Le reggae rejoint le fest-noz et le yoga sur la liste du patrimoine culturel de l'Humanité

PATRIMOINE Ce style musical né en Jamaïque a été distingué par l'Unesco ce jeudi...

20 Minutes avec AFP

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Bob Marley lors d'un concert en 1975.
Bob Marley lors d'un concert en 1975. — Ian Dickson / Rex Featu/REX/SIPA

Il rejoint une liste de 400 traditions culturelles distinguées par l’Unesco telles que l'art du pizzaïolo napolitain, le yoga indien, le cercle de capoeira brésilien ou le fest-noz breton. Le reggae a été inscrit jeudi sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Le comité spécialisé de l’Unesco réuni à Port-Louis (Ile Maurice) a souligné « la contribution » de cette musique jamaïcaine à la prise de conscience internationale « sur les questions d’injustice, de résistance, d’amour et d’humanité », et sa dimension à la fois « cérébrale, sociopolitique, sensuelle et spirituelle ».

Le reggae a émergé à la fin des années 1960 en Jamaïque. Issu du ska et du rocksteady, ce style musical a aussi intégré des influences du jazz et blues d’Amérique. Il est devenu populaire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, importé par les nombreux immigrés jamaïcains après la Seconde Guerre mondiale.

La musique des opprimés

Cette musique, qui s’est souvent revendiquée comme la musique des opprimés, abordant des questions sociales et politiques, la prison et les inégalités, est particulièrement incarnée par Bob Marley. Le reggae est par ailleurs indissociable du rastafarisme, mouvement spirituel qui sacralise l’empereur éthiopien Haïlé.

« Le reggae est exclusivement jamaïcain, a affirmé Olivia Grange, la ministre de la Culture de la Jamaïque, avant le vote. C’est une musique que nous avons créée qui a pénétré partout dans le monde. »

Le comité ad hoc de l’Unesco, qui se réunit jusqu’à samedi pour examiner 40 demandes d’inscription, a aussi intégré mercredi les savoir-faire liés au parfum de Grasse en France. A la différence de celle du patrimoine mondial, la liste du patrimoine culturel immatériel n’est pas établie selon des critères « d’excellence ou d’exclusivité », indique l’Unesco. Elle ne cherche pas à réunir le patrimoine « le plus beau » mais à représenter la diversité de ce patrimoine et à mettre en lumière des savoir-faire portés par des communautés.