Margaret Atwood écrit une suite à son roman «La Servante écarlate»

LITTERATURE Attendu en septembre 2019, «Les Testaments» se déroulera 15 ans après la fin de «The Handmaid's Tale»...  

20 Minutes avec AFP

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La romancière canadienne Margaret Atwood, auteure de «La Servante écarlate» («The Handmaid's Tale»).
La romancière canadienne Margaret Atwood, auteure de «La Servante écarlate» («The Handmaid's Tale»). — Griffin Lipson/BFA/Shut/SIPA

Le carton planétaire de la série de Hulu a visiblement inspiré Margaret Atwood. La romancière canadienne a annoncé mardi qu'elle était en train d'écrire la suite de sa dystopie féministe de 1985, La Servante Ecarlate (The Handmaid's Tale en V.O.). Baptisé Les Testaments, le roman se déroulera dans le monde de Gilead, quinze ans plus tard.

«J'écris une suite à The #HandmaidsTale. #TheTestaments se déroule 15 ans après la dernière scène d'Offred et est racontée par trois personnages féminins», a tweeté Margaret Atwood, en référence au personnage incarné par Elizabeth Moss dans la série. Ce nouveau livre sera publié le 10 septembre 2019.

La Canadienne de 79 ans a accompagné sa publication d'un court message vidéo notant que «tout ce que vous m'avez demandé sur Gilead et son fonctionnement interne sert d'inspiration à ce livre. En fait, presque tout! L'inspiration supplémentaire est le monde dans lequel on vit.» L'intrigue ne sera pas liée à celle de la série, qui trace sa propre route dans la saison 2.

La série primée aux Goldens Globes et aux Emmy Awards

La Servante écarlate" est un roman dystopique sorti en 1985 qui a vu son impact décuplé par son adaptation à la télévision, sous la forme d'une série dont la diffusion a commencé en avril 2017 sur la plateforme américaine Hulu, et sur OCS en France. Aux Etats-Unis, le livre a été vendu à plus de huit millions d'exemplaires.

L'intrigue se déroule dans un futur très proche où les États-Unis ont été renversés par une dictature religieuse, la «République de Gilead», à une époque où, pour des raisons environnementales floues, les humains ont vu leur fertilité s'effondrer. Les rares femmes encore capables de procréer, telle l'héroïne Offred, incarnée à l'écran par Elisabeth Moss, ont été transformées en esclaves sexuelles au service des dirigeants de Gilead qui les violent au cours de cérémonies religieuses mensuelles.

Une série qui résonne à l'ère #MeToo

Très vite, ce récit apocalyptique reléguant la gente féminine en objet s'est imposé pour les anti-Trump, mais aussi dans la foulée du mouvement #MeToo, comme une parabole de la dérive conservatrice américaine et des agressions sexuelles subies par les femmes.

«Quand Donald Trump a été élu président en novembre 2016, La Servante écarlate est devenue le symbole du mouvement contre lui, incarnant l'émancipation féminine et la résistance face à la misogynie et au recul des droits des femmes», a fait valoir l'éditeur canadien McClelland & Stewart, filiale de la maison d'édition américaine Penguin Random House.

Le costume rouge porté par les femmes de la «République de Gilead», qui rappelle les tenues de nonnes, s'est notamment imposé comme un cri de ralliement: omniprésent aux Etats-Unis pendant la bataille contre la confirmation à la Cour suprême du juge Brett Kavanaugh, accusé de tentative de viol quand il était lycéen, il est réapparu lors de manifestations pour les droits des femmes et le droit à l'avortement, ou ces derniers mois en Argentine, en Irlande, en Belgique ou en Pologne.