VIDEO. On a fêté les 80 ans de Superman avec... Tom Welling, le Clark Kent de la série «Smallville»

SUPERMAN A 80 ANS (3/3) Superman fête ses 80 ans cette année, et « 20 Minutes » a rencontré ceux qui ont participé à sa légende…

Propos recueillis par Vincent Julé

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Tom Welling a interprété une jeune Clark Kent, Superman en devenir, dans la série Smallville»
Tom Welling a interprété une jeune Clark Kent, Superman en devenir, dans la série Smallville» — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

Le 18 avril 1938, paraît aux Etats-Unis le premier numéro du magazine Action Comics, et par la même occasion la première aventure de Superman. Peut-être pas le premier super-héros, mais assurément le plus connu dans le monde. La création de Jerry Siegel et Joe Shuster a en effet marqué de son poing d’acier et de sa morale infaillible l’histoire des comics et de la pop culture. Avant que l’année ne se termine, 20 Minutes a voulu fêter les 80 ans de Superman avec ceux qui ont participé à sa légende, comme Tom Welling, interprète pendant dix ans de Clark Kent dans la série Smallville, et invité du dernier salon Paris Manga  & Sci-Fi Show.

Votre première rencontre avec Superman ?

Je n’ai jamais lu de comics de ma vie, mais j’ai vu les films avec Christopher Reeves. C’est l’image que j’en avais, et cela m’a aidé à me projeter pour Smallville. Mais je ne voulais pas aller plus loin, creuser dans l’histoire et les représentations du personnage, car je ne joue pas Superman. Je suis Clark Kent, un super-héros mais aussi un adulte en devenir, et c’était plus simple pour moi en tant qu’acteur de ne pas avoir tout ce bagage.

Vous avez refusé le rôle plusieurs fois, avant de finalement accepter. Pourquoi ?

C’est très dramatique dit comme ça, la réalité est plus simple. Ils n’avaient pas de script, du moins c’est ce qu’ils faisaient croire. Je n'étais donc qu'un acteur parmi une centaine d'autres à auditionner pour le rôle de Superman sans en savoir plus. Or, à l’époque, j’étais un jeune acteur, je courrais les castings, et il y avait d’autres projets plus concrets.

Mais le réalisateur du pilote, David Nutter, a appelé mon agent. Ils avaient bien un scénario, mais il était top secret, ils ne voulaient pas qu’il tourne dans tout Hollywood. J’ai pu le lire, et j’ai compris que ce n’était pas une série sur Superman, mais sur Clark Kent. Un gamin qui tente de grandir, de trouver sa place dans l’univers. C’était très terre à terre, alors que j’avais peur de devoir me balader dans les airs en collants.

La série revisite pourtant de nombreuses intrigues et personnages du comics

Oui, mais toujours à la bonne hauteur. Nous n'utilisons par exemple jamais le terme de « super-pouvoirs », nous parlons de « capacités ». Si Clark avait enfilé le costume de Superman dès la saison 2, il n’y avait plus d’intérêt, d’enjeu, de conflit. Lorsque des guest stars venaient jouer un super-héros ou un super-vilain dans la série, les auteurs et réalisateurs leur demandaient toujours d’être moins démonstratifs, moins « super ».

Il suffit de voir la performance de John Glover en Lionel Luthor, il a tout compris. Les fans me parlent encore aujourd’hui de Superman, et je leur réponds sans méchanceté, que non, je jouais Clark Kent. Je suis Superman cinq secondes à la fin. Mais mes amis se moquent de moi : «arrête, bien sûr que tu étais Superman !» (rires)

Avez-vous une saison ou une intrigue préférée ?

Michael Rosenbaum, alias Lex Luthor, passe une tête (chevelue)

La relation et dynamique entre Clark et Lex bien sûr. (rires) C’était passionnant d’explorer comment ces deux-là ont pu être meilleurs amis, comment cela a pu si mal finir.

Tom Welling

Et en numéro 2, je dirais la relation spéciale avec Lana. Elle ne cesse de répéter à Clark de se confier, d’être ouvert et honnête. Qu’elle l’aimera toujours. Mais il ne peut pas, il ne peut pas aller si loin. C’était un vrai challenge et plaisir de jouer ces scènes avec Kristin Kreuk. Il aurait juste eu à dire à Lana et Lex, « voilà qui je suis », et tout aurait été dans le meilleur des mondes. Mais il n’y aurait pas eu de série.

Vous avez déclaré que si vous n’aviez pas été casté pour Clark, vous auriez adoré le rôle de Lex Luthor…

C’est vrai, parce que je n’ai aucune idée de comment je l’aurais joué. Ce n’est pas le type de personnage auquel je suis habitué, et c’est ce qui m’intéresse, cela aurait été un sacré défi. Mais a posteriori, j’aurais eu aussi peur d’être influencé par le travail de Michael, d’imiter son jeu, sans oublier celui de Gene Hackman dans les films.

Que pensez-vous de l’interprétation et de l'approche d’Henri Cavill en Superman ?

J’ai adoré, j’ai vu tous les films. Je sais que les fans ne sont pas tous tendres avec lui, mais il faut savoir prendre du recul et comprendre à quel point le rôle est difficile. Il a très peu de dialogues, et beaucoup de pression et d’attentes de la part des fans. Et il n’a pas écrit l’histoire, il s’agit de la vision de Zack Snyder. Votre question est marrante, on me la pose souvent comme si le fait d’avoir interprété Superman me donnait une légitimité pour juger les autres incarnations et performances. Mon avis ne vaut pas plus que celui de n’importe quel spectateur. Mais j’attends de voir quand les gens demanderont à  Joaquin Phoenix ce qu’il pense d’Heath Ledger dans The Dark Knight.

Christopher Reeves vous a donné sa bénédiction, et a même participé à deux reprises à la série.

Il était un gentleman de première, j’ai chéri ces moments avec lui. Un jour, il s’est tourné vers moi et m’a dit être content qu’ils m’aient choisi pour reprendre le rôle de Superman au cinéma. Je lui ai répondu que ce n’était pas moi [ce sera Brandon Routh dans Superman Returns de Bryan Singer], que moi, c’était pour la télé. Et vous savez ce qu’il a dit ? « Ils auraient dû. » (rires)