. Ça, ça m’importe beaucoup. Et puis il y a d’autres groupes moins connus comme Birth of Joy. Ils ont fait 300 concerts par an après leur venue aux Trans, alors qu’avant, personne ne s’intéressait à eux. Le groupe va s’arrêter. Ils feront leur dernière à l’Ubu.

On peut vous demander vos coups de cœur pour cette 40e édition ?

Il y en a beaucoup. Je pense d’abord à Hubert Lenoir. C’est un chanteur québécois un peu androgyne qui chante en français. Il a fait un très bel album, c’est sa première en France. J’attends beaucoup de Disiz la Peste aussi parce que j’adore son album et j’aime bien le bonhomme. Je pense qu’il prépare un joli show. J’attends de voir Vurro, un pianiste espagnol qui fait du rock’n’roll. Il joue avec un crâne de vache sur la tête et frappe sur des cymbales avec ses cornes. C’est terrible. 

Il y a Dombrance aussi qui va faire son premier show aux Trans. Il ne fait que des morceaux sur des hommes politiques. Il en a sur Raffarin, sur Chirac. Ça groove bien. J’adore The Naghash Ensemble, c’est un groupe arménien. J’avais reçu le disque, j’ai été les voir à Rouen. Ils jouaient dans une église avec des gens d’un certain âge. Je voulais les montrer à une autre génération et dans un grand hall. Dans mes coups de cœur, je mets aussi Docs Martin. C’est Martin Meissonnier, un producteur qui a beaucoup travaillé avec la scène africaine. C’est lui qui avait réalisé l’album Brian Boru d’Alan Stivell qui est un pur chef-d’œuvre.

Stivell, c’était le premier concert que j’ai vu de ma vie. C’était en 1971 à Saint-Brieuc. C’était la première fois qu’on voyait des guitares électriques en Bretagne. Les Trans n’existaient pas.

Festival des Trans Musicales. Du 5 au 9 décembre à Rennes.

 

Un face à face dans le bureau

Comme chaque année en amont des Trans Musicales, Jean-Louis Brossard a reçu 20 Minutes mardi, dans son bureau rennais. Le boss du festival était particulièrement détendu. Et surtout impatient de voir les concerts commencer.