Eurovision: Le Kazakhstan rêve d'être invité à participer (et pas que pour la musique)

GEOPOLITIQUE Alan Azhibayev, le patron de Khabar Agency espère que le Kazakhstan sera en lice à l’Eurovision 2019 et les motivations ne sont pas purement musicales…

Fabien Randanne

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Daneliya Tuleshova, candidate du Kazakhstan à l'Eurovision Junior 2018.
Daneliya Tuleshova, candidate du Kazakhstan à l'Eurovision Junior 2018. — Andres Putting

Officiellement, quarante-deux pays, dont la France, participeront à l’Eurovision 2019 en mai à Tel Aviv (Israël). Soit un de moins que l’édition 2018 organisée au printemps à Lisbonne (Portugal) - la Bulgarie se retire de la compétition pour des raisons financières.

Officieusement, un nouveau pays pourrait entrer en lice l’an prochain : le Kazakhstan. C’est du moins ce qu’espère Alan Azhibayev, le patron de la chaîne kazakh Khabar Agency. Dans une interview accordée au site today.kz, il confie son espoir de voir sa nation invitée à participer par l’UER (Union européenne de radiotélévision) qui chapeaute le concours.

Le même privilège que l’Australie

Selon le règlement, seuls les membres actifs de l’UER peuvent envoyer un candidat à l’Eurovision. Ces membres actifs ne se situent pas obligatoirement sur le territoire européen, c’est le cas d’Israël, de la Russie ou de l’Azerbaïdjan. Mais le Khazakstan, à cheval entre l’Europe et l’Asie ne dispose pour le moment que du statut de membre associé. Alan Azhibayev aimerait ainsi que son pays bénéficie du même traitement de faveur que l’Australie qui, bien qu’uniquement membre associé de l’UER, est conviée à chaque édition depuis celle de 2015.

Pour le patron de Khabar Agency, être invité ne serait qu’une première étape. Son ambition est que le statut de membre actif soit accordé au Kazakhstan afin qu’il ait son mot à dire au sein des instances de l’UER. « Il y a eu des grandes discussions entre le ministre de l’Information et des communications Dauren Abayev et l’encadrement de l’UER. Les négociations sont encore en cours », précise-t-il.

Alan Azhibayev ne cache pas que les motivations musicales ne sont pas les seules en jeu. « L’Eurovision, ce n’est pas qu’une question de participation. La chose la plus importante, c’est que le gagnant ramène le concours dans son pays [qui a la priorité pour organiser l’édition suivante]. Et c’est un événement d’une ampleur comparable à celle des Jeux olympiques ou de la Coupe du monde de football. Par conséquent, cela implique des investissements, des copyrights, des droits de diffusion et bien plus », souligne-t-il.

Déjà une participation à l’Eurovision Junior

Pour le moment, le Kazakhstan a participé pour la première fois à l’Eurovision Junior dimanche, à Minsk (Biélorussie). Sa représentante s’est classée sixième. « A titre personnel, je pense que nous aurions dû finir dans le Top 3. Y a-t-il une motivation politique [dans ce classement] ? Je ne peux absolument pas en juger, je veux croire qu’ils ne s’amusent pas à jouer à ça aux dépens des enfants », a réagi Jan Mukanov sur les réseaux sociaux, relaye le blog Eurovoix. La preuve que ce pays n’a pas tardé à tomber dans le travers de la susceptibilité diplomatique courante dans le concours. Pas de quoi cependant porter atteinte à l’orgueil du Kazakhstan qui aurait déjà fait savoir qu’il était prêt à organiser le prochain Eurovision Junior – la Pologne qui a remporté l’édition 2018 n’étant pas obligée d’accueillir la suivante.

Le Kazakhstan, Etat de l’ex-URSS est indépendant depuis 1991. Son président, Noursoultan Nazarbayev, a été réélu pour un nouveau mandat en 2015, avec 97.7 % des voix.