C'est fait, les savoir-faire de la parfumerie de Grasse sur la liste du patrimoine de l'Humanité

RECONNAISSANCE «Les savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse» ont été inscrits à l'Unesco après dix ans de procédure...

Fabien Binacchi

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La récolte de la tubéreuse en Pays de Grasse (Illustration)
La récolte de la tubéreuse en Pays de Grasse (Illustration) — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Le comité intergouvernemental de l’Unesco a annoncé ce mercredi qu’il retient « les savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse » dans le Patrimoine culturel immatériel de l’humanité…
  • L’Unesco met cependant en garde contre « le risque élevé de commercialisation excessive » de ce label.
  • Cette candidature, vouée à préserver ces savoir-faire, a déjà permis d’enclencher un regain d’intérêt pour la culture de fleurs à parfum dans la région de Grasse.

L’art de la parfumerie grassoise a été inscrit ce mercredi sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par un comité spécialisé de l’Unesco réuni sur l’Ile Maurice. Ces « savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse » recouvrent trois aspects différents, détaille l’institution : « la culture de la plante à parfum, la connaissance des matières premières et leur transformation et l’art de composer le parfum ».

Le dossier, initié par l’ancien maire de Grasse Jean-Pierre Leleux, avait demandé dix ans de procédures. Interrogé par 20 Minutes mardi, le sénateur des Alpes-Maritimes confiait son « optimisme » sur l’issue de cette candidature qui valide « la reconnaissance du travail de plusieurs générations ».

« Se concentrer » sur les « mesures de sauvegarde »

« La culture des plantes à parfum mobilise de multiples compétences et connaissances liées à la nature, aux sols, au climat, à la physiologie végétale et aux pratiques horticoles. Les habitants de Grasse se sont approprié et ont contribué à perfectionner ces savoir-faire qui se transmettent de façon informelle à travers un long apprentissage qui se déroule encore principalement au sein des parfumeries locales », détaille l’Unesco dans un communiqué.

Dans sa décision, l’institution invite cependant la France « à considérer le risque élevé de commercialisation excessive » de ce label, « et l’encourage à se concentrer sur [ces] aspects sociaux et culturels » évoquant notamment des « mesures de sauvegarde ».

La ville de Grasse, berceau de la parfumerie mondiale, compte de nombreuses entreprises liées à cette industrie. « Cette reconnaissance permet surtout de travailler à la sauvegarde des cultures de fleurs, jasmin, tubéreuse, rose, iris, violette, in situ », indiquait Jean-Pierre Leleux à la veille de l’énonce du verdict.

Jean-Pierre Leleux et la délégation grassoise, ce mercredi à Port-Louis
Jean-Pierre Leleux et la délégation grassoise, ce mercredi à Port-Louis - Pays de Grasse

Dans les années 30, 1.200 à 1.300 ha étaient concernés dans la région de Grasse. Il n’y en a plus que 80 ha aujourd’hui. « Mais depuis dix ans, il y a un regain d’intérêt, avance l’élu. Cinq nouveaux producteurs se sont installés ou sont en train d’arriver. Et le nouveau PLU de la ville de Grasse, prévoit encore de larges espaces agricoles. »

Des fêtes cubaines et les bains médicinaux des Tibétains parmi les lauréats

Réuni à Port-Louis, le comité intergouvernemental de l’Unesco examine entre ce mercredi et jeudi quelque 40 demandes d’inscription sur cette liste du patrimoine immatériel de l’Humanité, qui compte aujourd’hui près de 500 éléments.

Parmi les autres lauréats déjà annoncés figurent aussi les « Lum », des bains médicinaux pratiqués au Tibet mais aussi les Parrandas cubaines, des fêtes populaires. La candidature grassoise était la seule présentée par la France.