«Les Français ne peuvent pas tout avoir», l'Italie ne veut plus prêter ses tableaux de Leonard de Vinci

QUERELLE L'Italie veut renégocier le prêt de tableaux de Leonard de Vinci pour une grande exposition au Louvre...

B.C. avec AFP

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Les visiteurs se ruent pour prendre en photo avec des téléphones, le célèbre tableau de Leonard de Vinci, «La Joconde», Musée du Louvre (Paris, France, le 8 Fevrier 2018).
Les visiteurs se ruent pour prendre en photo avec des téléphones, le célèbre tableau de Leonard de Vinci, «La Joconde», Musée du Louvre (Paris, France, le 8 Fevrier 2018). — SIPA

L’Italie veut renégocier l’accord de prêt de tous ses tableaux de Léonard de Vinci au Louvre en 2019, à l’occasion d’une exposition marquant les 500 ans de sa mort, ont indiqué les médias italiens ce samedi. La secrétaire d’Etat à la Culture, Lucia Borgonzoni, membre de la Ligue (extrême droite), a déclaré au Corriere della Sera que les termes de l’accord signé par l’ex-ministre de la Culture Dario Franceschini étaient « inconcevables ».

« Léonard est italien, il est seulement mort en France », a-t-elle expliqué à propos du célèbre artiste de la Renaissance, né en Italie en 1452 et décédé en France en 1519 après avoir été accueilli à la cour de François Ier, dernier grand mécène de l’artiste. « Le prêt de ces tableaux au Louvre placerait l’Italie à la marge d’un événement culturel majeur », a ajouté Lucia Borgonzoni.

Un échange remis en question

En 2017, l’Italie s’était engagée à prêter tous ses tableaux de Leonard de Vinci au Louvre pour son exposition en 2019 à l’occasion des 500 ans de sa mort. L’accord franco-italien prévoit aussi que le Louvre prête les œuvres d’un autre éminent peintre de la Renaissance, Raphaël, au musée des Ecuries du Quirinal pour une exposition en 2020, là aussi pour célébrer les 500 ans de sa mort.

« Nous devons rediscuter de tout, a tonné Lucia Borgonzoni. Lorsque l’autonomie des musées est en jeu, l’intérêt national ne peut pas arriver en second. Les Français ne peuvent pas tout avoir ! La plupart des œuvres de Raphaël sont déjà en Italie. De plus, Paris dit que seules les peintures déplaçables peuvent nous parvenir, sans préciser lesquelles. »